LES CONSTRUCTIONS DU QUATORZIEME SIECLE
S o M. MA nue
Cliarlcs V et l'Iiolcl Saint-Pol. — L'Iiôlcl du connétable Olivier de Clisson. — Le donjon
de Jean sans Peur.
.(US iraul'oiis |)as, an cours de co chaijili'c, à luoiilror au lecteur îles iiioiiumcnts d'une gi-aïuh; impoi'- \\\ lance artistique. De riiôtcl Saint-Pol cl de l'iiô- Icl des Tournellcs nous ne pouvons que désigner rciuplaccnicnt; de iiicnic l'iKitcl du connétable de Clisson n'est plus représenté <jue par une jioi-le gotliiipic conser\é(> d'abord par les ducs de Guise, puis par les ducs île Soubise, dans la reconstruction de leur demeure princière. Le donjon de Jean sans Peur, si curieux soil-il comnio spécimen des palais i'orlifics du moyen âge, n'est qu'une très faible parlie de l'ensemble autpiel il appartenait. Mais cette pauvreté nionuinenlale ne doit pas faire illusion sur rinlérèl de notre récit. Si le décor laisse à désirer, les personnages en scène ont joui' un grand rôle dans notre histoire, et l'époque oii ils ont vécu est une di; celles qui font le plus palpiter notre cœur de Français, à cause des dangers que coururent alors l'indépendance et l'intégrité du territoire.
Charles V fut un grand bâtisseur. Le Palais de la Cité, où il avail vu l'émeute féroce massacrer sous ses yeux les maréchaux de Clianipagnc et de Normandie, et où il n'avait eu !a vie sauve que grâce à l'intervention d'Etienne Marcel, lui rappelait des souvenirs trop pénibles pour qu'il l'habitât. Aussi, secondé par Jacques Aubriot, prévôt de Paris, magistrat royal
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(ju'il faut se garder de ronfondre avec le prévôt des marchands, magistrat municipal, il aménagea le Louvre et en augmenta les moyens de dél'ense, cette forteresse pouvant, cumine dernière ressource contre les JiÊSf'îk — l^^'^^V*^ I violences populaires, lui ouvrir une issue \ W nti'i iiL"~-T 'i-? "%^ i sur la campagne.
C'est dans cette même intention rpi'il lit un véritable château fort de la Bastille Saint-Antoine, déjà pourvue cependant de solides retranchements par les soins d'Étienne Marcel. A l'ombre de ses hautes murailles, il put, sans courir aucun risque, se faire bâtir le palais des « royaux esbatements ». Celui-ci embrassa tout l'espace limité au sud cl au noi'd par la rue Saint- Antoine et la Seine, à l'est et à l'ouest par les rues Petit-Musc et Saint-Paul; il n'avait pas les grandes lignes architecturales fpie l'on est accoutumé à rencontrer dans les demeures prinriéres, mais il était formé d'une série de corps de bâtiments indépendants, et altril)ués les uns au roi, les autres à la reine, aux princes du sang et à certains dignitaires de la cour. Les appartements avaient cette somptueuse élégance qu'affectionnait le quatorzième siècle : plafonds lambrissés et sculptés, hautes cheminées, tentures de cuirs et de riches étoffes. Mais le charme de cette résidence était surtout dans les d('q)endances, dans les immenses jardins ; on y trouvait à la fois l'utile et l'agicalile. Au lieu d'arbres exclusivement décoratifs, on y voyait ajjondance d'arbres fruitiers : b^s noms des rues de la Ceriseraie et de Beau- 'i'reiilis ]>erpétuent le souvenir de cette particularité. Une autre rue, celle des Lions-Saint-Paul, rappelle aussi que Charles V s'olTrait le plaisir, alors universellement répandu chez les grands seigneurs, d'une ménagerie. C'est à Saint-Paul que Charles VI, nouvellement marié à Isabeau de Bavière, donna des l'êtes splendides et étranges, dont l'une l'aillit lui être fatale; c'est là enfin que plus tard il promena sa tristesse, la j-aison alfaiblie pai' la maladie et par la crainte que i'aisaient naître en lui les attaques tlont ses amis les plus dévoués étaient l'objet.
Parmi ceux qui lui étaient les plus chers, se trouvait le connétable Olivier de Clisson; nous en connaissons la demeiu'e.