GoLconpe, — Intérieur d'une tombe royale
tale et commença la dynastie des rois de Golconde; mais, en 1589, ses successeurs abandonnèrent sa résidence, et fondèrent une autre capitale, la ville actuelle d'Hyderabad.
Parmi les ruines les plus curieuses de Golconde, il faut mentionner sa forteresse. On ne trouvera dans aucun ouvrage ancien où moderne de dessin pris dans son intérieur, par cette excellente raison qu’en dehors de la compagnie de soldats arabes qui la gardent et qui ont l’ordre formel de tirer sur quiconque en approche, nul autre que le Nizam, jusqu’à l’époque où je voyageai dans l'Inde, ne pouvait y pénétrer. Une circonstance exceptionnelle m’ayant permis d’y avoir accès, j'ai pu en prendre quelques photographies; elles montrent que cette mystérieuse forteresse se trouve aujourd’hui dans un triste état. Les trésors célèbres qu’elle gardait autrefois ont disparu depuis longtemps, et les canons qui devaient la protéger ont disparu également. Sa position est cependant formidable. Elle est située au sommet d’un rocher conique, et de son sommet on domine entièrement toute la contrée. Sa solide situation ne l’empêcha pas d’ailleurs d’être prise par l’empereur Aurengzeb.
Non loin de la forteresse, et dissiminées dans un magnifique jardin, se trouvent les mausolées des rois de Golconde. Par le luxe des palais qui servent de tombeau et le charme enchanteur du
site, cette nécropole royale peut lutter avec celle des rajahs d’Odeypour. Ce sont certainement les deux plus beaux cimetières qu’on puisse observer dans l’Inde, et probablement dans le monde entier. 3 ;
L'architecture de ces mausolées est à peu-près exclusivement musulmane, sans mélange d’éléments hindous. Elle se rapproche de celle de certains monuments de Bijapour. Les dômes sont un péu-lourds; les: minarets rappellent quelquefois ceux du Caire.
Nos planches donnent les plus remarquables de ces mausolées. Les plus anciens remontent au milieu du seizième siècle.
Ils sont généralement bâtis sur le: même type; chacun d’eux se trouve au centre d’une plateforme carrée entourée d’arcades et ayant un minaret à chaque angle. La forme du mausolée est carrée. Il est recouvert d’un dôme et flanqué également de minarets.
La hauteur de ces mausolées est très variable : elle est en moyenne d’une dizaine de mètres; mais il en est de beaucoup plus élevés : celui du quatrième roi de Golconde, souverain qui édifia Hyderabad, a une hauteur de 55 mètres.
Beaucoup sont couverts d’ornementations, mais ce sontle plus souvent des moulages. Très peu d’entre eux sont recouverts de plaques émaillées. Chez ceux qui en possédaient, les parties coloriées se sont écaillées et sont tombées. Au lieu de former, comme dans la mosquée d’Omar, à Jérusalem, une couche vitrifiée d’un à deux millimètres d'épaisseur à la surface de la pierre, la matière colorante ne forme qu’un mince vernis sans aucune résistance.
Auprès de Golconde, se trouve la grande ville d'Hyderabad, capitale actuelle du grand empire du Nizam. Cest une ville moderne, mais sa population, ses monuments, l’absence complète d’Européens lui donnent un cachet oriental qu’on ne retrouve au mème degré dañs aucune des villes de l’Inde.
Hyderabad ne contient pas de monuments méritant une description spéciale. Je ne ferai exception que pour le Char Minar (fig. 312), dont l’aspect est tout à la fois original et imposant. Édifié au commencement du dix-septième siècle, il est construit dans, où plutôt par-dessus la plus grande rue de la ville. Ses vastes arcades forment une sorte d’are de triomphe construit de façon à permettre de jouir de là perspective de toute la rue. La grande arcade qu'on voit
dans notre planche à 15 mètres de hauteur, les minarets, 56 mètres.