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LE LOUVRE

SOMMAIRE

Aujourd'hui et autrefois ; les constructions successives. — Le pavillon du Roi et la galerie

de Catherine de Médicis. — Le Louvre sous les Valois et sous les Bourbons. Le

musée.

pj vHMi les monuments de Paris, il n'en est pas de pro- ^^j portions plus vastes, d'aspect plus grandiose que le Louvre. Il étonne l'étranger; cpiant au Parisien, c'est souvent d'une allure rapide qu'il en traverse les cours, préoccupé de ses ad'aircs, les yeux fixés sur un journal, sans un regard pour les créations de Pierre Lcscot et de Lemercier. Il est, cependant, des rêveurs qui se plaisent à contempler de la rive gauche de la Seine, par-dessus les caisses des bouquinistes scellées sur les parapets de la berge, la merveilleuse perspective du palais aux lignes calmes et tranquilles, en harmonie si parfaite avec le cours majestueux du fleuve qu'on les croirait nécessairement liés entre eux par une mystérieuse destinée. Cette façade est au midi. A l'est s'étend la colonnade de Perrault, si imposante, en dépit des sévères critiques dont elle a été l'objet; la face nord, sur la rue de Rivoli, est d'une interminable longueur.

Les Tuileries, qui formaient à l'ouest le quatrième côté, n'existent plus; elles ont été incendiées en 1871. Les arbr s, les pelouses, les larges avenues, ont remplacé les constructions que Philibert Delorme avait élevées pour Catherine de Médicis; le jardin a vue sur l'immense quadrila-

tère de la cour du Carrousel, débordement d'espace libre en plein cœur de Paris, fermé sur ses grands côtés par une ligne ininterrompue de bâtiments uniformes ; sur un des petits côtés se dresse l'arc de triomphe, aux dimensions réduites intentionnellement pour servir comme d'unité de mesure. Il est surmonté d'un char qui symbolise nos victoires. A l'autre extrémité s'élève le monument de la Défense nationale, dont les figures tourmentées rappellent la lutte contre toute espérance et l'effort surhumain accompli pour sauver au moins l'honneur. La statue de Gambetta a été érigée sur la ligne d'intersection de la place du Carrousel et du jardin intérieur du Louvre, square dont la verdure tranche sur le gris des façades qui l'cnlourent. Ces constructions, grâce aux pavillons qui en rompent la monotonie, sont bien supérieures à celles de la place du Carrousel, dont les détails architecturaux se perdent dans un éloignement considérable.

La Cour Carrée qui vient ensuite est la partie essentielle du Louvre ; les autres n'en sont que le prolongement et l'ajout. Nous nous y arrêterons donc avec quelque insistance, et, pour mieux pénétrer le mystère de cet ensemble architectural, d'une unité apparente, mais en réalité d'une étrange complexité, nous appellerons l'histoire à notre secours.

Le Louvre ancien était de limites très restreintes. Ce n'était, au moyen âge, qu'une simple forteresse destinée à arrêter les envahisseurs venant du Nord. Il avait clé construit par Philippe-Auguste, qui en avait fait comme le symbole de sa suzeraineté et y recevait les hommages tle ses vassaux; les limites de sa grande tour centrale, construite en 1202, et de ses fossés sont marqués sur le sol de la cour du Louvre par des lignes de pierres blanches qui en suivent les conlours. Charles V lit reconslruire magnilHpu'uient les bâtiments d'habitation du château fort, et aujourd'hui encore on peut voir, à côté de la salle des cariatides, une salle basse, une citerne, des blocs réemployés par les architectes de la Renaissance, et portant, encore apparentes, les nuu'ques des tâcherons du moyen âge, enfin et surtout un curieux escalier à vis qui, parlant du rez-de-chaussée, monte dans l'épaisseur de la inui'aiilc jusqu'au dernier étage. Charles V l'avait considérablement embelli en faisant appel au talent de l'architecte Raymond du Temple el du sculpteur Jean de Saint-Romain; mais François l" ne le trouvait plus à la mode, et il voulait, sinon la démolir complètement, du moins se bâtir dans l'enceinte un corps de logis en rapport avec les habitudes de luxe de sa cour brillante. 11 choisit Pierre Lescot comme architecte; celui-ci abattit le donjon central et l'aile occidentale. Henri II fit élever à l'angle sud-ouest l'élégante consLiniction qui demeure

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