Stendhal, Promenades dans Rome, 15 juin 1828. p
6. Ibid. Ficoroni. Deseine, Rome moderne, Leyde, 1713, 8. Restitutions par V. Scamozzi, Œuvres d'architecture, Leyde, p. 891 : « On voit encore par derrière deux ordres de pierres très 1713. P- 149. et Luigi Canina, Indicasione topog. di Roma antica, solides à colonnes doriques et ioniques avec plusieurs statues et Rome, 1841, p. 196.
Cll.ll'/TRE XV
NOMBREUSES ÉGLISES ÉLEVÉES DANS LES RUINES DU PALATIN. — LE CLERGÉ S'EMPARE DU PALATIN. — LE PEUPLE, LES FRANGIPANE LA FAMILLE CAPRANICA EN OCCUPENT CERTAINES PARTIES. — LES JARDINS FARNÈSE.
Maximien et Maxence sont les derniers empereurs qui aient fait leur séjour dans les palais du Palatin1: Constance II y résida un mois en 356; un siècle plus tard, en 476, après les invasions des Goths et des Vandales, Odoacre s'y installa pour bien montrer qu'il était le légitime successeur des Césars et, à son tour, Théodoric y habita pendant six mois en 500. Mais les palais commençaient déjà à se ruiner ; Théodoric ordonna, comme le rapporte Cassiodore, qu'une somme de 200 livres fût prélevée chaque année sur la gabelle des vins pour les entretenir2; il eût fallu des crédits bien plus importants, si l'on en juge par ce que le Panthéon à lui seul coûta plus tard au Saint-Siège. Les toits s'effondrèrent, entraînant peu à peu la destruction totale des édifices. Cependant le Palatin, qui avait été si longtemps le siège du pouvoir impérial et que tant de souvenirs et de légendes rendaient vénérable, gardait, surtout au loin, un grand prestige ; les empereurs d'Orient ne se sentaient réellement munis de l'autorité suprême qu'après en avoir reçu l'investiture sur le « trône auguste » ; Justinien, le successeur de Théodoric (527-565), vint à cet effet de la « Rome nouvelle» (Byzance) à la « Rome d'or» et l'on renouvela pour lui les pompes antiques3; Justin (565) quitta également la « Rome orientale » pour recevoir la pourpre au Palatin ; et il en fut de même d'Héraclius (610-641) 4. Quand les nouveaux élus ne pouvaient se rendre en personne à Rome, ils y envoyaient leurs images que l'on exposait au Palatin ; ainsi fit l'usurpateur Phocas en 602, à ce que rapporte Jean Diacre dans sa Vie de Grégoire le Grand 5.
Ce ne fut pas d'ailleurs dans une salle du palais qu'eut lieu cette exposition, mais dans l'église qui, du lieu où elle se trouvait, avait tiré son nom de Santo Cesareo ou Cesario « intra Urbis Palatium » 6. Cette église était consacrée à cet usage. Il y avait fort
1. Bianchini, Del Palazzo de Cesari, Vérone, 1738. Homo, 3. Muratori, R. Italie. Script., vol. II., col. 353.
p. 390. Nibby, Roma anlica, part. II, p. 457. R. Venuti, Descri- 4. Ibid., col. 354. H. Grisar, / Papi del Medio Evo, Rome, igo7>
zione di Roma moderna, Rome, 1766, 2e partie, p. 396. D. Canco- vol. II, p. 72.
gni, Le Ravine del Palatino, Rome, 1909. Samuel Ball Platner, 5. L. Duchesne, Liber Pontif., vol. I, p. 371.
The Topograpky 0/ ancieni Rome, chap. VIII, p. 129, avec plans. 6. Armellini, Le Chiese, p. 517. A. Bartoli, Scoperta dell' Orato-
2. Cassiodore, Mon. Hisl.germ., vol. XII, Formula Curœ Palatii. rio e del Monasterio de San Cesario sut Palatino, dans Nuovo Bolleé. liv. VII. di Arch. Cristiana, an. XIII, Rome, 1907, p. 191.
longtemps qu'elle existail ; on racontait que saint Césairc, mort à Tcrracine vers 375, y avait été transporté ; elle était établie dans une salle de la demeure d'Auguste et mesurait 5 m. 60 sur 4 m. 95 et 5 mètres de haut ; des fresques chrétiennes du IVe ou du Ve siècle la décoraient. C'était la chapelle impériale et, à cause de cela, les Romains l'entouraient d'une grande vénération. Un monastère grec y était attenant ; il existait encore au XIIe siècle. Comme la chapelle et le monastère disparurent bientôt l, et qu'il existait sur la Voie Appicnne une autre chapelle portant le même nom et ayant aussi dans son voisinage un couvent de moines grecs, on a pensé jusqu'en ces derniers temps que seule elle avait ce titre et que c'était là et non au Palatin qu'avaient été portées les reliques du saint.
Le Palatin fut de bonne heure très riche en églises ; ses édifices se prêtaient si admirablement à une transformation ! Il posséda une diaconie, la première de la ville, Santa Maria Antiqua, et un titre presbytéral, Sant'Anastasia 2.
Santa Maria Libératrice, appelée presque tout de suite Santa Maria Antiqua pour la distinguer de Santa Maria Nuova ou Santa Franccsca Romana bâtie au Forum vers le VIIIe siècle, avait été fondée par le pape Liberius en 532 environ ; Jean VII, qui régna de 705 à 707, la fit décorer ; elle portait déjà alors le surnom de Antiqua ; le père de Jean VII avait, au surplus, la surveillance de cette église. ; on lui avait confié : Cura palatii Urbis Romse super ecclesiam Sanctx Dei genitricis quse antiqua vocatur; elle s'élevait non loin du temple de Vesta 3.
L'église Sant' Anastasia, ou plutôt Anastasis, l'église de la Résurrection était une réplique de celles de Byzance et des lieux saints 4 ; voisine de l'entrée du Cirque Maxime et des deux temples d'Hercule qui en décoraient les abords, elle avait été construite au IVe siècle, par conséquent vers la même époque que Santa Maria Antiqua B ; sa situation près des palais impériaux en fit l'une des premières églises titulaires de Rome 6 ; elle venait en dignité tout de suite après la basilique du Latran et était dotée de grands privilèges.
Il semble qu'un portique unissait l'église et les palais 7. Le préfet de la ville, Longinianus, édifia le baptistère en 403 8.
L'église San Teodoro, qui s'élève sur le versant occidental du Palatin, est tout aussi ancienne que San Cesareo et que Santa Maria dont elle est proche ; il se peut que ce soit un monument antique transformé ou bien le baptistère de Sant'Anastasia, dont il vient d'être parlé ; elle constituait déjà une diaconie au temps de Grégoire le Grand. Nicolas V lui donna son aspect actuel au XVe siècle et, en 1674, le cardinal Barberini la
1. La dernière mention qui en soit faite se trouve dans le cata- vol. II, p. 442, n. 153. Duchesne, Liber Pontif., vol. I, p. 385. logue dit de Nicolas Signorili (Bibl. Chigiana, Cod. I, VII, 204). On 4. Filippo Cappelo, Brevi Novisie délia chiesa di Sant' Anassait que d'après G. B. de Rossi ce catalogue serait l'œuvre de Cola tasia..., Rome, 1722.
di Rienzo (Bulletino dcll' Is'ituto di Corrispondenza Arch., Rome, 5. Grisar, / Papi, vol. II, p. 307, et du même auteur, Analecta
1871, p. 11-17). Au xvie siècle, toute trace de la chapelle avait dis- Romana, vol. I, Rome, 1899, p. 597.
paru. Bartoli, p. 193. 6. Grisar, p. 308.
2. G. Gatti, Archeologia, p. 40, 478. Voir pi. 15. 7. Grisar, dans Civiltd cattolica, 1896, vol. III, p. 727.
3. Civiltd cattolica, 1896, p. 458, 461. De Rossi, Ins. Christ., 8. L. Duchesne, Notes sur la topographie de Rome, Paris, 1887.
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