LE DOME
BUSCHETTO. — RAINALDO.
Origine du Dôme (10G3) . — Dès les premières années du xi e siècle, la puissance des Pisans se manifestait d'une manière brillante dans des expéditions en Sardaigne, en Calabre et en Sicile, contre les Maures et les Sarrasins. En 1030, ils chassent les Maures de Carthage ; de 1035 à 1051, ils conquièrent Lipari, la Corse et l'île d'Elbe, et détruisent ces repaires de brigands qui inquiétaient leur commerce. Confiants dans le succès de ces expéditions glorieuses, ils déclarent la guerre aux Sarrasins de Païenne. En 1063, l'armée part sous* les ordres du comte Orlandi.. On commence le siège de la ville, dont les remparts résistent longtemps aux machines et aux efforts des assiégeants. Enfin ceux-ci, tournant leur attaque du côté du port, finissent par le forcer. Pour prix de leurs fatigues et du sang qu'ils venaient de verser, ils y trouvent
d'immenses richesses dont ils remplissent six navires entiers, et qu'ils rapportent triomphalement dans leur patrie. D'un commun accord, tous les citoyens décident d'élever, avec ce prix de la guerre, une somptueuse église qui demeurât comme un hymne d'actions de grâces au Dieu qui leur donnait la victoire , et comme un pieux trophée de leur gloire.
Ces trésors permettaient de rendre somptueusement la belle pensée qu'ils avaient fait naître, et de surpasser en grandeur comme en magnificence les sanctuaires construits en Italie depuis Constantin; ils donnaient lieu au plan, d'une vaste basilique.
On comprend que la ville elle-même, telle que nous avons essayé de la décrire, était trop restreinte pour un tel monument, et qu'il fallait choisir en dehors un emplacement assez étendu 1 .
Emplacement du Dôme. — Sur les fondements des thermes d'Adrien, dont les ruines existaient encore, s'élevait une vieille église du iv e siècle , sous le vocable de Santa-Reparata-in-Palude, qu'on démolit pour faire place à la cathédrale. Par une singulière analogie, une église dédiée à Santa -Reparata fut aussi démolie à Florence, sur l'endroit où l'on bâtit Sainte-Marie-des-Fleurs.
Époque de la construction. — Alexandre II était souverain pontife, Henri II, empereur et Guidone de Padoue était évêque de Pise, lorsqu'en 1063 on jeta les fondements de l'édifice.
4. Sull'uso di costruire alcune antiche Basiliche fuori délie Mura, "V. Muratori, Anecd. grœcolati?ia, t. XII, p. 364.
Cette date est clairement indiquée dans l'inscription qu'on lit sur la façade, qui rappelle à la fois la fondation de l'église et la victoire qui en paya la construction.
Morrona l'a transcrite ainsi :
Anno quo XPS de Virgine natus ab illo ; Transierant mille decies sex tresq. subinde; Pisani cives celebri virlute potentes; Istius eccles. primordia darit inisse * ; Anno quo Siculas est s toi us factus ad oras; Qïï simul armati multa cum classe profecti ; Oms Majores, Medii pariterque Minores; Intendere viara prima sub sorte panormâj Intrantes rupta portû pugnando catena ; Sex capiunt magnas naves opibusque repletas, Unam vendentes, reliquas prius igné cremantes; Quo pretio muros constat hos esse levatos; Post hinc digressi paru terraque potiti, Qua fluwii cursû" mare sentit solis ad ortum; Mox equitum tba peditû" comitante caterva, Armis accingunt sese classemque relinquunt, Invadunt hostes contra sine more furentes; Sed prior incursus mu tans discrimina casus; Istos victores, illos dédit esse fugaces Quos cives isti ferientes vulnere tristi, Plurima F portis straverunt mi lia morli, Conversiq. cito tentoria litore fîgunt; Ignib. et forro vastantes omnia circum ; Victores victis, sic facta cède relictis, Incolunies multo Pisâ rediere triumpho.
Aucun monument ne garde sur ses pierres d'histoire aussi précise de son origine.
Plan et construction (pi. x), — Le plan sur lequel est assise la cathédrale ne paraît pas être exactement