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Simcon Luce, la France pendant la guerre de Cent ans

LE PRIEVnÉ DE SAI.\T-M.\RTI\ ET LMIIIAVE DE SÀl.\TE-nE.\E\IÈ]E 79 étaient creusées des croix semblables à celles qui décorent les tombeaux des cinquième et sixième siècles ; deux des squelettes portaient encore des lambeaux de l'étofle qui avait servi de linceul. Ces sarcophages, de grande valeur historique, furent déposés à l'École des beaux-arts. On ignore ce qu'ils sont devenus depuis.

La sépulture du premier roi chrétien et de sa l'amille n'est pas le souvenir le plus important qui s'attache à ces lieux.

Dès le douzième siècle, la basili(pic où était inhumé Clovis avait perdu son vocable des saints Apôtres, jjour picudre celui de sainte Geneviève, la bergère inspirée et vénérée do tous, (pii ranima le courage des Parisiens à l'approche des hordes d'Attila. Lorsque ses restes mortels, devenus de précieuses rclicpies, furent, pour être placés sur les autels, extraits de leur cercueil de i)ierre, celui-ci l'ut conservé. Tombeau et reliques furent confiés à la garde d'une abbaye (pii essaima du monastère voisin de Saiiil-N'idor ; les moines prirent le nom de (iénovéfains. C'est le clocher de leur église (jui (^\isto sous le nom de tour Clovis.

Elle émerge des toitures environnantes et détache sur le bleu du ciel sa silhouette carrée ; elle est fort curieuse, avec ses fenêtres à plein cintre à la partie inférieure et à grandes ogives au-dessus, avec les balustrades ouvragées de ses deux balcons et sa plalc-Corme supérieure; quatre contreforts couronnés de clochetons l'enserrent; un escalier à vis conduit juscpià la terrasse du sommet, en donnant accès dans les salles des étages intermédiaires. Le visiteur (pii se hasarde à faire une ascension que l'usure des marches rend pénible, reconnaît l'architecture du douzième siècle au pied, et celles des quatorzième et quinzième siècles dans les parties moyenne et supérieure.

L'église était de la même date ([ue la base de la tour, ainsi (]u'en témoignent les chapiteaux de caractère roman très accusé, conservés à l'Ecole des beaux-arts et sur lesquels étaient représentés la création de l'homme et les signes du zodiaque. Le treizième siècle avait apporté à l'église sa part contributive, et à celte épocpie appartient la grande slalue en pierre de sainte Geneviève, mainlcnanl au Louvre, et jadis au Iruiuciui i\u portail occidental. La palroaiu^ de Paris, la tète recouverte d'un voile qui retombe sur les plis de sa longue robe, a une ligiu'e d'une idéale beauté; elle tient d'une main un livre, de l'autre un cierge qu'un diable, au visage grimaçant, s'eflorce d'éteindre alors que, du côté droit, un ange, portant lui aussi un cierge allumé, protège la flamme contre le souille inq)ur du démon et s'apprête à la ralhuner au besoin: symbolisme expressif et gracieux.

La châsse était placée derrière le maître-autel, soutenue par quatre

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grandes slalucs de Ijois, actiielleinent au musée du Louvre. Lorsque, aux jours de ealamité publique, on décidait de porter processionnellenient les reliques à travers les rues de Paris, les moines descendaient la châsse à l'aide d'une corde passant dans une poulie scellée dans la voûte.

Sous l'église s'étendait une crypte, plus ancienne que le reste de l'édifice, et dans laquelle était exposé à la vénération des fidèles le tombeau de pierre dont nous avons j)arlé, et (pie l'on peut voir aujourd'hui dans une chapelle latérale de Saint-Etienne du Mont.

De l'abbaye du moyen âge, il reste peu de traces, les moines ayant, au dix-huitième siècle, reconstruit en grande partie leur couvent. Ils n'avaient conservé que les cuisines voûtées du sous-sol, qui ont aujourd'hui, dans le lycée Henri IV, la même destination, et le réfectoire, devenu chapelle.

Dans la reconstruction du dix-huitième siècle, la partie la plus remarquée pour ses belles proportions est un escalier monumental, établi dans des conditions d'ampleur peu en rapport avec nos habitudes modernes : c'est l'œuvre du moine du Teul. Il mène au cercle des professeurs, l'ancienne bijjliotlièque des moines. Celle-ci était non seulement très riche en volumes, elle avait encore un mobilier de vitrines en chêne sculptées en plein bois, dont les rayons dégarnis ont maintenant un air de morne tristesse. Lorsque la Ilévolution chassa les religieux, elle conserva leur collection de livres, cpii fut mise à la disposition du public, et pendant plusieurs années la jjibliothèque Sainte-Geneviève et le lycée Henri IV vécurent dans une pénétration gênante.

En IS'i.l, on construisit un nouveau local, aux lignes sévères, de disposition plus commode, mais (|ui, malgré tout, parut pendant longtemps maussade aux vieux habitués de la salle de travail des Génovéfains.

Il sera question plus loin de l'église de Saint-Etienne du Mont, église paroissiale des tenanciers de l'abbaye, un des plus curieux spécimens de l'archilecture l'eligieuse de la Renaissance, ainsi que de l'église Sainte- Geneviève, uuivre de Soufllol, aujourd'hui le Panthéon. Il nous a suffi de rappeler la puissance du monastère ipii, sur la rive gauche, aln-ita pendant des siècles les restes vénérés de la patronne de Paris.

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