Lanciani, Scavi, vol. I, p. 181. 6. Homo, p
4. Arch. S. Vat. Div. Camcr,, vol. 78, fol. 38. 7. Memorie dans Nardini, Roma anltca, Rome, 1820, vol. IV.
5. En 1731, on en usait de même, mais le travail avançait 11 composa ses Mémoires en 1594.
l'église; sur le mont Tarpéien, derrière le palais des Conservateurs, on découvrit des pilastres de marbre statuaire et des chapiteaux si énormes que dans l'un, il tailla un lion que le grand-duc Ferdinand (de Toscane) plaça dans son jardin de la Trinité (du Mont, villa Médicis). Près du « Frontispice de Néron», furent trouvées des colonnes de neuf palmes (2m. 50) de diamètre, les plus belles qu'on ait jamais vues; on les utilisa de diverses manières; avec une base, on fit une vasque pour la place Giudea; avec d' autres morceaux, on fabriqua la façade de la chapelle Cesi dans l'église Sainte-Marie-Majeure ; le maître de Vacca, Vincenzo de Rossi, tira du reste toutes les statues de prophètes qui sont dans la chapelle du grand-duc, dans Santa Maria délia Pace. Ailleurs Vacca dit qu'on retira des thermes de Titus, près de Saint-Pierre-aux-Liens, « des corniches superbes qui furent transportées dans l'église Del Gesù pour en orner une chapelle 1».
Combien paraissent mesquines les œuvres que l'on façonnait ainsi aux dépens des anciennes, ces balustrades tirées tout entières d'une colonne, ces lions ou ces écussons taillés dans un chapiteau ! Quelle déchéance et quel apetissement ! Il est vrai qu'en compensation Michel-Ange taillait alors son Moïse et que Saint-Pierre s'élevait ! La liste est longue des destructions accomplies sous les yeux de Vacca. D'autre part, en lisant, dans les Mémoires de Vacca, la nomenclature des découvertes de statues et de bas-reliefs faites en son temps, on conçoit que les chiffres que donnent les anciens auteurs touchant le nombre des statues qui existaient à Rome n'avaient rien d'exagéré et que s'il n'y en avait pas « autant que d'habitants», du moins la ville devait en être pleine. Tantôt isolées, tantôt par groupes, on en trouvait, ce semble, toutes les fois que l'on creusait le sol. Dans les cent vingt-deux paragraphes de ses Mémoires, il en est cent environ dans lesquels il est parlé de trouvailles de statues, et ces souvenirs ne s'étendent que sur un assez court laps de temps.
« Je me rappelle, dit-il, par exemple, avoir vu exhumer dans les thermes de Titus où est actuellement le monastère de Saint-Pierre-aux-Liens, tant de figures de marbre et d'ornements d'architecture que de les énumérer serait impossible, et qu'on se noierait dans le détail 2. »
La plupart de ces statues demeuraient à Rome, où les collectionneurs en enrichissaient leurs collections et en embellissaient leurs palais, mais un assez grand nombre néanmoins passaient à l'étranger.
On trouva, rapporte Vacca, dans le jardin du capitaine Mario Spiriti, sept têtes de Sabines très belles et dont les coiffures étaient des plus bizarres, et un bas-relief représentant des bacchantes et des joueurs de fifre ; le cardinal de Montepulciano les envoya au roi de Portugal, mais le navire qui les portait fit naufrage en route. Il en fut de même de plusieurs colonnes d'albâtre achetées par le cardinal et que « la mer envieuse engloutit3 ».
I. D'autre part, Vacca s'occupait de restaurer les antiquités. dus sur ce travail. Mand. Camer., 1587-1589, fol. 96; an. 1590,
Le 18 février 1589 il fut versé 200 écus à Flaminio Vacca, à fol. 21.
Pietro Paolo Olivieri et à Leonardo Sormanni, acompte pour la 2. Vacca, Memorie, § ir6.
restauration des chevaux de Montecavallo. Le 10 mars r590, il 3. Vacca, Memorie, §50 et 58 : « La Fortune en fit cadeau à la
leur fut remis 1 000 écus pour solde des 1 800 écus qui leur étaient mer » . Toujours la même note de raillerie.
En dehors de la Porte Portese, dans la vigne de Antonio Velli, on trouva un « Pasquin » sur un piédestal, avec un « gladiateur mourant dans ses bras » ; la tête et le buste manquaient au « Pasquin », mais le gladiateur était entier. Quand le grand-duc Cosmc vint se faire couronner à Rome, il l'acheta au prix de 500 ducats et l'envoya à Florence avec une autre statue venant du mausolée d'Auguste et que lui vendit Paolo Soderini *.
Près de Sainte-Marie-Majeure, en faisant des fouilles, Leone Strozzi découvrit, au milieu du xvie siècle, sept statues doubles de la grandeur naturelle que l'on donna à Ferdinando, grand-duc de Toscane, alors cardinal à Rome ; la plus belle était un Apollon que Vacca restaura et que le cardinal plaça au pied du grand escalier de son palais devenu depuis la Villa Médicis 2.
Fabia Galgano trouva un vase d'albâtre si transparent et si fin qu'en mettant une lumière derrière le vase on voyait au travers ; on n'aurait pu, même en terre cuite, faire des parois plus minces. Le grand-duc Cosme l'acheta avec d'autres antiquités 3.
Ces destructions et ces exportations durèrent tout le siècle4. La pierre tombale du duc de Melfi dans Santa Maria del Popolo fut taillée dans une corniche des thermes d'Agrippa ; quelques colonnes du Portique de Pompée fournirent le granit nécessaire pour l'église Sant' Andréa délia Valle ; avec les chapiteaux et les colonnes du temple de Jupiter Capitolin on décora la chapelle Cesi dans Santa Maria délia Pace; on employa le marbre des colonnes du temple du Soleil au Quirinal à l'ornementation de la chapelle Cesi dans l'église de Sainte-Marie-Majeure; avec les piédestaux des mêmes colonnes on construisit la fontaine qui était primitivement place du Peuple et qu'on a transportée au Janicule, ainsi qu'une autre fontaine place Giudea; du temple de Claudius sur le Caelius, on tira les chapiteaux de l'église Santa Maria degli Angeli 5.
Du cirque de l'Agone vinrent les travertins de la façade de San Niccolô de Lorensi, du mausolée d'Hadrien les marbres de la chapelle grégorienne de Saint-Pierre; du mausolée dit de Sylla près de Santa Maria de' Miracoli, les tours qui flanquaient la porte du Peuple; de la Maison Dorée de Néron, les marbres d'une des chapelles de l'église du Gesù6. La cour de l'église San Teodoro fut pavée avec du porphyre trouvé à l'Emporium, la place du Capitole avec du travertin pris au Panthéon 7....
Les thermes de Dioclétien subirent la loi commune et, étant très vastes puisqu'ils mesuraient près de quatorze hectares de superficie, ils servirent longtemps de carrière et furent partiellement transformés en églises, en greniers d'abondance, en prison et en monastère.
En 1584, la porte Settimiana (Septimiana), située au Transtévère, possédait
1. Vacca, Memorie § 97. Il ne s'agit pas, bien évidemment, du 5. Lanciani, Vicende edillzie di Roma.
véritable Pasquin découvert en 1501. 6. Voir dans Bartoli, Cenlo Vedule, pi. 66 et 67, la repro-
2. Ibid., §42. duction de deux dessins de Dosio représentant les thermes de
3. Ibid., § 102. Caracalla avec une colonne; peut-être serait-ce celle qui fut
4. Voir, sur les exportations d'objets d'arts et d'antiquités, le transportée à Florence ; Dosio travaillait vers 1550. chapitre suivant. 7. Voir la monographie de ce monument.
,s MONUMENTS DE ROME.
encore quatre (donnes que le pape Grégoire XIII fit transporter eeltc année-là dans l'église Saint- Pierre pour en orner la chapelle qui porte son nom. Le transport coûta 124 écus. Un peu auparavant, on avait amené au Belvédère des tronçons de colonnes exhumés au Montegiordano, c'est-à-dire à l'emplacement qu'occupait, croit-on, au Champ de Mars, l'amphithéâtre de Statilius Taurus1
1. Archiv. ii Slalo, Ronut, Fabbrieht * Gregprio XIII, 1583-1585, fol. n et 14.