STATUE DE SAINT PIERRE SUR LA COLONNE TRAJANE, SEPTEMBRE
Premier modèle de « craie » destiné à fixer les dimensions de la statue, payé à Sormanno et à Tomaso délia Porta écus 65
Autre modèle destiné à faire le moule 170
Premier modèle en plâtre 150
Cire destinée au moule go
Ces deux statues furent estimées par deux experts qui ne purent se mettre d'accord; un arbitre fut choisi qui les évalua à 550 écus ; Fontana réduisit ce prix à 475 écus.
Les frais de transport, de mise en place, d'installation des piédestaux montèrent à 854 écus1.
En vue de se procurer du métal, le pape fit fondre deux canons venant l'un d'Ostie, l'autre de Civitavecchia ; il employa aussi le bronze des portes de plusieurs églises. Il semble même, si l'on en juge par la quantité de métal qu'il réquisitionna de la sorte, qu'il dut en consacrer une partie à d'autres usages. Ainsi on enleva deux portes à l'église Santa Agnese hors des Murs, portes évidemment anciennes, qui furent conduites à la fonderie du château Saint-Ange ; comme elles se trouvaient en partie enterrées, il fallut d'abord les dégager ; on brisa le chambranle qui était de marbre ; ce travail coûta 12 écus. Les portes pesaient 6 185 livres. On fondit également un canon de 2 690 livres ; il en coûta 4 écus. On prit au Panthéon un fragment de pilastre en bronze antique du poids de 2 630 livres : coût 3 écus ; des portes de métal à Saint- Jean du Latran du poids de 2 800 livres : coût 5 écus; une porte qui était «sous le portail de Saint-Pierre et une autre sous la statue de saint Pierre», du poids de 18 225 livres: coût 6 écus; celles-ci furent conduites à l'église Madonna deUa Febre puis de là au château Saint-Ange ; au total, 32 350 livres moyennant 30 écus (pour le transport) 2.
Mais, pour accomplir les nombreux travaux qu'il avait entrepris au Vatican, à Saint- Pierre, au Latran, à Sainte-Marie-Majeure, refaire, paver ou percer tant de rues, restaurer plusieurs aqueducs, élever tant d'édifices nouveaux, Sixte V dut sacrifier maint autre vestige de l'antiquité. Il ne semble pas, à dire vrai, qu'il y ait eu grand scrupule.
1. L'architecte Camillo Agrippa aurait voulu soulever la colonne année 1889, n. 87-98 (n. 42), p. 13. Des inscriptions rappelèrent et la mettre au niveau du sol actuel ; onprêtaaux Français, durant l'œuvre du pape et le nouveau triomphe de l'idée chrétienne, l'occupation de Rome, la pensée de la transporter à Paris. Cracas, 2. Archiv. di Slato, Roma, Mand. Camer., 1587-1589, fol. 27-36.
C'était un homme pratique qui tenait à aboutir. Le cardinal Giulio Antonio Santorio raconte, dans son autobiographie, qu'informé du dessein qu'avait formé le pape de faire abattre le Janus, le Septizonium, l'arc admirable de Septime-Sévère dit des Orfèvres au Vélabre et le tombeau de Cccilia Metclla pour se procurer des matériaux, il se rendit auprès de lui en compagnie de plusieurs personnages considérables afin de le détourner de ces destructions, mais Sixte V lui répondit qu'il estimait, au contraire, très expédient de faire servir des ruines qu'on ne pouvait avoir l'espérance de sauver, à en restaurer d'autres susceptibles d'être conservées l. Et, de fait, le raisonnement ne manquait pas de logique.
En 1587, le pape mandate deux payements, l'un de 40 écus, l'autre de 60 écus, à un entrepreneur de transport pour des pierres prises dans la vigne du pape Jules III et autour d'un arc situé près de l'église San Paolo.
C'est cette même année que fut décidée la démolition du Janus, qui heureusement ne fut pas accomplie (30 novembre 1587) ; Fontana reçut l'ordre de prendre une colonne qui gisait rompue en deux morceaux, afin d'en « faire le ciboire au-dessus de l'autel » dans la chapelle du pape à Sainte-Marie-Majeure; d'autre part, trois colonnes qui étaient engagées dans la muraille d'une maison appartenant à un chanoine et située sur la place du Latran, devaient être enlevées et servir à divers travaux ; en même temps Sixte V faisait don, comme on l'a dit, aux conservateurs de la sphère de bronze qui surmontait l'obélisque du Vatican 2.
La principale œuvre de destruction accomplie par Sixte V fut la démolition du Septizonium, dont il restait encore un vestige intéressant au début de son pontificat 3; les gravures du milieu du xvie siècle montrent les trois étages de délicates colonnes 4 qu'un miracle avait conservées avec leur élégant entablement et leur base ; l'abondante végétation qui en embroussaillait le sommet n'avait pu en disjoindre les pierres.
Le Septizonium s'élevait au pied du Palatin ; son sommet atteignait ou surpassait peut-être le niveau de la colline ; voisin du cirque Maxime, il faisait face à la porte Capena ; Septime-Sévère et Caracalla l'avaient construit dans les dernières années du 11e siècle et il avait été inauguré en 203 ; d'une longueur totale de 90 à 95 mètres, on pense qu'il était formé de trois exèdres ornés de statues et de fontaines jaillissantes ; les parties saillantes avaient quatre colonnes, la partie centrale en avait cinq. Le nombre des étages devait être de trois 5. Une statue colossale avait été dressée devant le monument6. Son nom, dont on ne peut guère débrouiller l'origine7, intrigua fort les
1. G. Cvgnoni, Vita del cardinale Giulio Antonio Santori, ditto liste des principales représentations du Septizonium, dont la plus il card. S. Severina, composta da lui medesimo. Archiv. Soc. Rornana ancienne de Giorgio Martini de Sienne (1439-1502).
di Stor. Patria, 1890, vol. XIII, p. 181. 4. Scamozzi, qui les vit, dit que celles de la rangée supérieure
2. Mand. Çamer., 1587-1589, fol. 43. surtout étaient admirables de proportions.
3. Stevenson, Il Settizonio Severiano, dans Bull, délia Corn. 5. Il semble bien que le monument n'eut jamais que les trois Arch. Coin, di Roma, 1888, fasc. 8, p. 269. Ch. Huelsen, Das étages qui existaient encore au xvi8 siècle ; l'épaisseur des murs Septizonium Sechsundviefzigstes Programm zum Winkelmannsfeste, n'aurait pas permis qu'il fat plus élevé. Voir Huelsen, p. 14. Berlin, 1886. Alf. Bartoli, / Documenti per la Sloria del Settizonio 6. Canina, Roma antica, p. 263. La restitution que donne Louis Severiano, Rome, 1909. Lanciani, Ruins, p. 181. Homo, p. 518. de Montjosieu (Demontiosius), Roma: Hospes, Rome, 1585, p. 12, H. Grisar, Roma..., part. III, Rome, 1899, p. 9, note 1. Mass, semble la plus vraisemblable.
Die Tagesgotter in Rom, Berlin, 1902 p. 106. Huelsen donne la 7. Peut-être vient-il d'une division intérieure du monument,
LA C()L(>.\ XI: I XTOXJXI:
L\ COLONNE ANTONINE (DE MARC-AURÈLE) . LE TEMPLE DE NEPTUNE (ACTUELLEMENT LA BOURSE) ET LA PIAZZA DI PIETRA.
Gravure de Du Pérac (1575), pi. 34.
tcli
mi -r-