‹ Les monuments de Paris souvenirs de Vingt SièclesChapitre 11 sur 58 · LA SAINTE C 11 AI'I:: L 1. E · texte numérisé non relu

LA SAINTE C 11 AI'I:: L 1. E

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lA SAINTE CHAPELLE ET LE PALAIS DE JUSTICE

SOMMAIRE

L'enceinte de Paris au douzième siècle. — La sainte Chapelle au treizième siècle. — La façade nord du l'alais de justice. — Les salles gotliiques de la Conciergerie. — Origiues du Parlement; développement de ses attributions.

I s»Ma ((iiestion dans ce chapitfe des préoccupations défensives de rhilij)pe-Aiigiistc et des conditions dans lesquelles Louis IX édifia, pour servir de reliquaire à la couronne d'épines, la châsse ajourée de la sainte Chapelle. On dira ensuite comment Philippe le Bel, qui a sa part dans la reconstruction de certaines parties du l'alais de justice, y établit son conseil, qui, dans la suite, sous le nom de Parlement, exerça sur la direction politique du pays une influence décisive.

Les remparts de Philippc-Augtistc ont à peu près complètement disparu, mais leur tracé est bien connu. L'enceinte commençait à la tour Hamelin, sur l'emplacement du palais de l'Institut; elle laissait en dehors l'abbaye de Saint-Germain des Prés, rejoignait la rue Soufllot par la rue de l'École-de-Médecine et longeait l'abbaye de Saint-Etienne du Mont,

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aujourd'hui lycée Henri l\. La [levcéc de la rue du Cardinal-Lemoiue laisse voir, à droite et à gauche, des sujjstructions do murs qui se dirigeaient vers la Seine jusqu'à la Tournelle, dont un quai a gardé le nom. On a retrouvé également, dans le l^cée Charlemagne, l'ancienne fondation qui traversait la rue Saint-Antoine, suivait celle des Francs-Bourgeois pour se montrer dans la cour du Mont-de-Piété, oii est conservée la base d'une tour. La muraille passait ensuite par le quartier Beaubourg et, après avoir franchi la rue Saint-Martin, arrivait dans la rue Montmartre, un peu au-dessus de l'église Saint-Eustache ; la rue Coquillière rappelle, de ce côté, le nom d'une des anciennes portes; enfin, le mur rejoignait la forteresse du Louvre, d'où une chaîne de fer était tendue à travers le fleuve, pour en interdire le passage, jusqu'à la tour Hamclin. En même temps qu'il s'occupait des remparts de la ville, Philippe-Auguste fortifiait son palais de l'Ile de la Cité.

D'où venaient ces préoccupations défensives que ses prédécesseurs j)araissent avoir ignorées? Elles s'expliquent aisément. Louis VI s'était contenté d'établir solidement ses droits sur le duché de France, et il avait détruit avec une grande énergie l'opposition l'éodale. Plus vastes furent les ambitions de Philippe-Auguste : persévérant, diplomate habile, il conçut et réalisa le projet d'étendre les limites du domaine royal, et son règne, (pii dura plus de fpiarante années, fut fécond sous ce rapport en heureux résultats. Successivement l'Amiénois, la Normandie, le Poitou, furent adjoints à la couronne. Il prépara l'annexion du comté de Toulouse, réalisée par son successeur. Mais, par suite de la puissance militaire de ses rivaux, ces expéditions hardies n'étaient pas sans dangers pour ses propres Etats, et elles suscitèrent plusieurs coalitions. Que fùt-il arrivé si celles-ci eussent abouti i' Quelles auraient été, par exemple, les conséquences de la bataille de Bouvines, si les francs-archers n'eussent intrépidement fermé le passage du pont aux ennemis ? Paris, ville ouverte, l'ùt tombée sans résistance possible entre leurs mains. C'était don<- un impérieux devoir de fortifier la ville et de donner au j)alais ras])ect guerrier qui était dans les usages du temps et que commandaient les desseins personnels du roi.

A Philippe-Auguste, prince belliqueux, succéda, à ti-ois ans de distance, le pieux Louis IX On connaît les conditions dans lesquelles fut construite la sainte Chapelle. Le roi avait racheté à Baudoin II la couronne d'épines et un fragment de la vraie croix, que cet empereur de Constantinoplc avait, faute d'argent, laissée en gage aux Vénitiens. 11 chargea, dic-on, l'habile architecte Pierre de Montereau de bâtir, dans le Palais, la cha-

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