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(ousuin
puy) ape:
Plusieurs des statues qui recouvrent les gopurams sont fort belles. Il y en a de médiocres, mais il n’y en a nulle part de hideuses comme celles de la petite pagode de Pondichéry, que Pamiral Paris, dans le travail auquel il est fait allusion plus haut, représente comme type de celle de Chillambaram. On ne pourrait citer, au point de vue des sculptures, deux monuments plus dissemblables.
Toutes les statues de la pagode, à en juger du moins par celles qu’on peut examiner de près, sont en grès fin d’un seul morceau.
Il n’y a pas de pierre autour de Chillambaram dans un rayon de 65 kilomètres, et il n’y a pas bien longtemps que des routes praticables aux voitures existent dans le pays : ce n’est donc qu’au prix d’un immense travail que la pagode a pu être construite.
MONUMENTS DE TANJORE. |Fig. 193 à 198.)
Tanjore était, à l’époque de la grandeur des Cholas, c’est-à-dire au onzième siècle de notre ère, la capitale de leur empire, qui comprenait alors tout le Sud de l’Inde et s’étendait au Nord- Est jusqu’au Bengale.
Jusqu'à ces dernières années on croyait, avec Fergusson, que la pagode de Tanjore était du quatorzième siècle; mais, des inscriptions en vieux tamoul, datant la plupart du règne de Vira Chola (1064-1114), et découvertes récemment sur les murs du temple, prouvent qu'elle fut construite au onzième siècle. C’est là un nouvel exemple des erreurs qu’on peut si facilement commettre dans la détermination de l’âge des monuments de l’Inde, même de ceux relativement modernes.
Une de nos planches (fig. 193) représente l’ensemble du temple pris en arrière et donne une bonne idée de son plan. Contrairement à ce qui s'observe dans les autres pagodes, dont les pyramides diminuent de hauteur à mesure qu’on s’approche du sanctuaire, la plus grande pyramide (fig. 194) est sur le sanctuaire.
Elle a 15 étages, 61 mètres de hauteur et 25 mètres de largeur à sa base. Elle est terminée par un dôme taillé dans une seule pierre.
En face de l'entrée du sanctuaire se trouve un manfapam de 31 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur et 15 mètres de hauteur, abritant un taureau sacré, monolithe en granit noir (fig. 194 à 196). L'animal est accroupi; il a 3 mètres 60 cent. de hauteur sur 5 de longueur. Suivant les indigènes, il n’avait d’abord que la grosseur d’un œuf et se mit à grossir jusqu’à ses dimensions actuelles. Comme il commencait à devenir gênant, les prêtres invoquèrent Siva, qui arrêta la croissance de lanimal en lui enfonçant un clou dans la langue.
A droite de la cour se trouve une colonnade sous laquelle sont rangés, à côté les uns des autres, 108 énormes lingams en pierre. Je n'ai jamais vu semblable collection de ces emblèmes sacrés dans aucun temple de l’Inde.
Dans l’enceinte de la pagode, près de la grande tour, se trouve un temple très élégant dédié à Subramanya, fils de la déesse Parvati, femme de Siva. Il a été construit au quinzième siècle. On remarquera l'élégance de ses formes et la beauté de ses sculptures (fig. 198).
La pagode de Tanjore estune des plus anciennes et des mieux conservées du Sud de lInde,
mais elle n’égale pas les pagodes plus modernes de Madura, Sriringam, etc.
Les statues que contient la pagode appartiennent aux deux religions de Vishnou et de Siva, ce qu’on ne rencontre pas dans les constructions analogues plus modernes. Ce fait, que nous avons déjà fait remarquer à propos de Badami, est une nouvelle preuve de ce que nous avons dit que les deux religions n'étaient pas autrefois aussi antagonistes qu'aujourd'hui. On trouve d’ailleurs d’autres preuves de cette tolérance dans des monuments plus anciens.
Héliotypie H. Racle (Anc! Quinsac ). Paris.