PALATIN ET CIRQUE MAXIME. A DROITE, SEPTIZONIUM
palatium magnum. Gravure de Du Pérac (1575), pi. 11.
PALATIN. LE STADE. (Phot. Moscioni.]
PI. 44, rage 154.
restaura, car elle tombait en ruines ; la fameuse louve de bronze qui est au Capitole y aurait été conservée au Moyen âge l.
L'église Santa Maria de Manu 2 fondée au XIIIe siècle, s'élevait dans le palais de Septime-Sévère, c'est-à-dire à l'extrémité sud-ouest du Palatin, près du Septizonium ; elle devait son nom, semble- t-il, à une main de colosse qui gisait en ce lieu 3. Au xvie siècle, la main ayant disparu, un archéologue en plaça une autre afin de justifier le nom de l'église et, comme la tradition voulait que la maison de Cicéron se fût trouvée dans le voisinage, on dit que c'était « la main de Cicéron ».
L'église Santa Maria, ou San Sebastiano, ou encore Sant' Andréa in Pallara, se trouvait entre le Palatin et le Colisée 4 ; elle datait, elle aussi, des premiers temps du christianisme et servit au XIVe siècle d'habitation à l'abbé du Mont-Cassin, l'abbé des abbés, ainsi qu'on le surnommait à Rome à cette époque. Le page Gélase II y fut élu en 1118 5. On racontait que la papesse Jeanne y était enterrée6. Ainsi le Palatin était entouré d'une ceinture d'églises presque toutes parmi les plus anciennes et les plus vénérables de Rome.
La longue résidence qu'y avaient faite les empereurs lui valait de rester le lieu où se décidait souvent le sort des compétitions entre ceux qui briguaient le pouvoir. Lorsque, après la mort du pape Conon, en 687, on se battit au Latran à l'occasion de l'élection de son successeur, ce fut au Palatin que se réunirent le peuple, les milices et une partie du clergé pour y désigner le nouveau pape qui fut Sergius 7 ; il fut d'abord conduit dans l'église San Cesareo pour y recevoir la tiare et ensuite seulement au Latran. En 1145, Eugène III fut élu pape dans l'oratoire de San Cesareo 8.
Peu à peu le Palatin passait aux mains du clergé ; Charlemagne constitua, en 778, l'abbé du Mont-Cassin gardien du Palatin 9, tandis que les moines de l'église San Gregorio sur le Caelius, profitant de leur voisinage, s'appropriaient les restes du palais de Septime-Sévère que l'on nommait alors Porticus Materiani10. C'était une source de revenus. En 1215, l'abbé du couvent de San Gregorio loue deux souterrains sous le Palatium Magnum11 ; on commençait à désigner de ce nom les ruines des palais impériaux situées sur le penchant méridional de la colline. En 1216, l'abbé fait abandon à Luca Sinibaldi d'une crypte « pour construire une maison » ; autrement dit, afin de la détruire pour en utiliser les matériaux. Durant longtemps il en alla ainsi ; en 1494, l'abbé Pietro de Negroni donne dans les mêmes conditions un terrain et des caves situées sous le Palatium Magnum plus une église (Santa Maria de Manu?) à Mario de Millini. L'autorité pontificale déclarait précisément cette même année, par la bouche du cardinal Riario, qu'elle ne revendiquait nul droit de propriété sur cette partie du Palatin.
1. Armellini,p. 53i,parledu xvi'siècle, mais le pape Sixte IV 6. Gregorovius, vol. IV, p. 311.
(1471-1484) en fit présent au Peuple romain et elle fut aussitôt 7. Ciaconio, Vit. Pontij., Rome, 1601, p. 198. L. Duchesne,
transportée au Capitole. vol. I, p. 371.
2. Tomassetti, La Campagna Romana, vol. I, Rome, i9io,p. 16. 8. Duchesne, vol. II, p. 386.
3. Armellini, p. 605. 9. Muratori, R. liai. Script., vol. II ', p. 365.
4. A. Marliani, Romœ Topog., Rome, 1534, liv. III, cap. vu. 10. Lanciani, Notizie degli Scavi, Rome, 1883, p. 497. Cf. Nibby, vol. II, p. 465. n. Mittarelli, Annales Camal., vol. IV, p. CCIX. Lanciani,