‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 52 sur 83 · A GAUCHE, ARC DES ORFÈVRES (SEPTIME-SÉVÈRE). AU FOND, LE PALATIN · texte numérisé non relu

A GAUCHE, ARC DES ORFÈVRES (SEPTIME-SÉVÈRE). AU FOND, LE PALATIN

Bartolommeo à en faire un entrepôt de bois comme son père 1, mais en 1714, le 10 mars, il fut décidé que l'arc serait débarrassé. D'autre part, depuis un siècle, des gens sans aveu s'étaient établis dans les salles situées au-dessus des voûtes et peut-être aussi dans les superstructures des Frangipani; un escalier, qui s'ouvrait dans une des niches du pilier septentrional, y donnait accès. En 1603, c'était un malfaiteur allemand qui y avait sa retraite 2 ; plus tard, il y vécut toute une colonie de malandrins que la police y tolérait parce qu'elle savait ainsi où les retrouver3. Enfin, en 1768, on imagina un moyen bien simple d'expulser ces habitants qui déshonoraient l'édifice : le Conseil prit une délibération décidant de faire poser une serrure sur la porte de l'escalier 4. Cependant, après l'expulsion du marchand de bois, des fabricants de vermicelle étaient venus s'installer à l'abri de l'arcade, au grand détriment du bâtiment. A leur tour ils furent expulsés en 1771, non sans recevoir une indemnité 6.

Le 4 janvier 1588, le pape Sixte V avait ordonné la destruction de l'arc et chargé Domenico Fontana d'en employer les matériaux à construire le piédestal de l'obélisque du Latran et à faire «des armes et des épitaphes» (inscriptions)6. Heureusement il n'en fut rien.

Il ne fut dépensé que de très petites sommes par le Conseil communal pour entretenir le monument : le 3 août 1673, 3 écus pour la réparation d'une corniche ; le 26 février 1736, l'architecte communal explique au Conseil qu'une lézarde qui lui avait été signalée n'avait aucune importance et qu'il était inutile de la réparer 7.

Comme on le voit dans certaines gravures, l'arc servait, au xvme siècle, d'appui à des maisons ; lors des grands travaux entrepris par ordre de Napoléon, il fut dégagé et l'on entreprit de le débarrasser des amas de terre et de débris qui en encombraient les alentours (1812), mais ce déblaiement ne fut achevé qu'en 1829.

« La terre s'est tellement accrue au sommet par le moyen de la végétation, qu'elle le couvre entièrement, dit l'abbé Uggieri vers 1816. Ce qui lui donne une forme tout à fait élégante en même temps qu'il reçoit des différentes herbes et des différents arbustes qui ont poussé et végètent dans cette terre une grâce et un fini si pittoresques qu'on ne saurait rien désirer de plus à cet égard ; et comme le lierre, la pariétaire, l'yeuse, l'olivier et le figuier sauvages y ont poussé des racines si profondes et en si grande quantité qu'elles pénètrent en serpentant dans les crevasses des briques et font sauter des pièces entières et endommagent par là ce monument. Une main bienfaisante accourra bientôt, au grand regret des peintres, pour arrêter les progrès de cet état de dépérissement 8 {sic) » .

1. Archiv. di Stalo, Roma, Atti Saccoccius, Prot. 1520, fol. 117. tare l'Arco boarico posto presso la fontana di S. Giorgio ad effetto

2. Archiv. St. Capit., Cred. XI, vol. 22, fol. 3. di servirsi di quei marmi per /are il piedistallo délia guglia {obelisco)

3. Archiv. di Stato, Roma, Rdazioni dei Birri, vol. VII, fol. 47. di S. Giovanni in Laterano, ed anco arme ed epitaffi (inscriptions). »

4. Archiv. Capit., Cred. XV, vol. I, fol. II. 7. Archiv. Capit., Cred. VI, vol 4, p. 248; Cred. VI, vol. 100,

5. Archiv. Capit., Cred. I, vol. 44, fol. 8, 10 ; Cred. XV, vol. I, p. 2, 5, 75.

fol. 194. 8. Abbé Uggieri, Edifices de Rome antique, vol. unique

6. Archiv. di Stato, Mand. Camer., ^87-1589, fol. 43. « Roma, ou XXIII, s. d.,p.48. C'est à côté du Janus que se trouvait établi Gennajo 1588. Cav' Fontana noslro architetto générale farele guas- au xvme siècle le Giuoco Liscio (jeu de paume).

Tlli;ATRE DE MARCELLUS1.

Le théâtre de Marcellus, que César avait entrepris d'édifier mais qui fut en fait presque entièrement construit par Auguste 2 et dédié par lui en l'an 13 avant notre ère, est resté un modèle d'élégance architecturale 3 ; c'était le plus vaste des théâtres de la ville 4 ; il possédait quarante-quatre gradins, dont le plus élevé mesurait 180 mètres de pourtour et le plus bas 60; il y avait en outre peut-être cinq gradins dans une galerie supérieure, ce qui donne un développement total de 6000 mètres, soit environ 20 000 pieds 5, comme le disent les textes anciens8. Le jour de la dédicace du théâtre, six cents bêtes féroces amenées de Nubie furent mises à mort. Auguste assistait au spectacle sur une chaise curule ; elle se brisa et il tomba à la renverse, mais nul n'en tira mauvais augure. Une statue en or de Marcellus était assise parmi les préfets des jeux sur une chaise curule 7. Ce fut dans ce théâtre que les Romains virent pour la première fois dans une cage un tigre apprivoisé 8. L'incendie survenu sous le règne de Néron l'endommagea, et Vespasien dut y faire d'importantes réparations 9; Septime-Sévère le répara également. Il y fut alors donné des représentations qui durent être singulièrement coûteuses ; le tragédien Apollinaris reçut, en effet, 400, sesterces, soit environ 80 000 francs ; deux harpistes, Terpnos et Diodoros, eurent chacun 200 sesterces, soit 40000 francs, plus des couronnes d'or 10.Déjà, semble-t-il, les arcades inférieures étaient occupées par des boutiques11. En 360 ou 365 12, Lucius Aurelius Symmaque, préfet de la ville, y prit des blocs de travertin pour restaurer le pont Cestius, ce qui montre qu'à cette époque on considérait déjà ce monument comme une chose du passé dont on pouvait disposer13 ; Théodoric, qui s'occupa de faire mettre en état le théâtre de Pompée et en parle avec tant d'admiration, ne fait nulle mention de celui de Marcellus14. Au temps d'Einsielden, c'est-à-dire au vme siècle, on savait encore qu'il avait été un théâtre, mais au Xe siècle, on le qualifiait de Templum l5.

Durant la fin du pontificat de Grégoire VII, les Pierleoni, cette famille d'origine juive dont le rôle fut alors si important, s'empara, ce semble, du théâtre à la faveur des troubles qui désolèrent la ville; toute la région environnante leur appartenait déjà.

Outre que cette énorme et massive construction offrait d'admirables moyens de

1. L. Pernier, Bulleiino délia Commissions Archeologica Com. p. 3. Dion Cassius, liv. LIV, c. 26. Ampère, L'Empire romain, di Roma, an. XXIX, 1901, p. 52 et suiv. Comtesse Caetani vol. I, p. 256.

Lavatelli, Il Teatro di Marcello, Rome, 1906. L. Vaudoyer, 8. Pline, Hist. nat., VIII, 25.

Description dit Théâtre de Marcellus, Paris, 1812. 9. Suétone, Vesp., 19.

2. Mommsen, Res gestes, IV, 22-23. Dion Cassius, LUI, 30. 10. Corp. I. L., Roma, vol. VI, n. 956, 9868, 10 028.

3. Dans la cour du palais Farnèse, Sangallo le jeune semble 11. Suétone, 19. Lampride, § 45. Peut-être Alexandre-Sévère s'être inspiré, dans les colonnes superposées, de celles du théâtre de eut-il à cœur de réparer ce monument en souvenir d'une prophétie Marcellus. Gamucci, p. 70, dit que Michel- Ange s'en inspira aussi. qui lui avait été faite dans le temple de Preneste, alors que son

4. Tacite, Ann.. III, 64. empire semblait encore mal assuré : « Si qua /ata aspera rumpas,

5. Huelsen traduit loca par pieds. Bull. Com., 1894, p. 320. tu Marcellus erts.t Lanciani, Ruins, p. 493. Canina, VArchitettura romana, Rome, 12. Homo, p. 639.

1830-1840, tav. 104, 105. Par conséquent, il contenait 14 000 per- 13. On a retrouvé des pierres provenant de cet édifice quand le

sonnes environ. pont a été partiellement détruit en 1886- 1889.

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