FIG. 1457. ELLORA. FAÇADE DU TEMPLE SOUTERRAIN D'INDRA. Ÿ
temple est de 26 mètres, sa largeur de 13 mètres, sa hauteur de 10 mètres. Trente-huit piliers octogonaux séparent la nef centrale des ailes latérales. La voûte est taillée dans les parois de la montagne. Les différentes surfaces du temple sont couvertes de nombreuses sculptures.
Le fond GE lédifice est formé par un immense dagoba ou autel, de 8 mètres de hauteur sur près de 5 mètres de largeur, au pied duquel est une gigantesque figure de Bouddha de plus de 3 mètres de hauteur. La façade du temple a deux étages et est couverte de sculptures; elle
, pe à 1 n’est pas surmontée, comme à Ajunta, d’une grande ouverture en forme de fer à cheval.
Il est difficile de déterminer, faute d'inscriptions, la date exacte de la construction de ce temple; on admet cependant qu’il est le plus ancien dEllora et doit remonter au commencement du sixième siècle.
De même que pour les autres chaïtyas bouddhiques, plusieurs monastères ou viharas y sont attachés. Le plus grand a 34 mètres de longueur sur 21 mètres de largeur.
Temple d'Indra (fig. 187 et 158). — Auprès du temple précédent se classe, au point de vue de l'antiquité, le temple d’Indra Sabha, consacré au culte jaïnique. Il est de la même époque, c’està-dire du sixième siècle. Sa grande richesse montre que le culte jaïnique devait avoir à cette époque une importance égale au culte bouddhique, duquel il différait d’ailleurs bien peu.
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Le temple d’Indra Sabha est, après le Kaïlasa dont nous parlerons plus loin, le plus remarquable des temples d'Ellora; il se place même pour certaines parties de ses sculptures au-dessus du Kaïlasa, C’est un petit édifice monolithe, analogue au Kaïlasa, mais beaucoup moins important, et entouré d’une série de vastes salles souterraines creusées sur une hauteur de deux étages dans les flancs de la montagne : chacune d’elles est supportée par des piliers richement sculptés et contient de nombreuses statues. Nos figures représentent les parties les plus remarquables de cet admirable temple.
Temple de Dumar Léna. — Ce temple souterrain consacré au culte brahmanique, présente plusieurs analogies avec celui d'Éléphanta. Ses dimensions sont assez vastes; il a en effet 45 mètres de longueur, à peu près autant de largeur, et un peu plus de 5 mètres de hauteur. De nombreux piliers le divisent en cinq ailes.
Les parois du temple sont couvertes de sculptures représentant diverses divinités du panthéon brahmanique. Ainsi qu’on pourra en juger par le spécimen reproduit plus loin (fig. 161) elles sont fort belles.
On s'accorde assez généralement à faire remonter la construction de ce temple au commencement du huitième siècle de notre ère; mais il est bien entendu que cette date, comme celle de tous ceux de ces temples qui ne possèdent pas d'inscriptions, est un peu conjecturale.
Le Kaïlasa (fig. 139 à 166). — Le Kaïlasa est le plus célèbre des monuments d'Ellora. Ce n’est pas un temple souterrain semblable à ceux décrits jusqu'ici, car sa partie centrale est un monument en plein air, isolé du reste de la montagne (fig. 159); mais il est entouré d’excavations nombreuses, qui en font partie, et qui se prolongent dans les flancs de la montagne.
Comme forme extérieure, le temple central dont nous venons de parler se rapproche de ceux qui semblent avoir servi de type aux temples dravidiens du sud de l'Inde, et qui forment Punité dont la répétition se retrouve dans les gopurams. Ce type primitif se retrouve également à Mahavellipore.
Le Kaïlasa remonte, suivant toute vraisemblance, au huitième siècle de notre ère, et est par conséquent antérieur à tous les temples du sud de l'Inde, ceux de Mahavellipore exceptés.
Bien qu’il soit formé d’un seul bloc de pierre, le Kaïlasa est un des monuments où la fantaisie des artistes hindous s’est le plus déployée dans les sculptures. Un volume entier ne suflirait pas à les reproduire. Nous avons dû nous borner à en représenter quelques-unes. Tout le panthéon hindou y figure, ainsi que les épisodes de la grande épopée du Mahäbhärata.
Le temple monolithique du Kaïlasa est placé dans une cour rectangulaire dont les côtés sont formés par les parois de la montagne elle-même. Dans ces parois sont creusées de nombreuses salles souterraines ornées de sculptures.
L'intérieur et l'extérieur du temple étaient recouverts de peintures, dont il ne reste que quelques traces.
Le temple situé au centre de la cour est formé d’un seul bloc; il a 53 mètres de longueur sur 32 de largeur et 30 mètres de hauteur. On pénètre dans la cour qui le renferme par un portique orné de pilastres.
L'intérieur est formé par une grande salle entourée de chapelles. Lédifice entier semble supporté par des lions, des éléphants et divers animaux fantastiques.
Le temple est dédié à Siva et à ses nombreuses transformations ; à Siva, dieu de la vie et de la mort, qui détruit et régénère, et synthétise la force éternelle présidant à l’évolution des êtres.
SERTOENS
Fi&. 159. — ELLORA. — LE KaïLasa. — Vue d'ensemble du temple monolithe,
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Auprès du temple se trouvent deux obélisques, dont un seul est visible sur notre figure.
On y voit aussi deux gigantesques éléphants d’une seule pièce. Le temple entier est, comme
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Fig. 161. — ELLORA, — Statues gigantesques prises dans le Kaïlasa et dans le temple de Dumar Léna,
nous l'avons dit, formé d’un seul morceau.
Le rocher qui l'entoure a 30 mètres d’élévation (1). En excavant la montagne, l’architecte a dû ménager à la fois les masses nécessaires pour tailler le temple, les deux éléphants, les deux obélisques et diverses chapelles.
Pendant mille ans, l’oubli s’est appesanti sur les temples d’Ellora, et, de plus en plus envahis par les jungles, ils avaient fini par devenir à peu près inaccessibles, Ce n’est guère que de la fin du siècle dernier que date leur célébrité. I semble qu’à cette époque la localité soit redevenue un lieu de pèlerinage. Nous en avons la preuve par un petit temple fort gracieux représenté ici (fig. 165), qu'y fit construire une princesse indigène et qui nous donne un excellent spécimen de ce qu'était l’art hindou à cette époque. On ne saurait dire que ce temple soit affranchi de toute influence musulmane, mais elles y sont infiniment plus rares que dans les autres édifices de cette période.
Bien que je me sois montré fort sobre d’appréciations purement artistiques sur les monuments décrits dans cet ouvrage, je ne voudrais pas terminer ce qui concerne les temples d’Ellora, sans
(4) Je ne donne les mensurations relatives aux monuments d'Ellora que sous les plus formelles réserves, ne les ayant pas prises moi-même. Les temples d'Ellora, et notamment le Kaïlasa, étant les monuments de l'Inde les plus étudiés, je jugeai tout à fait inutile, quand je les visitai, de consacrer un temps précieux à mesurer des édifices aussi connus; mais, lorsqu'à mon retour, j'examinai ce qui avait été écrit sur eux, je dus constater que leurs dimensions, à ne parler même que de celles données dans les auteurs les plus récents, tels que Burgess, Fergusson, Eastwick, etc., présentaient des différences énormes. Il en est ainsi de la presque totalité des monuments, assez peu nombreux d'ailleurs, pour lesquels on trouve des mesures dans les ouvrages anglais. Si un monument a été étudié par trois observateurs, on est certain de trouver des variations considérables de l’un à
l'autre. Sur la hauteur, notamment, les divergences sont rarement inférieures à 15 %. Bien que les Anglais soient généralement fort précis, ils ne le sont pas du tout dans leurs mesures. On évite absolument ces erreurs avec le
système de mensurations automatiques que j'ai décrit dans mon ouvrage sur les levers de monuments.
HICGMdeR FIG. 163.
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162. ELLORA. STATUES GIGANTESQUES DANS L'INTÉRIEUR DU TEMPLE DE DONNEMARLENA. PILIERS & STATUES DANS UN DES TEMPLES SOUTERRAINS QUI ENTOURENT LE KAÏLASA. FIG 1464. FAÇADE DE L'UN DES TEMPLES SOUTERRAINS DU KAÏLASA.
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