Archiv. Seg. Vaticano, Arm. VI, cap. X, 10S, fasc
Monuments de Rome
L'obélisque d'Auguste1, qui n'a que 23 mètres, était primitivement destiné :'i IV li < Santa Croce in Gerusalcmme, mais, le pape ayant décidé d'élever l'église de Santa Maria del Popolo au nombre des églises privilégiées, au même titre que les sept églises de Rome, il lui sembla que, pour en orner les abords, il convenait d'y dresser cet obélisque. Dès que la translation de l'obélisque du Latran eut été achevée, Fontana s'occupa de cette quatrième opération. Cet obélisque, qui mesurait 29 mètres, dut être raccourci à cause du mauvais état de la base, en sorte qu'il ne mesure plus que 23 mètres et demi 2 (1 mètre de plus que celui de Paris). L'opération fut terminée le 25 mars 158g. Comme les autres, il fut purifié solennellement et surmonté d'une croix3.
Dépenses faites pour l'érection de l'obélisque 4 :
Don du pape à Matteo (Bartolini) di Castello, maçon, pour la découverte de
l'obélisque écus 300
Au chevalier Fontana pour l'exhumation de l'obélisque 1 932
Au même pour le transport, la restauration et l'érection 8 926 écus réduits par
le pape à 8 000
Transport de quelques pierres 67
Total 10 299
On construisit d'abord autour de l'obélisque une fontaine qui fut remplacée par quatre sphinx jetant de l'eau.
Durant l'été de 1715, l'obélisque fut frappé de la foudre ; le Conseil communal s'adressa au pape pour qu'il réparât le dommage causé au piédestal, et le pape répondit favorablement dans un chirographe daté du Ier août 1715. Les crampons de fer furent fournis par Giacomo Vischi et le travertin nécessaire fut emprunté au « Vénérable Collège des Prêtres de la Minerve», c'est-à-dire aux ruines des thermes d' Agrippa que possédait, derrière le Panthéon, cette confrérie 5.
Sixte V aurait voulu placer l'obélisque « solaire » sur la place des thermes de Dioctétien en détruisant, pour faire place nette, « quelques-unes des ruines »; ce projet ne fut pas réalisé 6.
Il n'était question que d'obélisques et chacun voulait avoir le sien. En 1582, le Conseil communal avait abandonné à Ciriaco Mattei l'obélisque qui se dressait au Capitole, depuis bien des siècles, entre le palais sénatorial et l'église Santa Maria d'Aracceli et qui figure sur tant de réprésentations de ce lieu, à côté du palmier légendaire 7. Sur l'ordre de Paul III, cet obélisque avait été déplacé mais peu après il était tombé, et c'est pourquoi le Conseil avait accueilli la demande de Mattei. Celui-ci le fit transporter dans sa villa du mont Caelius où on le voit encore. C'est un petit obélisque
1. F. Cancellieri, Mercato e Lago, p. 174. Gr^evius, vol. IV, 4. C. Fea, Miscellanca, Rome, 1836, vol. II, p. 2, documents p. 1858. Bertolotti, Artisli Lombardi..., p. 75. Fea, MisceÙa- tirés de l'Archiv. Seg. Val., Arm. VI, cap. x, 108, fasc. XI.
nea, Rome, 1836, vol. II, p. 4. Angelo Maria Bandeblo, De 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 57, fol. 251; vol. 15, fol.
Obelisco Ca saris Augusti, Rome, 1750. 39, 53, 70, 93.
2. Mercati, p. 389. Vuir pi. 23 et 46. 6. Voir plus loin, chapitre Obélisques.
3. Petrus Angélus Barceus, De Obelisco, dans GR.EVIUS, 7. Surtout dans le dessin de Heemskerck, fol. 11 r., dans la publi- Thesaurus Antiq. Rom., vol. IV, col. 1906. Cf. Insc.surle piédestal cation Die R>mische>i Skizzenbàcher von Heemskerck, Berlin, 1913
que l'on dut surélever considérablement ; il portait au xvme siècle le nom de Matteiano l.
En 1820, le Prince de la Paix Godoi, devenu propriétaire de la villa, fit renforcer la base de l'obélisque qui menaçait ruine ; il fallut pour cela le soulever ; or, un câble s'étant rompu pendant qu'un ouvrier travaillait au socle, le monolithe retomba de tout son poids sur son bras ; on ne put le dégager et l'on dut faire sur place l'amputation ; en sorte que les os broyés du malheureux se trouvent encore entre l'obélisque et son piédestal 2.
Le Conseil communal avait donné à Mattei le monolithe, mais semble avoir gardé la sphère de bronze qui en ornait le sommet ; c'est peut-être elle que l'on voit au Musée à côté de celle de l'obélisque de Saint-Pierre. Longtemps oubliée, elle fut placée sur une colonne milliaire de la voie Appienne et ne réintégra le Capitole qu'après 1870.
La colonne de Marc-Aurèle (Antoninus) , dite Antonine, et la colonne Trajane étaient en fort mauvais état3 ; quantité de pierres manquaient et on pouvait en craindre l'effondrement ; Sixte V s'occupa de les restaurer. Les travaux durèrent assez longtemps, car il fallait remplacer nombre de pierres dont la plupart portaient des sculptures ; en outre, le pape voulut placer au sommet de chaque colonne une statue, celle de saint Paul sur la colonne Antonine, celle de saint Pierre sur la colonne Trajane 4.
COLONNE ANTONINE (de M ARC-AURÈLE) .
Compte présenté par Domenico Fontana et le métreur Rocchi et approuvé par le pape.
Résumé :
A Fontana écus 5 500
A Silla Longo et autres 5, sculpteurs 1 535
A Fontana pour la statue 1 942
A Ant. Mambrilla, ferronnier 535
A Pietro, charretier 9
Total 9 521
Détail :
Pour le château (l'échafaudage) construit autour de la colonne écus 460
Pour le transport de la statue de saint Paul amenée dans une charrette à huit
colliers 25
Pour l'échafaudage destiné à placer ladite statue lequel dut être refait parce que la première fois la statue faisait face à la place du Peuple et que le pape voulut
ensuite qu'elle fût tournée du côté de Saint-Pierre 350
Pour la dorure de la statue qui est plus grande que celle de saint Pierre 165
Pour le socle de la statue en travertin du Settizonio 88
Total 1 08S
1. Voir Domenico Amici, Raccolta di Trenla Vedute..., Rome, 4. Dr Fr. Cerasoli, I Restauri aile Colonne Anloniana e Tra- 1840. jana, dans Bull. Corn. Arch. Coin. Romana, 1896, p. 179. Ciaccone,
2. C. Maes, Curiosità Romane, Rome, 1885, P. I, p. 89-91 . Colonna Trajana, Rome, 1680. Cf. Aless Donati, Roma vêtus, Cancellieri, Mercalo, p. 164, n. 4. Voix pi. 20. Amsterdam, 1695, 242. Voir pi. 14 et 24.
3. En 1583,1e Conseil communal avait décidé que le produit de 5. Longo, Sormanuo, Pietro délia Motta, de Blanchis... qui tracertaines taxes serait consacré à sa restauration. Arch. SI. Capil., vaillèrent à restaurer la colonne, étaient tous des Lombards. Voir Cred. I, vol. 38, fol. 429. Bertolotti, Arlisli Lombardi a Roma, Milan, 1881.
Suit une énumération minutieuse de tous les blocs remplacés avec le détail des figures qui s'y trouvaient sculptées ; il y avait vingt-neuf blocs. Les sculpteurs demandèrent 1 635 écus pour ce travail, le pape leur en accorda 1 335 qui leur furent payés le 15 juillet 1589.