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LE BUSTE DE SIR GEORGES-ÉTIENNE CARTIER

À SAINT- ANTOINE-SUR-RICHELIEU

C’est à Saint-Antoine-sur-Richelieu que naquit sir Georges- Etienne Cartier, le 6 septembre 1814.

Le 28 septembre 1919, on dévoilait en cette paroisse un buste du grand homme d’État canadien-français.

Le monument Cartier s’élève en face même de l’église paroissiale. Le piédestal, qui est en granit des Laurentides, a douze pieds de hauteur. Le buste, œuvre du sculpteur G.-W. Hill, a un peu plus de quatre pieds de haut. Le seul ornement du piédestal est une très belle palme en bronze qui porte la devise de Cartier : Franc et sans dol.

La fête de l’inauguration, le 28 septembre 1919, fut présidée par un neveu de Cartier, M. Louis- Joseph Cartier, et mademoiselle Hortense Cartier, fille de sir Georges-Etienne Cartier, dévoila le buste.

Les orateurs furent M. Louis-Joseph Cartier, M. l’abbé C.-A. Beaudry, curé de Saint-Antoine, M. J. -B. Archambault, juge à la Cour de Circuit de Montréal, M. John Boyd, historien de Cartier, etc., etc. M. l’abbé P. -Alexandre Archambault, sulpicien, un enfant de Saint-Antoine-sur-Richelieu, lut aussi un poème de sa composition.

M. l’abbé E.-J. Auclair écrivait, au sujet de la fête du 28 septembre 1919 :

“ C’était la fête de Cartier chez les Cartier, en son village natal, ce village de Saint- Antoine, si coquettement assis sur les bords de l’incomparable Richelieu, qui a gardé de tant de façons, un air d’autrefois . . .

“ Non seulement, par cette belle journée d’automne, riche de soleil et d’air pur, toute la paroisse et tout le comté étaient là, mais encore des centaines et des centaines de patriotes étaient venus de partout. Au premier rang, se voyait l’unique fille survivante de sir Georges, Melle Hortense Cartier, revenue au pays après quarante-quatre ans, afin d’assister à la glorification de son illustre père. Pour Saint-Antoine, le jour de gloire était arrivé ! C’était d’ailleurs justice qu’un écho des fêtes de ce centenaire, célébrées par tout le pays avec tant d’éclat, se prolongeât jusque sur les rives de ce Richelieu — si bien nommé —

dont sir Georges garda toute sa vie l’image en son cœur et auquel il a dû quelque chose de la clarté si vive de son esprit et de la force limpide et pénétrante de sa parole. Le grand homme a trop aimé Saint-Antoine, il y fut trop constamment chez lui dans l’antique maison “aux sept cheminées”, aujourd’hui malheureusement détruite, il y a laissé trop de souvenirs précis et palpitants même après cinquante ans écoulés, pour qu’il fut possible, dans la distribution des fêtes organisées en l’honneur de sa mémoire, d’ignorer son village natal. Avant d’être l’homme du pays, sir Georges a été celui de sa paroisse. Il convenait que la part la plus intime, sinon la plus large, de sa gloire revînt à ceux qui furent et restent d’abord les siens (1).”

(1) Revue Canadienne, janvier 1921.

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