‹ Les monuments de Pise au moyen ageChapitre 7 sur 44 · ORIGINE ARABE · texte numérisé non relu

ORIGINE ARABE

L'origine grecque est incontestable, comme on le voit : mais si le style pisan dérive d'abord du romain et du byzantin, il nous faut encore, devant des analogies frappantes, admettre l'influence profonde que l'art arabe exerce sur lui, influence introduite par les* croisades et le commerce.

L'hégire correspond à l'année 620 de notre ère, et dès l'année 786 les Arabes étaient déjà si florissants en Espagne, qu'ils construisaient l'ad-

1 . Mémoire de M. Vitet sur l'architecture lombarde. ( Revue française, juillet 1830.)

mirable mosquée de Cordoue; il est donc nature], lorsqu'une si vaste étendue de rivages se trouvait sous leur empire, de penser que les flottes pisanes en rapportaient des modèles et de nouvelles formes pour leurs monuments. C'est surtout en Sicile et à Palerme 1 , dont la conquête fut si importante à ce point de vue, que les Pisans puisèrent de riches éléments.

En effet, pendant un règne de 250 ans (828- 1089), les Arabes élevèrent de nombreux édifices, dont le caractère est déterminé par l'adoption de l'arc aigu. A Palerme, le séjour favori de* leurs émirs, on remarque le Palazzo-Reggio, le bâtiment de la Cuba, le château de la Ziza, l'ancienne mosquée de la Ziza, les bains de Celafa, qui portent un cachet singulier de ressemblance avec l'architecture de Pise. Le pont de l'Amiraglio, sur l'Oreto, a dû inspirer les constructeurs des ponts de Pise, et date de la fin du xi e siècle ou du commencement du xn e . Le clocher de S.-M. -l'Amiraglio, dont la partie inférieure est de l'origine de la mosquée, rappelle, par ses fenêtres ogivales, beaucoup d'édifices que nous aurons à passer en revue dans cette histoire. L'arc aigu, contenant les deux arcades jumelées, les retom-

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