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A Rotonde ayant servi de cirque H Piscine
B Eglise S. Bernardo 1 Frigidarium
C Caldarium \ Eglise Santa Maria K Palestre
D Tepidariumj degl/Ange/i L Apodyteria? (Vestiaires)
E Exèdre servant de théâtre M Péribole
F Rotonde ayant servi de Prison
Les parties noires indiquent ce qui subsiste des substructions
de monter sur le haut des voûtes de cet édifice si splendide jadis, car nulle part l'air n'est plus pur et plus suave, la vue plus étendue, le silence plus grand et la solitude plus délectable. Là nous ne nous entretenions ni de nos affaires, ni du bien et du gouvernement de l'État. Errant à travers ces ruines croulantes, ou assis sur leur sommet, nous disputions d'histoire. »
Au contraire, Pogge parle, au commencement du siècle suivant, de l'impression que
1. Urlichs, Codex Urbis, Wurtzbourg, 1871, p. 8, 37, 61, 129,
2. Extrait de l'ouvrage de Nibby, Roma antica, Parte II, p. 805.
lui firent « ces ruines imposantes mieux conservées que les autres et ces énormes colonnes » ; Giovanni Rucccllai, qui visita Rome à l'occasion du jubilé de 1450, fut aussi frappé par la beauté des colonnes, dont quelques-unes existent encore, par les architraves de granit et les hautes murailles qui s'élevaient au milieu d'énormes décombres 1.
Telle était l'admiration produite par la masse et par l'élégance de ces vestiges que le pape Nicolas V voulut, parmi tant d'autres projets, faire démolir la voûte de la basilique Vaticanc pour la reconstruire à l'imitation de celles des thermes de Diocléticn 2. Plus tard, Antonio da Sangallo II Vecchio dessina les portes et les fenêtres du palais Farnèse sur le modèle des niches des Thermes, lesquelles étaient flanquées de colonnettes.
Cette admiration n'empêchait pas toutefois qu'on mît les Thermes au pillage comme tous les autres monuments de la ville. « Le 10 novembre 1463, raconte le diariste Paolo dello Mastro, un grand entrepreneur en marbrerie, Pietro Paolo de Corte, fut tué par un éboulement tandis qu'il surveillait, dans une vigne qu'il possédait aux Thermes, des travaux d'excavation à l'effet de rechercher sous terre du travertin 3. »
Quand Fulvio visita les Thermes, en 1527, la hauteur des colonnes et des voûtes, la hardiesse des dômes, l'immensité des salles, la profondeur des cryptes le remplirent, comme ses prédécesseurs, d'une profonde admiration 4.
En 1520, un prêtre sicilien, du nom de Antonio del Duca, arriva à Rome apportant les portraits des sept archanges: Michel, Gabriel, Raphaël, Uriel, Santhiel, Gendiel et Borachiel, copiés sur ceux qui existaient dans l'église Sant' Angiolo de Palerme 5, il obtint la permission de suspendre ces tableaux à sept des colonnes qui se dressaient dans le Tepidarium afin qu'on pût les y vénérer ; cette vaste salle encore intacte devint ainsi un lieu de culte, mais non sans de violents démêlés avec les jeunes Romains, qui venaient s'y exercer à l'équitation et à d'autres jeux 6.
Cependant le cardinal Ascanio Sforza, mort à Rome le 28 mai 1505, avait transformé en réserve pour son gibier de chasse, la portion de l'enceinte des murs qui fait hache dans la campagne derrière les Thermes et où se trouvait jadis le camp prétorien7; dans les plans de Rome de 1557 et 1568, cette région, qui porta longtemps le nom de Vivarium, se voit entourée de tous côtés de murs et isolée du reste de la ville. Peut-être le cardinal Ascanio avait-il joint à son vivier un enclos qui en était séparé par une ruelle et qui prit bientôt le nom de El Barco ou Parco ; ce parc semble avoir compris la majeure partie de la surface des Thermes. La situation en est bien définie dans un acte en date du 7 mai 1521 : « Certain lieu vulgairement appelé El Barco, situé à Rome dans les thermes de Dioclétien, tenant d'une part à la portion couverte de ces Thermes, de l'autre
1. Arch. Soc. Rom. Stor. Pat., vol. IV, p. 575. Il parle des anti- 5. Coi. Val., 9160. Ms. de Cancellieri daté Rome 1794 et intitulé quités découvertes en fouillant, dont une partie fut envoyée à Flo- Le Terme Diocletiane. J. C Hare, Walks in Rome, Londres, rence, l'autre au Capitole. 1900, vol. II, p. 28.
2. Duchesne, Lib. Poniif., vol. II, p. 558. 6. Ms. de Cancellieri. Voir p. 127, n. 7.
3. Il Buonarroti, Rome, 1875, p. 119. 7. P. Cortesius, De Cardinalatu, Rome, 1510, p. 76. Sur les
4. Andréa Fulvio, Antiq., liv. III, p. XLVII, trad. ital., Castra Prœtoria, voir Homo, p. 127 j Al. Donati, lib. I, cap. xv. Venise, 1543, fol. 110. Voir plan de cette région., pi. 25.
SAN BERNARDO El SANTA MARIA DEGL1 INGEL1
Monuments pe Romi
à une voie publique (la future Via Porta Pia, actuellement Venti Scttcmbre), à la place des Thermes et à la vigne de Ascanio Scacchi de Pérouse 1 ».
Le cardinal Ippolito I d'Esté, qui était tout aussi passionné de chasse que le cardinal Ascanio, devint possesseur de ce terrain au commencement du XVIe siècle ; il y donna des chasses. A la date du 10 novembre 1514, Isabelle d'Esté, sa sœur, écrivait à Capilupo : « Chaque jour nous allons visiter des antiquités qui me paraissent de plus en plus admirables. Mardi, le cardinal notre frère nous donna une collation dans les Thermes ; le cardinal d'Aragon, le cardinal Cibo, le cardinal Cornaro et le cardinal Bibiena y assistaient ainsi qu'un grand nombre de seigneurs et de dames ; nous eûmes d'excellente musique, puis on courut six ou sept cerfs, ce qui fut un délicieux divertissement 2. »
Quand mourut le cardinal Ippolito3, le parc passa à un autre grand veneur, le cardinal Innocenzo Cibo ; afin de l'agrandir, le cardinal loua sa vie durant, au prix de 50 ducats d'or en or par an, payables par semestre, la vigne d' Ascanio Scacchi qui lui était contiguë, s'engageant à entretenir les constructions qui s'y trouvaient 4.
D'autre part, le cardinal Du Bellay acheta, quand il vint s'établir à Rome vers le milieu du siècle, les terrains qui se trouvaient autour du grand hémicycle dont la place actuelle Délie Terme garde la forme ; il y construisit une villa et y traça des jardins qu'ornèrent les nombreuses antiquités que l'on découvrait sans cesse en ce lieu 5. Ainsi au temps où Albertini écrivait, c'est-à-dire au commencement du XVIe siècle, on avait mis au jour des statues d'empereurs romains : Dioclétien, Constance, Galérien 6, lesquelles furent placées plus tard au musée du Capitole. Dans la seconde moitié du siècle, Vacca rapporte dans ses Mémoires (§ 104) que le propriétaire d'une vigne située derrière les thermes de Dioclétien, voulant bâtir une maisonnette, découvrit les soubassements de deux murs ; il les dégagea et parvint à l'entrée d'une crypte dans laquelle il pénétra ; elle contenait dix-huit « têtes de philosophes » que Gio. Giorgio Cesarini acheta et qui passèrent ensuite dans les collections du cardinal Farnèse 7.
La porte monumentale de la villa se voyait encore il y a peu d'années. Elle est représentée sur une fresque du palais du Latran placée dans une salle du rez-de-chaussée 8.
Du Bellay fit tant de dépenses qu'il se couvrit de dettes et se ruina ; aussi, quand il mourut, le 16 février 1560, dut-on vendre toutes ses antiquités ; pour les jardins, qui avaient pris le nom de Horti Bellajani 9, les héritiers du cardinal 10 les louèrent à Charles Borromée, qui venait précisément d'arriver à Rome, au prix de 150 écus par an (16 juillet 1660) n ; mais les créanciers, dont le principal était
1. Archiv. St. Capil. S. R. C Inst., vol. 40, c. 84. fiaient les statues et décidaient de la nature et de l'origine des
2. A. Luzio, Isabella d'Est*..., Milan, 1907, p. 52. objets qui leur étaient soumis.
3. En 1520. 7. Massimo, Notizie sioriche délia villa Massimo, Rome, 1836.
4. Archiv. Stor. Capit., S. R. C. Inst., vol. 40, c. 84. 8. Falda, Fontane..., l'a aussi représentée, pi. 8.
5. Nibbv, Rnma antica, vol. II, p. 802. Lanciani, Storia degli 9. 1 Quadam vinea sita in thermis Dioclelianis appellata Horti, Scavi, vol. II, p. 139. Cf. Gamnoci, Le Antichitâ..., Venise, 1588, Bellajani. * Voir pi. 25 et 31.
avec plan. Le grand plan de Rome de 1602 montre aussi très claire- 10. Marie, Jeanne et Caroline Du Bellay.
ment la villa et ses jardins ainsi que la fontaine de Moïse. 11. Arch. di Stato, Roma, Atti Pellegrini, Prot. 1449, Seg. Cam.
G. On sait avec quelle facilité les antiquaires de ce temps identi- c. 286.
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Bartolommeo Ruspoli, voulant réaliser au plus tôt l'actif, obligèrent la succession à les vendre ; les négociations durèrent assez longtemps et la mise aux enchères ne fut opérée qu'en 1565 moyennant 8 000 ducats1. Borromée ne pouvant les fournir, à ce qu'il semble, le pape intervint et prit l'achat au compte de la Chambre apostolique, mais il céda peu après la villa et la vigne, « avec les constructions antiques et modernes » qui s'y trouvaient, au cardinal Antonio Scrbelloni2, titulaire de l'église Santa Maria degli Angcli. Quatre ans après, le 15 octobre 1569, Scrbelloni louait la propriété pour neuf ans moyennant 35 écus par an à Antonio Monteboni, en se réservant la possession des objets qui pourraient être trouvés dans les fouilles 3.
En 1579, ces terrains appartenaient au cardinal Alessandro Sforza di Santa Fiora4, lequel sollicita du Peuple romain l'autorisation d'opérer des travaux dans les souterrains situés sous la place des Thermes, c'est-à-dire à l'intérieur de l'exèdre central, afin d'y aménager une citerne à l'usage de ses vignes 5. Le Conseil secret approuva sa demande et sa décision fut ratifiée, le 12 août 1579, Par Ie conseil public 6.
Les jardins de Du Bellay passèrent ensuite aux Chartreux, mais ils s'aperçurent bien vite que les frais d'entretien étaient lourds, qu'il y avait de fortes taxes à payer et que les revenus ne compensaient nullement les charges ; ils estimèrent donc, après de nombreuses délibérations, que mieux valait les vendre. Donc, le 4 mai 1593, dix Pères chartreux « ayant voix au chapitre » signèrent dans la sacristie de l'église Santa Pudentiana l'acte de cession des jardins, qui furent vendus dix mille écus à la comtesse de Santa Fiore, laquelle portait le même nom que l'héroïne de Forli : elle s'appelait Caterina Sforza. De la famille des Nobili, elle avait épousé un frère du cardinal Alessandro et se trouve citée comme habitant chez lui, peut-être dans la villa Bellajani, en 1576. La comtesse se faisait attribuer toutes les antiquités, statues, colonnes, marbres qui pourraient être découverts dans les jardins, et les moines s'engageaient à placer les 10 000 écus qu'ils allaient toucher en actions du Mont de Piété rendant 5 1/2 p. 100 au moins, ou en immeubles du même rapport. Les Horti Bellajani sont délimités dans l'acte par la ruelle conduisant à l'église San Vitale, la Via Felice et la Via Pia, les biens de Martino Frangipani et de Gio. Batta Ciano 7.
Le 31 janvier suivant (1594), la comtesse faisait don aux moines cisterciens réformés de l'ordre de Saint-Bernard des jardins, afin d'assurer le repos de son âme et de celle de son fils le cardinal Francesco. Elle se réservait certains droits toutefois, ainsi que la propriété des antiques qui viendraient à être exhumés 8.
Les moines s'empressèrent de faire une église de la rotonde qui se trouvait à l'extrémité occidentale des bains et qui était fort bien conservée. Del Duca, d'après Cancellieri, et son ami Natteo Catalani, avaient déjà eu cette pensée et ils auraient voulu adjoindre à
1. Lanciani, Scavi, vol. II, p. 141. y amenât l'Acqua Felice et n'y créât la fontaine de Moïse ou délie
2. Cardinal en 1565, mort en 1581. Il était fils du comte Bosio Terme ou dell' Acqua Felice en 1583.
Sforza. 6. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 270.
3. Arch. di Siato, Prot. 2262, c. 458. 7. Atti Calalano A. C, Prot. 1556, c. 21. Voir pi. 32.
4. Bart. Viazza, Gerarchiacardinalizia, p. 621. 8. Ibid., Prot. 1560,0. 562. N. Ratti, Storia délia Famiglia
5. Ce quartier manquait totalement d'eau avant que Sixte V Sforza, Rome, 1795, vol. II, p. 191.