‹ Les monuments de Pise au moyen ageChapitre 32 sur 44 · a Biduino a fait habilement l'ouvrage que tu vois · texte numérisé non relu

a Biduino a fait habilement l'ouvrage que tu vois

SCULPTUM.

de Lazare, et dont nous donnons le fac-similé (fig. 36).

Le saint ressuscité sort du sépulcre environné des bandelettes dont on enveloppait alors les morts à la manière égyptienne; il est grossièrement représenté, et l'incohérence de la composition la rend difficile à comprendre.

Mais en suivant vers la droite on trouve plus de noblesse et de simplicité; les apôtres tenant des palmes à la main accompagnent bien la figure divine; le dessin est bon pour Tépoque , et la date qu'on lit sur le filet de la cymaise donne à ce bas-relief une grande valeur historique :

Undecies cèntum et octoginta post anni tempore quo Deus est fluxerant de virgine natus 1 .

Fig. 36. — Inscription dans un

bas- relief au-dessus de la pot te de

l'église San-Cassiano.

Bonnano. — Nous sommes déjà loin du temps où le pape Alexandre II, pour les portes de bronze de Saint- Pierre, se voyait obligé de recourir aux fondeurs et aux artistes de Constantinople ; nous voyons à la fin du

4. Onze cent quatre-vingts années s'étaient écoulées depuis le temps où Dieu naquit d'une vierge.

xii e siècle Pise, au lieu d'implorer le secours des arts étrangers, prêter la main de ses sculpteurs à ces mêmes pays d'où elle tirait naguère ses modèles. Ce fait est caractéristique de la supériorité qu'elle possédait dès lors dans cet art. Aussi nous lisons avec un vif intérêt sur la partie inférieure de la porte principale de la chapelle royale à Palerme 1 cette inscription qui nous montre le nom de Bonanno célèbre loin de sa patrie :

A. d. mcxxcvi. m, ind. Bonannus civis Pisanus me fecit.

On sent ici que l'illustre sculpteur eut un peu de la fierté du civis romanus en insistant sur sa qualité de citoyen pisan, titre si glorieux pour lui qu'on le retrouve dans la singulière inscription du campanile écrite à l'envers (pi. xxn). On remarquera une fois de plus, devant ce curieux monument, la destinée de ces anciens arts qui se reflétaient sur tous les rivages de la Méditerranée, comme des miroirs se renvoient successivement les rayons de la lumière dont ils sont frappés.

Bonanno, six ans auparavant, avait fondu pour le dôme de Pise une porte que l'incendie a détruite; mais nous y voyons encore une autre porte de bronze dont la similitude avec celle de Palerme nous fait croire qu'elle est du même auteur (pi. l). Cette porte est placée à l'est; au lieu de simples traits dessinés en creux, comme on faisait au x e siècle, elle garde l'empreinte d'un art plus avancé. La composition générale est bien entendue et quelques-

\. Hittorf, Architecture de la Sicile.

uns des sujets font prévoir déjà le charme qu'une exécution soignée leur donnera plus tard. Ainsi dans le tableau de l'Ascension on reconnaît le principe des deux scènes terrestre et céleste qui nous enchantent devant les tableaux d'Orgagna, à la dispute du Saint-Sacrement ou à la Transfiguration de Raphaël. On retrouve dans ces différents compartiments les nimbes, les tabernacles mystiques, les poses des grandes mosaïques, naïves ébauches des chefs-d'œuvre que nous admirerons dans la suite.

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