‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 33 sur 83 · OBELISQUES QUI ONT ETE TRANSPORTES HORS DE ROME · texte numérisé non relu

OBELISQUES QUI ONT ETE TRANSPORTES HORS DE ROME

Obélisque de la villa Médicis.

Au xvme siècle, les jardins de la villa Médicis possédaient un obélisque. Deseine le mentionne 2. Ce fut peut-être le cardinal Ferdinando, qui devint grand-duc de Toscane, propriétaire de la villa à la fin du xvie siècle, qui le reçut en don et le plaça dans ses jardins 3. Mercati raconte que, vers cette époque, « on découvrait fréquemment des obélisques » et que celui-ci gisait auparavant dans la cour du palais Orsini 4. D'après Cipriani, cet obélisque aurait été érigé par Claude dans le Circo M Flora. En 1790, l'obélisque passa à Florence et il décore maintenant les jardins Boboli 5.

Obélisque de la villa Albani.

Il existait dans la villa Albani un obélisque d'assez petites dimensions puisqu'il ne mesurait guère que 7 mètres de hauteur 6. Il semble provenir du temple d'Isis, comme celui du Panthéon, de la Minerva et de Dogali 7 ; les Pères jésuites l'auraient donné, en août 1729, au cardinal Alessandro Albani qui créait alors sa villa 8 ; l'obélisque était en trois fragments mesurant respectivement dix, quatorze et six palmes 9. Le cardinal l'envoya chercher aussitôt et le fit ériger dans son jardin.

En 1798, le Directoire ayant confisqué tous les biens de la famille Albani, l'obélisque devint propriété nationale et fut peut-être transporté en France 10.

1. O. Marucchi, Bull. Arch. Com., 1896, p. 369. G. Gatti, fol. 63. Toutefois il est à remarquer que dans la description si Arckeologia, Rjme, 1911, p. 57. minutieuse qu'il donne de la villa, La Lande, qui écrivait en 1765,

2. Rome moderne, LeyJe, 1713, p. 76. n'en fait point mention. Le fameux Winkelmann était le conser-

3. G. Vasi, Délie Magnificenze di Roma, Rome, 1761, lib. X, vateur des collections que le cardinal avait rassemblées dans la pi. 188, représentation de cet obélisque. villa et dans ses jardins. Voyage d'un Français..., vol. V, p. 326.

4. Mercati, Degli Obelischi..., Rome, 1589, p. 24.1. 9. A. Kircher, Obelisci..., Rome, 1666, p. 134. Cf. A. M. Qnga-

5. Trêves, Firenze e dintorni, Milan, 1900, p. 79. relu, Interpretatio Obelis. Urbis, Rome, 1842, p. 96. Le cardinal

6. D. Magnan, La Citlà di Roma, Rome, 1779, vol. I, pi. 32, Annibale Albani, contemporain du cardinal Alessandro, fit don à la col. 62. Cancellieri, Mercato, p. 164, n. 5. ville d'Urbin de quelques fragments d'obélisques. Lanciani,

7. Aldroandi, La Statue, Venise, 1562, p. 314. Bull. Arch. Com., 1883, p. 41.

8. Valesio, Diario, Archiv. Stor. Capit., Cred. XIV, vol. 18, 10. G. A. Sala, Diario Romano (1798-1799), publié par Cugnoni,

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La Villa Torlonia possédait deux obélisques que le prince Alessandro Torlonia avait fait venir du Simplon (1839); ils sont en granit rose. Leur arrivée à Rome fit sensation. Plus de sept mille personnes furent témoins de ce spectacle, dont on n'avait pas vu le pareil, dit-on, depuis les temps de l'empereur Constantin. La pose des deux obélisques se fit en grande pompe ; au milieu de l'opération, il tomba une violente averse, qui mit quelque désordre dans les manœuvres et obligea même à les suspendre. Torlonia, rapporte le chroniqueur, subit ce contre-temps avec une admirable sérénité, et le pape, qui assistait à l'érection, rentra chez lui. Le prince eut d'ailleurs la joie de voir le lendemain les obélisques debout et put faire graver sur le socle de pompeuses inscriptions l.

Rome, 1882, vol. I, p. 126. — Sur 1 s noml reux objets confisqués, on n'envoya en Fj u e que 294 statues et bustes. Au Congrès de Vienne, le cardinal Giuseppe Albani, petit-neveu du cardinal Alessandro, obtint la restitution de tout ce qui lui avait été confisqué, mais, ne voulant pas assumer les frais de retour, il en fit une vente publique ; la Glyptothèque de Munich acheta la ma-

jeure partie des objets, à ce qu'on croit, et ceux-ci figurent dans la galerie des antiquités romaines. L'obélisque ne fait pas partie de cette collection. S'il a été envoyé en France, il devrait s'y trouver encore ; or il n'a été signalé nulle part. (Communiqué par M. Fromm, rédacteur à l'Univers.) 1. Moroni, Diz , vol. 100, p. 306.

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