STATUES COLOSSALES SCULPTÉES DANS UN ROCHER
dans le nord de l'Inde, mais qu’on rencontre à Mahavellipore, c’est-à-dire dans les plus anciens temples du sud de l’Inde. Le temple de Teli Mandir ressemble de loin à un monolithe, et il est assez difficile de rattacher son architecture à celle des autres temples voisins. Il est intérieurement divisé en quatre étages, mais il ne reste plus trace d’escalier.
L’ornementation est constituée par des sculptures en pierre présentant la répétition fréquente des mêmes motifs.
Cunningham décrit ce temple comme jaïnique, le babou Rajendralala Mitra comme brahmanique. Les divinités des divers cultes sont tellement mélangées dans certains temples de l’Inde,
qu’il est souvent impossible de dire à quelle religion ces temples sont consacrés.
TEMPLES DE SHAS BHAO. (Fig. 86 à 90.) — Les temples dits de Shâs Bhäâo sont au nombre de deux, un grand et un petit. Les Angjais les désignent généralement sous les noms de grand et petit temple jaïnas. Leur style est analogue en effet à celui de plusieurs constructions jaïnas; mais les statues de Brahma, Vishnou et Siva qu’ils possèdent, paraissent indiquer qu’ils furent destinés au culte brahmanique, et probablement d’abord à Siva.
D’après une inscription, la date de leur construction est de la fin du onzième siècle. Leur plan est entièrement différent de celui du temple précédent. La section du grand temple a la forme d’une croix de 31 mètres de longueur sur 19 mètres de largeur. Il n’a plus que 21 mètres de hauteur, une partie de la pyramide qui le surmontait étant brisée; mais il est facile de voir que sa hauteur devait être autrefois d’une trentaine de mètres.
Le grand temple, comme on le voit sur une de nos figures, a trois étages très visiblement indiqués par des colonnades et des portiques. Les portiques, murs et colonnes, sont entièrement couverts de sculptures. L'intérieur du temple est divisé en plusieurs salles placées autour d’une enceinte centrale servant de sanctuaire. Cette dernière contient quatre piliers massifs qui contribuent à supporter l’énorme poids de la voûte pyramidale formée d’assises octogonales horizontales concentriques qui la surmonte.
Le petit temple Shäs Bhâo placé près du précédent est également construit en forme de croix.
Il n’a qu’un étage, et, à l'exception du sanctuaire, est ouvert de quatre côtés. Le corps du temple
est un carré de 7 mètres de côté supporté par 12 piliers. Les portiques d’entrée sont très richement sculptés; malheureusement les personnages sont mutilés. Les piliers sont ronds à base octogonale,
Ces deux temples, bien que se rapprochant de ceux du Nord de l’Inde, en diffèrent par bien des points, et viennent à l’appui de ce que nous avons eu occasion de répéter souvent, que chaque contrée eut son style spécial.
Il serait d’ailleurs inutile de chercher à établir un parallèle entre les temples qui précèdent. Ils forment des anneaux isolés d’une chaîne dont tous les anneaux intermédiaires sont perdus. Des nombreux temples construits à Gwalior pendant une quinzaine de siècles, il n’en reste qu'un petit nombre, élevés à des époques différentes, et un palais édifié très tard. C’est peu, en réalité, et beaucoup pourtant, quand on songe que tant de grandes cités, comme Kanoudje, Patali-
putra, etc., ne nous ont laissé que leurs noms.
SGULPTURES DANS LE ROC. — Autour du rocher qui supporte la forteresse se trouvent
taillés, dans les excavations de ses flancs, de nombreux groupes de sculptures. Celles-ci représen-
tent généralement des personnages qui appartiennent au culte jaïna. Une de ces statues a 17 mètres de hauteur. D’après leurs inscriptions, elles ont été construites au quinzième siècle pendant la même génération, dans l’espace d’une trentaine d'années. Nos planches (fig. 91 à 94) représentent les plus intéressantes, et, en même temps, quelques-unes des nombreuses statues dissé-
minées dans l’enceinte de la forteresse.
PALAIS DE MAN MANDIR. — L'Inde nous a laissé un nombre assez grand d'anciens temples,
Fig. 95. — GwaLioR. — Vue générale du palais de Man Mandir,
Hauteur, environ 30 mètres. Largeur, environ 100 mètres.
mais presque pas de palais. Ce n’est que bien exceptionnellement que quelques-uns ont échappé aux innombrables guerres dont la Péninsule a été le théâtre depuis tant de siècles.
Bien que le palais de Gwvalior soit dans un triste état de délabrement, et que la plus grande partie de son revêtement de faïences émaillées soit aujourd’hui tombée, on ne peut s'empêcher en le visitant d'éprouver un sentiment d’admiration analogue à celui qu'éprouva l’empereur Baber lorsqu’il y pénétra en 1527.
Le palais de Gwalior fut construit vers l'an 1500; il domine la forteresse et occupe un de ses côtés. Il a extérieurement près de 100 mètres de longueur et 30 mètres de hauteur. La plus importante de ses façades, celle qui regarde PEst (fig. 95}, était entièrement recouverte de briques émaillées. Elle a deux étages et est formée d’un massif rectangulaire, coupé à intervalles égaux
ARCHITECTURE DU RAJPOUTANA ET DU BUNDELKUND, Of
par six tours rondes couvertes de coupoles. Les briques émaillées dont ses murs sont encore partiellement revêtus produisent un effet d'ensemble splendide. Elles sont visiblement d’origine persane. J’ai essayé dans la planche ci-jointe (fig. 96) de donner une restitution complète de celles qui ornaient la porte d’entrée.
Fig. 96. — GWALIOR. — Essai de restitution des détails d'omementation sur briques émaillées de la porte d'entrée du palais,
L'intérieur du corps du palais consiste en groupes de chambres (fig. 97 et 98) disposées autour de petites cours. La plus grande n’a que 10 mètres sur 6. Leur architecture est fort belle, et je ne connais que certains appartements des palais de Futtehpore, — très analogues du reste par leur architecture, — qu’on puisse leur comparer dans l’Inde.
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Héliotypie H. Racle, (Anc* Quinsac}, Paris