‹ Les monuments de l'Inde, ouvrage illustré d'environ 400 figures, héliotypies, dessins, cartes et plansChapitre 67 sur 93 · FIG.278. DELHI · texte numérisé non relu

FIG.278. DELHI

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Certaines parties de l’ornementation du palais, les mosaïques notamment, sont dues à un artiste français, Austin, de Bordeaux, qui collabora à la décoration du Taje. Son portrait en mosaïque y figurait encore il y a une trentaine d'années; il a été, depuis, enlevé par les Anglais et transporté en Angleterre.

Grande Mosquée de Delhi (fig. 281 et 282). — Cette mosquée, la plus importante de l’Asie, fut commencée par Shah Jehan, en 1644, et finie en 4658. Sa décoration intérieure est très simple; mais, contrairement à ce qui s’observe pour la plupart des mosquées mogoles, son exté-

Cour intérieure.

Fig. 281. — Dernr. (Période mogole.) — La GRANDE Mosqu

Largeur, 62 mètres. Hauteur des minarets, 40 m

rieur est des plus frappants, et je ne connais aucune mosquée de l'Inde qui produise un effet aussi imposant.

On pénètre dans l’enceinte de la mosquée par des portes monumentales placées au sommet de grands escaliers pyramidaux.

Tout le monument est construit en grès rouge et orné de bandes de marbre blane. Les dômes sont également recouverts en marbre blanc.

Les minarets de la mosquée ont 40 mètres de hauteur. Le côté de la mosquée consacré au sanctuaire a 61 mètres de longueur sur 37 mètres de profondeur.

Ce fut dans cette mosquée que furent dites pour la dernière fois, un vendredi de septembre 1857, les prières pour le dernier représentant de la puissance mogole dans l’Inde.

Mausolée de Safdar Jang (fig. 283 et 284). — Ce monument, construit en 1754, représente à

peu près le dernier des édifices importants construits sous les Mogols. Il est situé sur une plate-forme de 54 mètres de côté. Le mausolée, placé à son centre, a 30 mètres de côté; sa hauteur au-dessus du sol est de 39 mètres.

Pour des raisons d'économie, le plâtre a quelquefois remplacé le marbre dans diverses parties de ce monument; mais ce n’est pas une raison pour le qualifier de monument de décadence, comme le font habituellement les ouvrages qui le mentionnent sans d’ailleurs le représenter.

Il existe dans l’intérieur du mausolée un très beau sarcophage de marbre blanc, ayant environ 1,70 de longueur; les sculptures en sont très élégantes, ainsi qu’on peut le voir sur notre figure. La forme en est très gracieuse et mériterait certainement d’être imitée en Europe.

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MONUMENTS D'AJMIR. (Fig. 285 à 287.)

L'ancienne architecture d’Ajmir est contemporaine de l’ancienne architecture musulmane de

Delhi et lui est identique. À en juger par la grande ressemblance qui existe entre certaines

Fig. 285. — AJMIR. — UNE DES ARCADES DE LA GRANDE MOsQuÉE, — Hauteur, 17 mètres.

parties de sa mosquée et celle de Delhi, on pourrait même inférer qu’elles eurent les mêmes architectes.

La célèbre ville d’Ajmir est située à 90 lieues S.-0. environ de Delhi. C’est une fort ancienne

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cité, car les légendes hindoues attribuent sa fondation aux temps antérieurs au Mahâbhôârata. Elle semble, en tout cas, antérieure au premier siècle de notre ère; mais, comme pour Delhi, nous ne savons à peu près rien de son ancienne histoire.

En 102%, Mahmoud de Ghazni pilla Ajmir en allant à Somnath. En 1191, les Musulmans s’y fixèrent. De sa splendeur passée, elle n’a guère gardé que sa grande Mosquée.

La grande Mosquée d’Ajmir fut commencée en 1200, c’est-à-dire à peu près à la même

époque que la mosquée du Koutab. Une légende veut qu’elle ait été terminée en deux jours

et demi, d’où le nom de « Arhai din ka Jhopra », sous lequel elle est connue. Les piliers, de même que ceux de la mosquée du Koutab, appartiennent à un ancien temple jaïna. Elle présente, comme celle de Delhi, une série de grandes arcades; la plus grande a 17 mètres de hauteur et près de 7 mètres de largeur; ses murs ont 3",50 d'épaisseur, La mosquée ellemême a 83 mètres dans sa plus grande longueur; ses murs ont été récemment blanchis à la chaux.

Bien que cette mosquée soit un des plus remarquables monuments de l’Inde, elle a été traitée, comme le fait remarquer Fergusson, de la façon la plus barbare par les Anglais. Il n’y a pas longtemps que des piliers en ont été arrachés pour servir à orner un arc de triomphe sous lequel devait passer un vice-roi.

Cest auprès d’Ajmir que se trouve le célèbre lac sacré de Poshkar (fig. 286 et 287) qui attire annuellement plus de 100.000 pèlerins. Il est entouré de nombreux temples et palais; sa situation est ravissante, mais les temples et palais sont modernes et dénués d'intérêt architectural. Nous nous bornerons donc à mentionner que c’est le seul endroit de l’Inde où l’on puisse voir encore un temple consacré à Brahma.

Un des premiers voyageurs qui visitèrent la ville d’Ajmir fut Thomas Corjat, qui trouva le moyen, dans un voyage de Jérusalem à Ajmir, de ne dépenser qu'une somme équivalente à 62 fr. 50. En 1613, Sir Thomas Roe, ambassadeur de Jacques, l° roi d'Angleterre, la visita également.

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