PLACE DE LA BASILIQUE, À QUÉBEC
EST à André Vermare, grand prix de Rome, chevalier de la Légion d'Honneur, un des principaux statuaires de France, que nous devons la statue Taschereau. Le socle
du monument est l’œuvre de Maxime Roisin, l’un des maîtres les plus réputés de l’architecture française.
Le dévoilement du monument Taschereau eut lieu le 17
juin 1923 et fut l’occasion de fêtes incomparables.
Nous empruntons la description du monument Taschereau
à une étude publiée dans le Soleil, de Québec, du 9 juin 1923:
‘* La statue du cardinal Taschereau, en bronze teinte vieil or, fondue aux fameux ateliers Berbedienne, de Paris, sous la direction personnelle de M. Vermare, représente le premier cardinal canadien dans une attitude qui commande le respect.
“Le cardinal est debout, revêtu du rochet, de la cappa magna, la main gauche sur la poitrine, dans un geste d’attitude publique qui était familière au cardinal Taschereau, la tête légèrement tournée dans la direction du séminaire de Québec, et, de sa main droite étendue, désignant à la fois au peuple de sa ville épiscopale et le séminaire et sa cathédrale, tous deux objets de sa constante sollicitude pastorale.
‘* Le socle de la statue est aussi des plus riches comme matériel et comme beauté de style architectural. Il est construit de granit rouge du Nouveau-Brunswick, les parties saillantes en étant polies et les autres finement bouchardées, tandis que la terrasse, en granit bleu de la Rivière-à-Pierre, offre à à l’œil un très joli contraste.
‘* Une balustrade en granit rouge de teintes variées encadre superbement la terrasse et le monument.
‘* L’harmonie de l’ensemble est d’une beauté purement classique, et fait grandement honneur à l’architecte qui a conçu le plan du socle, M. Maxime Roisin. Tout comme la statue elle-même du cardinal, frappante de ressemblance et de majestueuse dignité, est l’une des grandes œuvres de la statuaire française moderne et digne en tous points du maître qui l’a conçue et exécutée, M. André Vermare.
“ Les bas-reliefs sont au nombre de trois. L'artiste a magistralement traduit trois épisodes de la vie du cardinal Taschereau. Ils rappellent :
‘‘1-Sur la face du côté de la basilique, l'institution des Quarante-Heures par le cardinal Taschereau. On y voit Son Eminence en adoration devant le Saint-Sacrement exposé, dans le chœur de sa cathédrale. Il est entouré de prêtres et de fidèles en prière ;
‘2—Sur la face du côté de l’hôtel de ville, la carrière de supérieur de séminaire et de recteur de l’université Laval du cardinal Taschereau, qui fut aussi l’un des huit fondateurs de l’université. On y voit Son Eminence dans les jardins du séminaire, causant familièrement, selon son habitude, avec des prêtres, des séminaristes et des écoliers, qu’il aima toujours d’une affection paternelle et qu’il ne cessa d’entourer de sa sollicitude ;
‘3-—Sur la face arrière du monument, du côté de la rue Buade, l'épisode glorieux de la vie du cardinal Taschereau, lorsque, en 1847, encore jeune prêtre, il alla porter, au risque de sa vie, les secours de la religion aux pauvres victimes irlandaises du typhus, à la Quarantaine de la Grosse-Ile. A l’arrière-plan de ce bas-relief se dessine nettement la silhouette d’un voilier de l’époque qui vient de débarquer les malheureux réfugiés de l'Irlande sur les rives du Saint-Laurent, tandis qu’à l’avant-plan sur la grève, on voit M. l’abbé Elzéar-Alexandre Taschereau penché sur un malade qui est entouré de parents et de compatriotes, et lui montrant, pour le réconforter, le Christ en croix.
‘Ces trois bas-reliefs sont en bronze vieil or, comme la statue et comme le sont aussi les quatre anges qui ornent les conne ainsi que les guirlandes qui encadrent gracieusement le socle
‘ Sur la face avant du monument, sur une magnifique pierre de granit rouge finement polie, se lit l'inscription suivante :
AU PREMIER CARDINAL CANADIEN L'ÉMINENTISSIME ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC
‘ Au-dessus, les armoiries du cardinal Taschereau en bronze vieil or.”’