‹ Les monuments commémoratifs de la province de Québec 1923Chapitre 39 sur 115 · NOUS FRANCO-CANADIENS, NOUS SOMMES L'UNE DES · texte numérisé non relu

NOUS FRANCO-CANADIENS, NOUS SOMMES L'UNE DES

RACES DE LA CONFÉDÉRATION, À NOUS DE LE COMPRENDRE ET TRAVAILLER AU BIEN COMMUN.’?

A la droite :

‘‘ POUR ASSURER NOTRE EXISTENCE IL FAUT NOUS CRAM- PONNER À LA TERRE, ET LÉGUER À NOS ENFANTS LA LANGUE DE NOS ANCÊTRES ET LA PROPRIÉTÉ DU SOL.’

A la gauche :

‘* DANS UN PAYS COMME LE NÔTRE, IL FAUT QUE TOUS LES DRCITS SOIENT SAUVEGARDÉS, QUE TOUTES LES CON VICTIONS SOIENT RESPECTÉES.’’

Le monument Cartier fut dévoilé par l’honorable M. Taschereau, premier ministre de la province de Québec, le 6 septembre 1920.

Son Eminence le cardinal Bégin était un des orateurs lors du dévoilement du monument Cartier. Son Eminence terminait son allocution en rappelant que le site choisi pour ériger le monument Cartier était très fertile en souvenirs historiques.

“ C’est ici, en effet, disait le cardinal Bégin, que, en 1693, le deuxième évêque de Québec, Monseigneur de Saint-Vallier, commença l'érection de son évêché, édifice de proportions et

d'architecture dignes du grand siècle qui allait bientôt finir. C’est ici que, après la cession du Canada, furent tenues dans ce même édifice converti en Hôtel du Gouvernement, les premières assises du Parlement canadien. C'est ici que, en reconnaissance de ses mérites, de sa loyauté et, en particulier, des services rendus à la Couronne britannique, notamment durant la guerre de 1812- 1814, le grand évêque Plessis, investi du mandat de conseiller législatif, défendit avec tant de logique et d’autorité les droits de l'Eglise de Québec dans l’ordre administratif et éducationnel. Cet évêché-parlement et la nouvelle construction de proportions grandioses qui le remplaça en 1831 et fut détruite par le feu en 1854, furent témoins successivement de l’éloquence de tous les grands politiques de l’époque. Dans le dernier édifice, modeste construction en briques, érigé sur le même site, destiné à son tour à devenir la proie des flammes, fut élaboré le projet de la Confédération. C’est là que sir Georges-Etienne Cartier prononça quelques-uns de ses principaux discours sur cette entreprise qui devait, dans son intention et selon ses prévisions, consolider la prospérité de notre pays.

‘ Qui sait si l'écho de la voix de l’illustre champion de nos libertés religieuses et de celles de tous nos vaillants patriotes qui ont combattu en cet endroit pro aris et focis, n’a pas retenti à l'oreille de l’homme d’Etat qui a soutenu avec tant d’intelligence, de patriotisme et de ténacité la défense des droits de sa Province bien-aimée ? Qui sait si l’image imposante de l’immortel Plessis et de ses collaborateurs dans l’œuvre de la conquête et du maintien de nos droits religieux et nationaux n’a pas surgi parfois devant le regard de Cartier et si le souvenir de cette vaillance ne l’a pas stimulé et encouragé à lutter jusqu’au bout pour le triomphe d’une cause sacrée entre toutes, la sauvegarde de notre religion, de notre langue et de nos institutions ?

‘Comme Plessis, Cartier désirait ardemment l’union, sous le drapeau britannique, des grandes races destinées par la divine Providence à constituer la nation canadienne. De cette union harmonieuse basée sur le respect mutuel des droits égaux de l’une et de l’autre, le pacte fédéral devait être, selon ses vues, la garantie et la sauvegarde.

“Si cette fin désirable n’a pas été jusqu'ici pleinement réalisée au gré de ceux qui l’ont conçue, ce n’est pas à eux qu’il faut s’en prendre, mais plutôt aux difficultés inhérentes à toute œuvre de cette grandeur. Ces obligations, libre aux éléments constitutifs d’une société comme la nôtre de les atténuer par l’observance des grandes lois de la justice et de la charité. Il y a là matière à un examen salutaire de conscience pour les groupes comme pour les individus.”

GS

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