‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 32 sur 83 · Voir pi. 28 et · texte numérisé non relu

Voir pi. 28 et

3. Homo, p. 155. Moroni, Diz., vol. 5, p. 38 ; vol. 14, p. 314. 7. Mauro, Le Antichità..., Venise, 1562, p. 94. Aldroandi,

4. Pogge, De Varietate Forlunœ, Paris, 1723, vol. I, p. 20. Délie statue antiche, Venise, 15561 P- 3'4-

5. Mercati, DegliObeliscki, p. 178 et 264. Fulvio, Le Antichità, 8. Diario, Il Cracas, ad an.

go MONUMENTS DE ROME.

tinori l. Le 20 juillet, les autres fragments ayant été de même exhumés, le tout fut amené sur la place du Quirinal. Il y avait longtemps que l'on pensait à y placer un obélisque ; dès 1685, Cornelio Meyer proposait d'y dresser l'autre obélisque du mausolée d'Auguste, celui qui avait été amené à Sainte-Marie-Majeure 2.

L'ancien piédestal ne pouvant être utilisé, il fallut en trouver un autre, et le pape songea à celui qui avait été mis au jour depuis longtemps près de la demeure des Pères Augustins de San Lorenzo in Lucina, au lieu dit La Vignaccia; ce piédestal n'était autre, par conséquent, que celui de l'obélisque solaire qui fut élevé dix ans plus tard sur la place de Monte Citorio. Il était en granit très clair, mais peu importait.

Il fallait déplacer les deux groupes de cavaliers qui se trouvaient à côté de la fontaine du Quirinal, afin de pouvoir dresser entre eux l'obélisque3 ; l'opération commença à la fin du mois d'août 1783 ; elle faillit échouer ; un des câbles destinés à tirer les statues se rompit, et aussitôt tous les ennemis de l'architecte de déclarer qu'il allait briser ces chefs-d'œuvre et qu'on devait suspendre ou confier à d'autres le travail ; on faisait remarquer que l'anagramme de son nom était Non tirai et l'on en déduisait qu'il lui serait bien impossible de « tirer » les groupes. Le pape ne se laissa point émouvoir; le 16 septembre (1783), devant une grande assistance dans laquelle figuraient quantité de nobles, le second groupe fut, à son tour, déplacé et disposé comme il convenait ; le pape suivit l'opération d'une fenêtre de la Consulta 4.

Quelques malveillants transformèrent l'inscription que portait le piédestal d'un des groupes : Opus Pkidiœ en Ofius Perfidise PU Sexti 5.

Trois ans après seulement, le 30 septembre 1786, commença l'érection de l'obélisque; ce jour-là on éleva sur le socle le premier des trois fragments; huit treuils furent employés et l'opération dura, paraît-il, soixante et onze minutes ; le pape encore y assista.

Le 7 octobre, à l'aide de dix treuils, le deuxième fragment fut hissé. Le 14 octobre, le dernier fragment était en place, et le 21, on le couronnait de la croix et des armes du pape G.

La vasque de la fontaine qui fut disposée au bas du monolithe est celle que l'on voit dans tant de représentations du Forum du xvme siècle 7.

1. Dans le vol. VIII de VAntologia Romana, p. 262, est donné un effigiem, e marmorc expressit.* Une Inscription de Sixte V, daté dessin représentant une machine imaginée par Angelo Santini à de 1589, confirmait cette légende. Sous l'autre groupe se lisait : cet efiet. « Praxiteles sculptor ad Phidiœ œmulationem sv.i monumenta ingenii,

2. C. Meyer, L'Arte di restiluirc a Roma la tralasciata Navi- Posteris relinquere cupiens, ejusdem Alexandri Bucephahsque signa gazione del suo Tevere, Rome, 16S5, pi. XIV. felici contentione perfecit.* Depuis, on ne lisait plus que Opus

3. Fr. Deseine, Rome moderne, Leyde, 1713, p. 611, et Des- Phidiœ, — Op us Praxilelis, ce qui était encore trop. Voir Deseine crizionc di Roma moderna, Rome, 1727, p. 364. Représentations et Roma moderna, loc. cit.

de la place et des statues dans leur état antérieur. Voir pi. 19. 6. Gio Malagricci, Ode séraphique (publiée à cette occasion),

Urbain VIII avait fait détruire, comme on l'a dit, pour agrandir Rome, 1818.

la place, les restes du temple du Soleil, Tcmplum solis Aureliani(?), 7. Voir pi. 1. Cette vasque, qui servait à abreuver les bestiaux

dont il subsistait encore, à la fin du xvie siècle, desdébrisimportants. qui paissaient dans le « Campo Vaccino», aurait été trouvée près de

Voir pi. 7. l'arc de Septime-Sévère lorsqu'on avait déterré et enlevé la statue

4. Cancellieri, Il Mercalo, p. ib7. de Marforio pour la transporter au Capitule. Cf. Cancellieri

5. L'inscription portait jadis: Phidias nobilis sculptor, ad Notizie di Pasquino, Rome, 1854, p. 6. Aussi Charles Isidore artificii prœstantiam declarandam Alexandri Buce/alutn domansti Hemans, Historié and Monumental Rome, Londres, 1874, p. r22.

Cet obélisque, comme celui de la Trinità dei Monti et du Monte Citorio, fut réparé aux dépens de la colonne Antonine dont il a été déjà parlé.

Le grand promoteur de l'érection de ces obélisques fut l'abbé Cancellieri, l'inépuisable historien de la Rome pontificale qui composa à cette fin une « Supplique des obélisques gisants » .

Obélisque de la Trinità de' Monti, 1788 (Sallustiano).

L'obélisque de la Trinità de' Monti fut également érigé par Pie VI. Il mesure 13 mètres de hauteur environ ; les hiéroglyphes qu'il porte reproduisent ceux de l'obélisque érigé place du Peuple avec les cartouches de Sétouî Ier et de Ramsès II; ils sont non pas égyptiens, mais romains; sans doute le monolithe vint à l'état brut d'Egypte, comme celui du Vatican, et fut gravé ensuite1. Pline, qui écrivait sous Vespasien, n'en faisant pas mention, il est à supposer qu'il fut amené plus tard à Rome. Ammien Marcellin le cite et dit qu'il se trouvait dans les jardins de Salluste 2 ; son emplacement exact a pu être reconnu, car on a identifié le bloc de granit oriental qui lui servait de piédestal3.

Quand Fulvio et Lucio Mauro le virent, il était brisé et l'on pensait qu'il avait été dédié à la Lune4.

Sixte V eut l'intention de l'ériger devant l'église Santa Maria degli Angeli, sur les thermes de Dioclétien ; on aurait « supprimé quelques ruines » et fait une grande place dont il aurait orné le centre 5. En 1621, il fut acheté par le cardinal Lodovisi ; en 1733, le 22 mars, le pape Clément XII le demanda à la princesse Lodovisi qui le lui céda6; il voulait le placer devant l'église Saint- Jean de Latran; on le transporta à travers tout Rome, jusqu'en ce lieu, mais le pape mourut sans avoir donné suite à son projet, et l'obélisque demeura là abandonné jusqu'en 1788 7. C'est alors que Pie VI s'avisa de l'ériger devant l'église de la Trinità de' Monti, en haut du grand escalier qui monte de la place d'Espagne. Un modèle en toile fut établi pour que le pape pût juger de l'effet et, comme il en avait été content, le monolithe fut ramené et dressé en cet endroit par les soins de l'architecte Giovanni Antinori 8.

On plaça au sommet une croix contenant de nombreuses reliques de tous les temps, depuis un morceau du bois de la vraie Croix jusqu'à une relique du pape saint Pie V 9.

1. O. Marucchi, Bull. Arch. Com., 1897, p. 216. Salluste et qui fut trouvé dans la villa Lodovisi.» Voyage d'un

2. Hist., XVII, 4. Français..., Venise, 1769, vol. III, 392, 523. Misson. A

3. Lanciani, L'Ilinerario d'Einsielden, Milan, 1891, col. 461. Voyage d'Italie, La Haye, 1702, vol. II, p. 200, et Charles Isidore

4. Fulvio, Antiq., p. LXX1. Mauro, Le Antichitd délia Cittd di Hemans, Historié and Monumental Rome, Londres, 1874, p. 122. Roma, Venise, 1562, p. 83. 8. Cracas, Diario, ad an. Voir pi. 23.

5. Mercati, Degli Obelischi, p. 259. g. Une inscription rappelle cet événement. Forcella, Isc,

6. Valesio, Diario, Arch. Stor. Capit., Cred. XIV, vol. 19, p. 23. vol. XIII, p. 135, n. 258. Cf. Moroni, Dis., vol. XLVIII, p. 191, et

7. La Lande l'y vit en 1765 : « Il y a encore au coin de la place Tommaso Gabrini, Annotazioni suif Obelisco Sallustiano, Rome, un autre obélisque couché qui était autrefois dans les jardins de 1789.

Obélisque du Monte Citorio (Solaire, Campense ou d'Auguste), 1792

[Psammétique IIP).

Cet obélisque, que l'on appelait l'obélisque d'Auguste parce qu'il avait été amené d' Héliopolis à Rome sous son règne, avait été dressé dans la partie septentrionale du Champ de Mars, non loin de la colonne d'Antonin le Pieux1. Il mesure 21 m. 80 de hauteur. Il était surtout connu à Rome sous le nom d' « obélisque solaire », parce qu'il servait de gnomon à une méridienne, c'est-à-dire à une courbe en huit indiquant le midi moyen ; on ne pouvait en avoir fait le gnomon d'un cadran solaire, comme on l'a répété, puisque l'obélisque était perpendiculaire au sol, alors qu'un gnomon doit avoir une inclinaison déterminée par la latitude et que le plan sur lequel il projetait son ombre était horizontal. Pline parle de ce cadran : « On étendit un lit de pierre dans un tel rapport avec l'obélisque que l'ombre fût égale à ce lit le jour du solstice d'hiver à midi, puis pour chaque jour l'ombre subissait des décroissements et plus tard des accroissements correspondant à des règles d'airain incrustées dans la pierre, construction mémorable et digne du fécond mathématicien Novus. Depuis trente ans environ les observations ont cessé d'être justes, soit que le soleil lui-même ait changé son cours par suite de quelque dérangement survenu dans le ciel, soit que la terre entière ait été un peu déplacée de son centre, soit que des tremblements de terre bornés à Rome aient fait dévier le gnomon, soit que les inondations du Tibre aient fait tasser les fondements, quoiqu'on prétende que ces fondements sont aussi profonds que l'aiguille est haute 2. »

On a retrouvé quelques-unes des baguettes d'airain doré placées sur la méridienne ; des signes sidéraux y sont représentés.

On racontait que le roi d'Egypte qui l'avait érigé avait fait attacher son fils au sommet lorsqu'on le dressa, afin que les ingénieurs missent plus de soin à conduire l'opération. Cet obélisque était peut-être encore debout au vme siècle.

En 1462, le cardinal Filippo Calandrino ayant fait recouvrir l'église San Lorenzo in Lucina dont il était propriétaire et construire une chapelle dédiée à saint Philippe et à saint Jacques, les fouilles nécessitées par ces travaux amenèrent la découverte d'une partie de l'obélisque 3.

De nouveau, au temps de Jules II, le barbier du cardinal Grassi retrouva l'obélisque en creusant une fosse ; les architectes qui allèrent l'examiner le jugèrent en trop mauvais état pour qu'on pût en tirer parti, et après quelques années, en 1509, on le recouvrit de terre 4.

On l'aperçut encore vers le milieu du siècle, au cours de certains travaux de drai-

1. Eu l'an de Rome 731. A. J. 23. O. Marucchi, p. 273. Studi vol. II, p. 511.

Romani, Rivista di Archeologia, Rome, 1913, p. 3 et suiv. Ré- 3. Forcella, Isc, vol. V, p. 21, n. 347; p. I2i,n. 348. Lanciani

centes découvertes au Monte Citorio. Ustrinum (bûcher) des Scavi, vol. I, p. 83.

Antoniani. 4. G. Zoega, De Origine et usu obelisc, Rome, 1797, fol. XXXI

2. Pline, Histoire naturelle, liv. XXXVI, § 15, trad. Nisard, et p. 636.

LA VIA/./.A DHL l'OPOLO. L'OBÉLISQUL hl I I TRINI1 I DE1 MO

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LA PIAZZA DEL POPOLO AVEC L'OBÉLISQUE TEL QUE L'INSTALLA FONTANA. FRESQUE CONTEMPORAINE, DE LA BIBLIOTHÈQUE VATICANE. (Phot. SailSaini.)

l'obélisque de la trinita de' monti. (Phot. Moscioni.^

Monuments de Rome.

nage entrepris pour assécher la place Navona l, et au commencement du pontificat de Sixte V, en 1587. L'architecte Fontana, à qui le pape avait confié le soin de l'examiner, le trouva en si mauvaise condition qu'il ne voulut pas se charger de l'exhumer; le feu en avait complètement effrité la base et certaines parties du fût 2. Cependant on parlait toujours d'en tirer parti. Le P. Kircher écrivait en 1666 au pape Alexandre VII pour lui conseiller de l'utiliser 3. Cornelio Meyer proposa, en 1685, un procédé pour le relever 4.

Enfin, en 1748, Benoît XIV, apprenant qu'on allait bâtir des maisons sur le lieu où était enterré l'obélisque, décida de le faire extraire du sol ■'.

L'architecte qui dirigea ce travail fut Niccolô Zabaglia, âgé alors de soixante-dixhuit ans ; il s'exprimait difficilement, ne savait ni lire ni écrire, bien qu'il eût publié un savant traité sur l'art de transporter des blocs et d'ériger des colonnes6, mais possédait une admirable fertilité d'imagination pour inventer des instruments de toute sorte, et un grand talent d'ingénieur. Tommaso de Marchi lui fut donné comme second et eut mission d'écrire un rapport sur l'opération.

Toutefois on se borna à dégager le monolithe, et il demeura quarante ans (1748-1788) gisant brisé en neuf morceaux, à l'endroit où on l'avait déposé7. Les travaux furent repris le 16 août 1788 8. L'architecte qui en avait la direction, Antinori, fit débarrasser la place du Monte Citorio du piédestal de la colonne d'Antonin le Pieux qui s'y trouvait, comme on l'a dit, depuis 1704. On le remplaça par un nouveau piédestal plus en rapport avec le monument qu'il devait supporter.

Après deux ans d'efforts, le premier des fragments de l'obélisque fut dressé, le 23 janvier 1790, au moyen de quatorze treuils et en soixante-cinq minutes; les princesses royales de France, plusieurs cardinaux et la première noblesse de Rome ainsi qu'une foule innombrable, assistaient à l'opération. L'ordre était maintenu par des soldats russes! Deux ans après, le dernier fragment était en place (juin 1792) 9. L'architecte mourut de maladie au moment de son triomphe 10.

L'obélisque avait été réparé, on s'en souvient, avec les débris de la colonne Antonine. Cet obélisque servit à Suard à mesurer le pied romain u.

1. C. Fea, Miscellanea filologica, Rome, 1790, vol. I, p. 206, cite Pontes, Rome, 1824, p. 49, pi. I, représentant l'appareil destiné à Memorie di Pietro Santi Bartoli, n. 103. Cf. L. Mauro, Le Anti- soulever le monolithe.

chitd, Venise, 1556, p. 94. 7. « L'obélisque horaire se voit actuellement, dit La Lande en

2. Flaminio Vacca, Memorie, § 45 et 74. 1765, brisé et abandonné avec son piédestal et son inscription dans

3. C. Meyer, L'Arte di restituire a Roma la tralasciata Navi- une cour qui est derrière S. Lorenzo in Lucina. » Voyage d'un Frangazione del suo Tevere, Rome, 1685, sans pag. fais en Italie..., Venise, 1769, vol. IV, p. 3, 4.

4. Obelisci Inierpretatio, Rome, 1666, p. 132. 8. Diario del Chracas ou Cracas.

5. G. Stuard, Dell' obelisco di Cesare Augusto cavalo fuori di 9. Angelo Maria Bandini, Dell' obelisco di Cesare Auguslo, terra ultimamenle nel campo Marzo, Rome, 1750. Rome, 1750. À. Nibby, Roma antica, vol. II, p. 265. Fulvio,

6. Nie. Zabaglia, Castelli e Ponli, Rome, 1743. Il mourut le Ani. Uib. Rom, liv. V, p. LXXXVII v. Vasi, Itinéraire, Monte 26 juin 1750 et son épitaphe rappela cette laborieuse opération : Citorio. Guattani, Roma, Rome, 1805, 2e partie, p. 95.

Hic jacet annosus gelida Zaballus in urna I0' Chracas- ad an-

Qui motum dederat corporibus facilem "' U lui trouva IO pouces' I0 lignes et 37 centièmes- Mémoires

Sacra sub Augusto olim saxa immania Phœbo de VAcad- des InscnPllons< vo1- «> P- "°- En fait> le Pied romam

Extulit e cavea, transitait, exhibuit... mesure °m^ Une mscriPtio11 fut Placée à l'emplacement d'où

venait l'obélisque, à l'angle de la place Impresa, près de S. Lorenzo Cancellieri, Mercato, p. 171. Voir Zabaglia, Contignationes ac in Lucina. Forceli.a, Isc, vol. XIII, p. 133, n. 226.

Obélisque du Pincio, 1822

il/', lui moiis).

L'obélisque du Pincio n'a que 9 mètres de hauteur l. Il gisait au Moyen âge à un demi-mille des murs hors de la Porta Maggiore, dans une vigne appartenant à la famille Saccoccia; peut-être ornait-il, comme plusieurs autres, la spina d'un cirque, celui d'Elagabal. Les inscriptions et les bas-reliefs qu'il porte sont de facture romaine. L'empereur Hadrien s'y est fait représenter avec sa femme, l'impératrice Sabina, et leurs noms se lisent dans les cartouches ; mais l'obélisque fut surtout dressé en souvenir et à l'honneur du favori d'Hadrien, Antinous, « que l'empereur pleura comme une femme ». Son image est répétée sur trois des faces du monolithe et il est rappelé que son tombeau ou un monument funéraire s'élevait près de Rome, peut-être non loin de l'endroit où l'obélisque fut dressé.

Il demeura rompu en deux morceaux et à peu près enseveli à l'emplacement où il était tombé jusqu'en 1570, quand les deux frères Curzio et Marcello Saccoccio le dégagèrent 2. Une inscription qu'ils placèrent sur une des arches de l'aqueduc de l'Acqua Felice rappelle leur initiative3; au temps d'Urbain VIII (vers 1630), les Barberini le transportèrent dans la cour de leur palais :

« On aperçoit, dit La Lande4, en entrant (dans le palais Barberini), un obélisque de granit avec des hiéroglyphes égyptiens qui était autrefois vers Sainte-Croix devant Y amphitheatrum Castrense ou cirque d'Aurélien, d'où il fut tiré pour être relevé, mais il est encore couché dans la cour du palais. »

En 1773, Cornelia Barberini l'offrit au pape Clément XIV, qui le fit placer dans la cour du Vatican appelée Délia Pigna ; son successeur Pie VI avait l'intention de le dresser sur le piédestal de la colonne d'Antonin le Pieux qu'il y avait fait amener naguère comme on l'a dit ; l'abbé Cancellieri, qui a si abondamment écrit sur les obélisques, avait aussi son projet ; il voulait qu'on le plaçât sur la Porta Pia afin que du carrefour des Quatre-Fontaines on vît quatre obélisques ! Ce rêve ne fut pas réalisé. L'obélisque demeura encore quelque vingt ans abandonné ; enfin, en 1822, l'architecte Marini présida à une restauration, car dans sa chute et ses diverses étapes il avait eu à souffrir, et l'érigea dans les jardins du Pincio où il se trouve encore. Un auteur du siècle dernier s'est plu à remarquer que, des deux obélisques voisins de la Trinità et du Pincio, le premier fut érigé au moment où s'ouvrait la période révolutionnaire et l'autre à la fin du pontificat de Pie VII qui en avait effacé à Rome les derniers vestiges.

1. O. Marucchi, Bull. Arch. Coin., 1897, p. 20S. Parcker, Obelisci fragmenta diu proslrata The Twelve Obelisks 0) Rome, Oxford, 1879. Curtius Saccoccius et Marcellus jraires

2. Lanciani, L'Itinerario di Einsielden, Milan, 1891, col. 491. Ad perpeluam huius circi solis memoriam A. Fulvio, Antiq., p. LXVII. A. Nibby, Roma antica, Rome, Erigi curarunt.

1839, vol. II, p. 275. Anno Salutis MDLXX.

3. Forcella, Isc, vol. XIII, p. 137, n. 242. 4. Voyage d'nn Français, vol. III, Venise, 1769, p. 533.

Monuments de Rom

les obélisques. 95

Obélisque dit de Dogali, devant la gare (1883) (Ramsès II).

Cet obélisque fut retrouvé en 1883, au cours de fouilles pratiquées dans le temple d'Isis, Via Sant' Ignazio ; on découvrit au même endroit un sphinx et deux cynocéphales. Le monolithe provenait des carrières d'Éléphantine et avait été taillé au temps de Ramsès II pour célébrer ses triomphes. On ne sait à quelle époque il fut amené à Rome. Il mesure 6 m. 34 de hauteur. L'inauguration en eut lieu au mois de juin 1887 l.

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