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LA STATUE DU PÈRE NICOLAS VIEL, RÉCOLLET

AU SAULT-AU-RÉCOLLET

Le nom de Sault au Récollet fut donné au dernier rapide de la rivière des Prairies, parce que, en juillet 1625, le Père Nicolas Viel, Récollet, y périt, en revenant du pays des Hurons.

Le Père Leclercq, dans son Premier établissement de la foy, affirme que le Père Viel fut jeté dans ce rapide par les Hurons qui l’accompagnaient. Après avoir signalé le départ du Père Viel du pays des Hurons pour descendre à Québec avec son disciple, le jeune Ahuntsic, il décrit ainsi le drame :

“ Il y avait dans la troupe une multitude de Hurons assez honnêtes, parmi lesquels se trouva quelques brutaux, ennemis de la religion, faisant néanmoins semblant d’aimer et de respecter ce bon Père. Un gros temps écarta les canots, et malheureusement le religieux se trouva dans le sien avec trois Sauvages scélérats et impies qui le précipitèrent dans l’eau avec son petit disciple Ahuntsic au dernier saut, en descendant à Mont-Royal, dont les eaux rapides et profondes les submergèrent dans un moment. On ne sauva que sa chapelle et quelques écrits qu’il avait faits dans des cahiers de papier d’écorce, comprenant une espèce de journal des missions ; il avait laissé son dictionnaire et les autres mémoires aux Hurons, entre les mains des Français. L’endroit où ce bon religieux fut noyé est encore aujourd’hui appelé Sault-au-Récollet.”

Le Père Leclercq ajoute :

“ Si on peut reconnaître pour martyrs ceux qui meurent dans les travaux apostoliques ou par la cruauté des Sauvages de ces contrées, qui n’ont que peu ou point de lumière d’aucune divinité vraie ou fausse, on reconnaîtrait à bon droit le Père Nicolas et son petit disciple pour les deux premiers martyrs du Canada, (le Père Viel) étant d’ailleurs un très grand religieux, qui après avoir vécu en odeur de sainteté, n’était passé au Canada que par zèle brûlant du martyre. On ne peut exprimer les travaux et les peines qu’il avait soutenus dans sa mission, selon les rapports des Français dignes de foi. Il y avait fait beaucoup de fruit et enfin on sut par les Hurons mêmes, assemblés à la traite, la manière cruelle dont il avait été mis à mort avec son néophyte que Dieu

avait reçu dans sa gloire comme les prémices de la mission des Hurons (1).”

En 1903, les paroissiens du Sault-au-Récollet érigeaient un monument au premier martyr canadien, non loin de l’endroit où il y avait été si traîtreusement noyé.

On lit sur le piédestal de la statue du Père Viel :

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