FIG. 27 4 87 ÉAMCIII DÉTAILS D'ORNEMENTATION DES PORTES
d'importance architecturale pour que nous ayons cru devoir les représenter. Cunningham a d’ailleurs consacré tout un mémoire à leur description.
On peut rapprocher du Stupa de Sanchi celui d’Amravati, situé non loin des bouches de la Kistna. Les sculptures de ce dernier ayant été détruites, comme celles de Bharbut, par des collectionneurs d’antiquités qui les ont transportées à Londres, il m’a semblé inutile de visiter, au prix d’un long voyage, leur emplacement. Le monument ne devait pas être inférieur à celui de Sanchi, à en juger par les débris qu’on à pu réunir. Son antiquité est un peu moindre. M. Sénart le considère comme ayant été construit en partie pendant la première moitié du
deuxième siècle de notre ère. Il serait donc plus
7 ancien que ne le croyait Fergusson. C’est actuellement le seul monument véritablement hindou où l'on ait pu, comme je l'ai fait remarquer dans un autre chapitre, constater la collaboration d’artistes grecs, ou, tout au moins, fortement hellénisés.
Nous ne faisons que mentionner ce monument, n'ayant pas de figures à en produire. Ses sculptures ont été représentées d’ailleurs par Burgess, d’après les débris transportés à Londres. Je terminerai en faisant remarquer que c’est le plus méridional des monuments bouddhiques de l'Inde. Sa position provient sans doute de ce que
les bouches de la Kistna formaient le point d’où partirent les Bouddhistes pour conquérir et co-
loniser le Cambodge.
MONUMENTS DE BÉNARÈS — Sanxar. ET DE SARNATH. (Fig. 38 à 43.)
rale du Stupa.
Bénarès est par excellence la ville sacrée de l’Inde; c’est en même temps une des plus anciennes, puisqu'elle était florissante lorsque
Bouddha y prècha pour la premiére fois sa
doctrine, cinq siècles avant notre ère. La
Mecque, Jérusalem, et Bénarès sont, au
point de vue religieux, les villes les plus
importantes du globe : les fondateurs des
trois grandes religions qui se partagent la majorité du genre humain y ont enseigné
leurs doctrines.
Mais, de même que pour Jérusalem et la
Fig. 39, — SARNATH, — Bas-reliefs de la base du
Mecque, la tradition seule fait la sainteté de
monument précédent,
Ti
Bénarès. Dans aucune de ces trois célèbres cités, les fidèles ne peuvent vénérer des monuments contemporains des créateurs de leurs croyances.
Malgré sa sainteté, Bénarès, ainsi que la plupart des autres cités hindoues, n’a guère d’histoire. Ce qu’elle devint pendant les quinze siècles qui séparent la fondation du Bouddhisme
de linvasion musulmane, nous l’ignorons; mais nous savons qu’à lépoque de cette invasion, elle
Fig. 40. — BÉNARÈS., — LE GHAT DE L'INCINÉRATION DES MORTS.
était très florissante encore, puisque Kut-ud-Din y détruisit mille temples. Depuis, et jusqu’à la conquête anglaise, elle resta sous la domination musulmane.
En dépit de son antiquité très haute, Bénarès ne possède pas un seul monument ancien : les plus vieux sont presque modernes, puisqu'ils remontent à la fin de la période musulmane. Ils ne présentent d’ailleurs qu’un très faible intérêt.
Le seul monument ancien existant, non à Bénarès, mais auprès de Bénarès, est le Stupa de Sarnath, situé à 6 kilomètres nord environ de cette ville. Il s’en faut de beaucoup d'ailleurs qu’il soit contemporain de Bouddha, puisqu'il fut élevé au sixième siècle de notre ère, et plus de mille ans, par conséquent, après la mort du grand réformateur : mais, par ce
que nous savons des autres monuments analogues, nous pouvons inférer qu’il fut construit sur un type ancien.
Le Stupa de Sarnath (fig. 38) est une tour pleine, de 34 mètres environ de hauteur. La partie inférieure, jusqu'à une hauteur de 13 mètres, est octogonale et construite en pierres reliées ensemble par des crochets de fer; la partie supérieure est cylindrique et bâtie en larges briques.
La partie inférieure contient des niches demi-cireulaires qui abritaient autrefois des statues
ji
Fig. 41. — BÉNARÈS. — TEMPLE DE VISHVESHWUR, Élévation, d’après un dessin de Princeps, (Échelle 8 millim. pour 1 mètre.)
disparues aujourd’hui. Elle était jadis couverte de sculptures formées de dessins géométriques (fig. 39). Ce revêtement a presque entièrement disparu.
D’après la forme des lettres d’une inscription, Cunningham suppose que ce monument est du sixième siècle de notre ère; Fergusson, de son côté, admet, d’après son ornementation, qu’il remonte au onzième siècle. La première date doit être exacte, car au onzième siècle, le Bouddhisme avait à peu près entièrement disparu de l’Inde. La constatation de la date de construction des monuments de l’Inde est parfois hérissée de tant de difficultés, qu’il ne faut pas trop
s'étonner de pareilles divergences d’interprétation.
PRET SEUL SC RETSESE non pr re
Bien que les monuments de Bénarès soient d’une architecture moderne sans caractère spécial et ne présentent d'autre intérêt que l’aspect pittoresque formé par leur ensemble, je ne veux pas quitter cette célèbre cité sans en donner au moins une vue et représenter deux de ses monuments les plus importants, La vue que je donne est celle de la rive du Gange où se fait l’incinération des morts (fig. 40). Les temples sont ceux de Vishveshwur (fig. 41) et de la déesse Durga, un des noms de Kali, épouse de Siva (fig. 42 et 43). Les Européens désignent ce dernier sous le nom de temple des Singes, à cause du nombre considérable de ces animaux qu’on y rencontre, ou du moins qu'on y rencontrait, car ils étaient tellement importuns qu’on a pris récemment le parti de les déporter au delà du fleuve.
Ce temple est représenté en détail dans nos photographies; on y remarquera surtout la beauté des colonnes sculptées qui supportent le porche et qui feraient certainement l’ornement des plus riches palais européens.
Le temple est construit entièrement en pierre et est peint totalement en ocre rouge. Les
portes sont recouvertes en partie de bronze ciselé. Il a été édifié vers le milieu du dernier siècle.