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dans le cachot de Marie-Antoinette; la fenêtre avait été agrandie et munie de vitres multicolores; la porte avait été déplacée. On a fait plus depuis : dans la salle des gendarmes, on a installé un appareil à douciu^s et, ])our la commodité du service, on a mis en communicatiou le cachot (!<■ la reine avec la cellule oii Robespierre fut enfernu' quchpies heures lorstpi'il fui ramené sanglant de l'Ilùtel de ville, la tète enveloppée de linges qui soutenaient sa mâchoire fracassée. (]e j(jur-là, la foule qui avait applaudi à SCS crimes insulta à son malheur; les tricoleuses, se tenant par la main, dansèrent une ronde autour de la charrette (|ui conduisait au supplice h; dictateur vaincu; et qiuuul fut entendu de tous les points de la place de la Révolution le rugissement de di>ul('ur ([ue Robespierre poussa au moment
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OÙ le bourreau, pour ne pas ébrécher le couteau de la guillotine, lui arra- «"ha l)rutalement le bandeau rouvrant sa blessure, un long cri de joie se fit entendre : la foule applaudissait lâchement à la torture infligée à l'homme qui, hier encore, était un dieu pour elle.
Ils étaient bien vengés, lés Girondins, dont Robespierre avait consommé la perte et qui, ironie du sort, avaient passé leur dernière nuit dans la salle, aujourd'hui chapelle de la Conciergerie, immédiatement voisine de la cellule où lui-même, neuf mois plus tard, devait être jeté.
Sans être de grand caractère, l'architecture de la salle des Girondins est belle dans son ensemble. La peinture l'a reproduite dans un tableau fameux, qui nous fait assister au repas que prirent en commun, dit-on, la veille de leur exécution, ces jeunes conventionnels à qui l'enivrement du succès avait fait lommettre de lourdes fautes, mais qui les ont expiées par la mort.
Les députés étaient assis autour d'une table garnie de mets délicats, grâce à la libéralité d'un ami ; la conversation se faisait tantôt plaisante, tantôt grave, suivant le caractère de celui qui parlait. Vergniaud agitait le problème de l'au delà. Sur un banc, enveloppé dans un manteau, était étendu le cadavre de "N'alazé, qui s'était poignardé devant les juges du tribunal révolutionnaire. Aux premières lueurs du jour, la porte s'ouvrit : le geôlier venait faire l'appel des condamnés. Un à un, ils allèrent se placer entre les gardes. Auiune injure ne leur fut épargnée le long du chemin. Arrivés au pied de l'échafaud, ils entonnèrent la Marseillaise. Le même tombereau emporta les vingt et un cadavres.
Cette visite à la Conciergerie terminera notre étude du Paris révolutionnaire, tlont les souvenirs matériels sont d'ailleurs bien effacés. Il n'existe plus trace, par exemple, des salles où se tinrent les grandes assemblées : la salle de manège oii siégèrent la Constituante et, la Législative a été démolie pour livrer passage à la rue de Rivoli; la salle des séances de la Convention, aux Tuileries, a été anéantie par le feu en 1871. En sorte que l'on l'i'oirait presque que le sort s'est acharné à détruire tout ce qui l'appelle celte terrible péiiode de notre histoire.
C'est la raison pour laquelle nous espérons que le lecteur nous saura gré de l'avoir conduit, alors qu'il en était temps encore, dans les jardins du Palais-Royal, dans le quartier de l'École de médecine, au couvent des Carmes et à la Conciergerie.
LiEZ.