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Paris révolutionnaire, par G. I.enùtre

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violemment criinc jeune fille de dix-sept ans, Louise Gély, et l'épousa. ]\Iais les jours de Danton étaient eomptés. Son biographe nous le montre dans sa mansarde de la rue des Cordeliers, « assis, un soir de mars, près du foyer de sa chambre à coucher, le corps penché dans l'àtre, abîmé dans ses réflexions. Parfois il tisonne avec violence. La jeune femme est là, muette, le regardant. Tout à coup, on entend résonner sur le pavé de la rue le pas d'une patrouille qui s'arrête; il y a du bruit dans l'escalier, des jurons, des cris. f)anlon se lève brusquement : « On vient m'arrèter, » dit-il. Louise Gély, blême d'épouvante, entoure de ses bras son mari; lui, frénétiquement, la baise au iront, en lui répétant : « N'aie pas peur, ils « n'oseront'! »

11 y a encore, sur le boulevard Saint-Germain, une ligne d'anciennes maisons à pignons irréguliers, à fenêtres étroites : c'est tout un coté de la rue des Cordeliers, que le hasard de l'alignement a respecté; c'étaient les l'is-à-i'is de Danton. Par la pensée, on se représente ces vieilles façades brutalement éclairées de la lumière des torches, avec, à toutes les croisées, des têtes effarées qui se montrent, qui 's'interpellent, qui s'interrogent; on entend des cris de femme, et, dans la rue, contre ces devantures, au milieu d'un groupe, un homme se retourne et, d'une voix tonnante, crie : « Adieu! adieu! » C'est Danton qu'on emmène...

On dit que loisfpi'il monta les marches de l'échafaud, il eut, en pensant à sa Louise, un moment de faiblesse : « O ma pauvre femme, dit-il, je }ie te verrai donc plus!... « et il s'attendrit; mais tout à coup : « Allons, Danton, pas de fail^lesse! » Et il se raidit pour mourir.

La figure du grand tribun est sympathique par certains côtés; on chercheiail vainement dans celle de Marat ce qui a pu exciter chez quelques-uns cet ciitliousiasme dont nous verrons, notamment à propos de ses funérailles, la bruyante manifestation.

]\Iaral habitait, lui aussi, dans la rue des Cordeliers. Sa maison s'appelait l'hôtel de Cahors; il y occupait au premier étage un modeste appartenu'ut (|ue ])ayait Simone E^ral■d, sa concu])ine. Cette femme de vingtsix ans s'était prise d'admiiation pour l'auteur des ai'licles de VA/iii du pcvpJc, de vingt ans plus âgé qu'elle, et un soir, à la i'enêtrc de leur logis, la main dans la main, ils s'étaient, selon le langage cmi)hatique du temps, juré à la face de l'Etre suprême une union éternelle. Le ménage de Mai-at comprenait encore Catherine, la sœur de son amie, et, à certains moments, sa pi'opre sœur, All)erline Marat, vieille fille d'aspect rude et austère, fort instruite, sachant même le latin.

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