P. Odoardo Corsini, Dissertaz. sopra i cenotafi Pisani
nommé où s'entassaient les richesses du monde. L'aspect, pour nous servir de son expression, en était merveilleux. Sur une côte où les atterrissements font de si rapides progrès, il est assez difficile de préciser la position qu'il occupait. Cependant, entre le port de Luna et celui de Populonium la baie de Vada offrait un mouillage si sûr,
Fig. 8. — Carte de Pise et du port.
A San Casciano.
B Badia di San Sayino.
C San Michèle.
D San Pietro a Grado.
B Herculis Fanum.
F Liburnum .
G Lucus Feronite.
qu il était vraisemblable qu'on y retrouverait des vestiges. Targioni déterra, dans ces parages, entre San-Stefano et la Paludella, divers fragments d'inscriptions romaines, des poteries, des médailles et beaucoup de terres cuites. En 1769, l'ingénieur Mazzoni parvint à en établir un plan assez exact à l'aide d'une carte de 1Ù00, empruntée au comte du Gages, général en Italie, d'une autre carte
que lui communiqua Targioni, et enfin d'après un tableau du port sous Côme I er .
Selon ce plan (voir fig. 8 et 9) le port se trouvait entre Livourne et l'embouchure du Calambrone (caput Lambronis ou Liburnum). Une anse s'ouvrait à gauche de Livourne, au fond de laquelle on apercevait tout d'abord la célèbre ville de Triturrita ou Turrita, assise sur une presqu'île artificielle formée de pilotis 1 . Selon l'expression de Rutilius, chaque habitant, avant d'élever sa demeure, était obligé d'en créer le sol (pi. lxv). A côté de cette ville, débouchait la rivière Cigna, que la via Emilia traversait sur un pont. Toute la côte du golfe, depuis Turrita jusqu'à Livourne, était occupée par des habitations qui bordaient la via Emilia. Une* seconde rivière se jetait k cet endroit dans la baie. La route passait ensuite un canal sur un pont-levis et entrait 2 à Liburnum, ville solidement fortifiée, flanquée de deux citadelles, l'une du côté de terre, l'autre vers la mer, qui défendaient l'entrée de la rade.
A droite du golfe le Galambrone, par l'intermédiaire d'un canal, mettait le port en communication avec la ville; ce canal s'ouvrait sur TArno à un quart de mille au-dessous de Pise et rejoignait ensuite le Calambrone qui se jetait dans la rade 3 . Aujourd'hui encore, près de Pise, en dehors de la porta al Mare, dans un endroit appelé Svolta y ou communément Alberetti y on retrouve les restes d'une grande écluse; c'était le commencement du