CHAPITRE IL
u sommet d’une colline dominant un village situé à quelques kilomètres de Katmandou, se trouvent les temples de Sambunath ou Swayambhu, épithète de Bouddha voulant dire :
« celui qui existe
par lui-même ». Un sentier, traversant le Vishnumati au moyen de ponts formés de planches de quelques centimètres à peine de largeur, sans garde-fou, y conduit.
La colline a une centaine de mètres de hauteur. On arrive à son sommet par un escalier en pierre de plus de 500 marches. Une
colossale statue de Bouddha, élevée en 1637, en marque l'entrée. Cest sur le sommet de la colline que se trouve le grand temple. En arrivant à la partie supé-
rieure de l’escalier, on a immédiatement devant soi un piédestal en pierre sculptée, sur lequel
se trouve une pièce de bronze de 1 mètre 50 de longueur nommée « la foudre d’Indra ». Les
Bouddhistes regardent cet emblème comme le symbole de la victoire de Bouddha sur le roi du
ciel, et il est pour eux tout aussi sacré que la croix pour les chrétiens; son image figure parmi
les sculptures de la plupart des temples du Népal. Celle que nous représentons a été construite
en 1640, mais son support de pierre est certainement beaucoup plus ancien; les sculptures qui
la recouvrent sont fort belles. Les douze animaux entourant le piédestal représentent les douze
mois de l’année thibétaine, C’est par le nom de chacun de ces animaux qu’ils sont désignés,
Le sommet de la colline est couvert de petits sanctuaires et de statues nombreuses, mais la
plus grande partie de la plate-forme est occupée par le grand temple, objet de pèlerinage pour
des populations venues des parties les plus éloignées du Thibet. C’est un hémisphère en terre et
brique analogue au stupa de Sanchi, mais surmonté en outre d’un cube couronné par un cône
formé de lames circulaires et superposées. Sur les quatre côtés de la tour sont peints en rouge,
blanc et noir, les yeux de Bouddha. La base du stupa est cylindrique et fait un peu saillie ; elle
est couverte de dalles de pierre.
A chacun des quatre points cardinaux du monument se trouve un petit sanctuaire dont l’ex-
térieur est en bronze ciselé et qui contient à l’intérieur une dalle de pierre seul ptée. € [ !
Ces petits sanctuaires, la tour qui surmonte le stupa et la plupart des nombreuses cons-
MONUMENTS DU NÉPAIL. 231
tructions couronnant la colline n’ont guère plus de 250 ans d'existence. La majeure partie a été édifiée entre 1650 et 1750, ainsi que lindiquent les inscriptions fort nombreuses dont ces édifices sont couverts. Le plus ancien est de 1593. Mais si toutes les parties accessoires sont relativement modernes, il n’en est pas de même sans doute de la masse centrale
Fig. 364, — SAMBUNATH (Népal), — Vue d'ensemble du Stupa.
du stupa. Son évidente analogie avec les constructions analogues de l'Inde centrale, et l’époque de l'introduction du Bouddhisme au Népal nous ont conduit à supposer que la partie fondamentale de l'édifice a dû être construite vers le deuxième siècle de notre ère.
Bien que le stupa soit exclusivement bouddhique, on y trouve plus d’un emblème brahmanique. Cest ainsi qu’on voit figurer, par exemple, dans les petits sanctuaires qui l'entourent, un
autel dédié à Devi Sittla, déesse jouissant de la faculté de guérir de la petite vérole ses adorateurs.
Les autres petites constructions qui entourent le Stupa sont, les unes des monuments votifs, les autres des monuments dédicatoires élevés à la mémoire de personnages vénérables.
Dans une des maisons construites autour du monument vit une famille de Lamas thibétains, chargée de temps immémorial de la garde du feu sacré, symbole de la divinité, Ce feu, sup-
pose-t-on, est jadis venu du ciel et ne s’est jamais éteint.
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FIG. 365 er 366 SAMBUNATH{(NÉPAL). FOUDRE D'INDRA ET CONSTRUCTIONS DIVERSES ENTOURANT LE STUPA
MONUMENTS DE BUDDNATH. {Fig. 367 à 368.)
A 8 kilomètres environ de Katmandou se trouve un village nommé Buddnath, qui contient un stupa analogue à celui de Sambunath, et son égal en sainteté. Il est formé, comme le premier, d’un grand hémisphère de brique et de pierre, et est surmonté d’une tour carrée dominée elle-même par une pyramide. A sa base est une plinthe circulaire dans laquelle sont creusées des niches contenant des statues bouddhiques.
La différence avec le monument analogue de Sambunath consiste en ce que celui de Buddnath est édifié sur une plate-forme formée de trois étages en retraite l’un sur l’autre, dont la hauteur totale est à peu près égale à celle de l'hémisphère. À chacune de ses faces se trouve un petit sanctuaire.
Ce stupa dépasse par ses dimensions les autres constructions analogues du Népal. Il a près de 90 mètres de diamètre et 42 mètres de hauteur.
Il s’élève au centre d’une sorte de square entouré de maisons qui servaient jadis de monasières, mais qui, aujourd’hui, ne sont plus habitées que par des marchands d’idoles, de bijoux, d’amulettes, de cylindres à prières, etc. Une de ces maisons est habitée par des Lamas, chargés, comme à Sambunath, de la garde du feu sacré.
De même qu’autour du stupa de Sambunath, il existe autour de celui de Buddnath un certain nombre de petites constructions religieuses, mais elles sont sans importance.
Jignore absolument à quelle époque fut édifié ce monument, les dires des indigènes ne pouvant au Népal, pas plus d’ailleurs que dans le reste de l'Inde, être pris en considération. Le qualificatif de vieux est appliqué indistinctement par eux à tout édifice que personne de leur famille ne se souvient d’avoir vu construire. Il n’est pas rare de leur voir attribuer le même âge à des édifices dont les uns ont dix siècles et les autres un siècle d’existence.
Il me parait évident que les parties accessoires entourant l'édifice sont, comme à Sambunath, relativement modernes; mais c’est la partie centrale, peu accessible d’ailleurs, dont l’âge me parait incertain, et je n’oserais pas la faire remonter, comme à Sambunath, au deuxième siècle de notre ère. En raison de son excellent état de conservation, je serais porté à lui donner une date fort postérieure.
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