‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 53 sur 83 · Exactement 20500. 14. Cassiodore, Var.. lib. IV. n · texte numérisé non relu

Exactement 20500. 14. Cassiodore, Var.. lib. IV. n

7. Lanciani, Ruins, p. 491. Vaudoyer, Théâtre de Marcellus, 15. Jordan, Top., vol. II, p. 342.

le théâtre de marcellus. Gravure de Du Pérac (1575), p. 3S- Tout ce qui est à gauche a disparu.

Monuments de Rome.

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défense l, elle occupait une excellente position stratégique entre le fleuve et le mont Capitolin, dans la partie la plus peuplée de la ville. Les Pierleoni restèrent assez longtemps possesseurs du théâtre pour qu'il ait gardé au Moyen âge le nom de Casa dei Pierleoni (1086) ; ils y donnèrent asile au pape Urbain II avant qu'il ne vînt en France y prêcher la croisade ; c'est là qu'il mourut en 1099 2.

La fermeture des arcades par des cloisons de maçonnerie date de la fin du xme siècle.

Quand la famille des Pierleoni eut dispaiu au cours du xnie siècle3, les Savelli devinrent propriétaires de l'édifice, non pas en une fois, mais graduellement, par achats successifs ; ainsi, en 1368, Luca Savelli acheta « plusieurs maisons, palais et anciennes contructions » en ce lieu. Le théâtre était si difficile à reconnaître désormais par suite des démolitions et des constructions parasites, que Pétrarque le cherchait en vain : « Ubi theatrum Marcelli ! »

Au commencement du xvie siècle, les Savelli demandèrent à l'architecte Baldassare Peruzzi de leur bâtir une demeure dans le théâtre4; il employa, à cet effet, la portion la mieux conservée, celle qui se trouvait du côté de la place Montanara, à droite de la scène ; il y existait encore des arcades doriques et ioniques ; les entre-colonnements furent murés et plusieurs voûtes refaites ; comme il convenait alors pour tout palais, Peruzzi dota celui-ci de deux tours ; en même temps, il y pratiquait des créneaux. Cependant cet appareil militaire n'empêcha pas le château d'être pris et mis à sac, en 1527, quand Rome fut envahie par les troupes de Charles-Quint.

Très fier de la transformation qu'il avait opérée, Peruzzi voulut la commémorer par une série de dessins qui sont conservés aux Offices à Florence 5.

La légende veut que Béatrice Cenci ait été un moment enfermée dans ce palais, sans doute parce qu'on a confondu la Corte Savella, qui était une prison et un tribunal relevant des Savelli, avec leur demeure.

Deux ans avant le sac, en 1525, le 25 décembre, le théâtre avait été loué par Giulio et Gio. Batta Savelli à l'ambassadeur de Portugal 6.

En 1550, les Savelli vendirent le quart de leur palais dit alors « des Cents Fenêtres7 ». La situation financière de cette famille allant de mal en pis, la « Congrégation des barons », qui avait, comme on l'a dit, la gestion des fortunes baronniales, se mit en possession du théâtre afin de désintéresser les créanciers (1697). Vingt ans plus tard, en 1717, la vente en fut décidée ; elle eut lieu aux enchères publiques, le 10 mai, et l'acquéreur fut

1. Ceci se voit très clairement dans le plan en perspective de Amphilheatrum prias, mox propugnacula, rursus Du Perac-La£reri (1577), publié par le P. Ehrle, Rome, 1908. Diru'a restituât clara Sabella domus.

2. Muratori, R.italic. Script., vol. III, p. 352, 358. Fea, Anno-

tazioni alla Memoria sui diritli del Principato..., Rome, 1806, p. 7, Archiv. délia Soc. R. di st. Pat., 1883, p. 469.

n-13. 4. Peut-être Raphaël a-t-il représenté le théâtre ainsi trans-

3. Ceccarelu, La serenissima Nobillâ del AlmaCittà di Roma, formé, à l'arrière-plan du Massacre des Innocents, à gauche. Cod. vat. 4909, p. 296, avance que les Boccamazza possédèrent 5. Sous les cotes 407, 478, 527 V., 603,604. Cf. Nibby, Roma le théâtre entre les Pierleoni et les Savelli ; ce serait le cardinal moderna, vol. II, p. 794. Aussi Plan de Rome de Tempesta, 1600. Giovanne Boccamazza qui l'aurait cédé aux Savelli auxquels il Cf. Pernier, loc. cit., p. 60.

était uni par des liens de parenté. Sur la porte, il avait fait 6. Archiv. Not. Stor. Capit., Altiorig., vol. 443, fasc. IV, fol. 36.

inscrire : 7. Lanciani, St. degli Scavi, vol. III, p. 7.

t5a MONUMENTS DE ROME.

D. Filippo Orsini, duc de Gravina, qui le paya 2g 000 écus l. C'est pourquoi le palais prit le nom de Casa Orsini ; les armes de la famille Orsini y figurent à côté de celles des Savelli.

Au XVII8 et au xviii0 siècle, des constructions nombreuses s'adossèrent au théâtre, et l'entourèrent presque de toutes parts, en sorte qu'il se trouve actuellement en grande partie masqué ; des familles prirent logement dans les galeries, dans les vomitoires, sous les voûtes ; des marchands s'installèrent comme jadis dans les arcades du rez-de-chaussée, d'ailleurs à moitié enfouies sous le sol 2 ; une auberge, à l'enseigne de la Cloche, avait été établie dans quelques salles. Gœthe y fréquentait, dit-on 3. « Les fornices ou voûtes du rez-de-chaussée, dit Ampère4, sont habitées encore aujourd'hui comme elles l'étaient dans l'antiquité, mais plus honnêtement, par de pauvres gens qui vendent des ferrailles. Au-dessous des belles colonnes de l'enceinte extérieure, on a construit des maisons modernes dans lesquelles sont pratiquées des fenêtres, et à ces fenêtres du théâtre de Marcellus, on voit des pots à fleurs, ni plus ni moins qu'à une mansarde de la rue Saint- Denis. »

Au milieu de la cour, à laquelle on accédait par une pente douce 5, on voyait deux tombeaux avec des bas-reliefs et, dans les salles, des peintures et des bas-reliefs provenant peut-être du théâtre 6. L'archéologue Giuseppe Guattani écrivait avec humeur, au commencement du siècle dernier : « Pénètre dans les boutiques, fais le tour et entre dans l'intérieur, tu verras partout dans les nouvelles constructions des fragments de pierres de chapiteaux, de marbres antiques; marche dans le palais et va dans les cuisines, tu y trouveras la scène et ses dégagements et tu jugeras avec quelle extravagance et dans quelle mesure on a, par ignorance, accommodé les anciennes choses aux usages nouveaux 7. »

Plusieurs fois depuis il a été question de dégager le théâtre, Napoléon Ier y pensa. En 1900, quelques travaux furent accomplis, mais il reste encore tout à faire 8.

1. Archiv. Capit., Seg. 44, vol. 123. Atti del Not. Perugini, sans peintures excellentes. » La Lande, Voyage en Italie (1765) vol. IV, pag. Le dernier membre de la famille Savelli propriétaire du p. 466 : « On trouve dans la cour deux grands tombeaux de marbre Théâtre fut Giulio Savelli. ornés de bas-reliefs : sur le portail il y en a un qui représente des

2. Venuti, Roma moderna, Rome, 1686, p. 405. gladiateurs qui combattent contre les bêtes ; sur la porte delà salle,

3. Vogel, .4ms Goethes romischen Tagen, p. 51. Noack, Aus un bas-relief tiré de l'arc de Marc-Aurèle ; dans les appartements Goethes romischen Kreis, p. 172. Comtesse Caetani Lovatelli. il y a une statue célèbre de C Popilius et d'autres bustes an- Passeggiate, Rome, 1909, p. 67. tiques.... »

4. Ampère, L'Empire romain à Rome., vol. I, p. 256. 7. Guattani, Roma descrilla ed illuslrata, Rome, 1805, vol. I,

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