ORIGINE GRECQUE
Héritiers directs des Romains, les Pisans eurent d'autres maîtres et subirent des influences plus lointaines; c'est surtout d'Orient et de Constan-
tinople qu'Us tirèrent leurs principales inspirations.
On sait que les arts romains, violemment transportés à Byzance par Constantin, ne tardèrent pas à s'altérer au contact de l'Asie et à y subir de grands changements. La révolution avait été si rapide, qu'au v e siècle, sous le règne de Justinien, on vit s'élever les coupoles de Sainte-Sophie qui marque l'abandon du plan des basiliques.
Dès les v e et vi c siècles, le style inauguré si magnifiquement par Sainte-Sophie, et auquel on donna le nom de Byzantin, ce style envahissait les> côtes orientales de l'Italie et y faisait surgir Saint- Vital de Ravenne, Saint-Marc de Venise. Soit que les luttes continuelles que l'exarchat de Ravenne eut à soutenir contre les Lombards, jetés en Italie comme une barrière contre la civilisation orientale, l'empêchassent de se répandre , soit que le goût n'en fût pas apprécié par les Italiens, ce style resta éloigné de la Péninsule, jusqu'au jour où les Pisans le ramenèrent sur leurs vaisseaux victorieux. C'est alors que l'architecture orientale se présenta de nouveau aux portes de l'Italie, non plus comme au vi e siècle, c'est-à-dire au milieu des désastres de la guerre et devant des peuples barbares et ennemis de Byzance, non plus comme au temps de Charlemagne, protégée par un caprice et par une prévision de génie,
mais devant des peuples riches, devant des esprits rajeunis, ardents de nouveauté et qui l'accueillirent avec transport 1 .
Le signe caractéristique de cette nouvelle influence fut l'association de la coupole avec la basilique; il s'en suivit une modification sensible dans la simplicité de ce plan, et on fut forcé, pour contre-bouter cette masse centrale , de construire une autre nef perpendiculaire à la première , disposition qui assurait la solidité de l'édifice, et présentait l'avantage de figurer la croix.