‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 57 sur 83 · MÉDAILLES RELATIVES AUX MONUMENTS DE ROME · texte numérisé non relu

MÉDAILLES RELATIVES AUX MONUMENTS DE ROME

Monuments de Rome.

PALATIN. 15g

(acte du g mai)1. Cinquante ans plus tard, en 1746, Leonida Maria Spada cédait la villa, au prix de 5000 écus, au comte (plus tard marquis) Pietro Rinaldo Magnani (12 mars); il estimait que cette villa ne servait qu'à son délassement et ne lui rapportait rien et jugea expédient de s'en défaire, d'autant qu'il habitait Faenza2. L'abbé Rancoureil l'acheta à son tour 6000 écus le 25 février 1774 3 de la veuve du marquis Magnani et de ses deux fils et la rétrocéda pour 4600 écus au comte Francisco Colocci le 3 janvier 17814. Les fouilles de l'abbé Rancoureil eurent donc lieu entre ces deux dates et non, comme on a dit, en 1785. En 1818, un Anglais, William Gell, acquit de Colocci la villa au prix de 2650 piastres romaines (9 avril)5; il la revendit peu après, en 1821, à Mills pour 2 850 écus6. C'est sous le nom de Mills qu'elle est connue7; on la détruit actuellement.

La vigne de Barberini occupait l'emplacement de la Domus transitoria de Néron; celle des Ronconi, le Stade ; le collège anglais, le palais de Septime-Sévère.

Voici en quels termes le Président De Brosses décrit la colline palatine8: « Presque toute cette vaste montagne est occupée par la vigne Farnèse, assez négligée elle-même. Elle est remplie de débris et de grandes pièces de marbre; entre autres, de fûts de grosses colonnes de porphyre fendues et délitées en long par l'injure des temps. Tout cela est abandonné en plein air quoiqu'on en puisse faire un bon usage, et le sera de plus en plus, la maison des Farnèse se trouvant éteinte. Cependant le roi de Naples, héritier des Farnèse et plus puissant qu'eux, avait beau jeu pour faire ici quelque chose de remarquable, mais c'est de quoi il ne se soucie guère. Les Farnèse n'ont pas fait de fouilles, crainte de tracasseries. Ils attendent un pape de leur famille. »

La Lande, qui fut à Rome quelque cinquante ans plus tard, en 1767, en parle ainsi : « Dans la partie du mont qui est vers le grand cirque restent deux rangs d'arcades l'un sur l'autre, avec des portiques qui paraissent avoir entouré la montagne en forme de substructions. Au-dessus de ces portiques sont des débris de palais mêlés avec quantité d'arbres qui produisent des vues très belles, soit qu'on les regarde sur la montagne même ou d'en bas. Ils donnent une idée des jardins de Sémiramis, et le pittoresque en est admirable par la grande quantité de cyprès et de ronces qui se mêlent avec toutes ces ruines pour former l'aspect le plus heureux9. »

Les ruines du palais de Septime-Sévère étaient devenues un grenier à foin ; un terrible incendie qui y éclata en 1862 a montré le danger et l'ignominie de cet emploi.

1. Archiv. di Stato, R^ma, atti L. Belli a. c. Prot. 915, c. 524. La p. 118), ou voit un joliportique formé de quatre colonnes de granit villa est dite voisine delà Via Pulveriere. Le montant delà vente fut gris avec des fresques de Raphaël (?) qui représentent des Vénus versé au Mont-de-Piété au profit des créanciers. et des Nymphes ; ces fresques ont été restaurées sous la direc-

2. Archiv. stor. Capit., Sez. XV, vol. 5r, sans pag. ad. an. tion de M. Camuccini ; dans la voûte, qui est peinte en arabesque,

3. Archiv. stor. Capit., Sez. VIII, Prot. 75, p. 351. et qui est bien conservée, il y a deux petits tableaux: l'un représente

4. Ibid., vol. 76, c. 806. Hercule et d'autres divinités et l'autre les Muses. Dans cette

5. Roma, Arch. distriiuale, Trot. 769, c "4- même villa on descend dans trois chambres antiques fort bien

6. Archiv. Slor. Capit., Sez. XIX, vol. 138, fol. 35. Il est bien conservées découvertes en 1777 par Rancoureil, appartenant au étrange que Nibby, qui était lié avec Mills, ait ignoré ces faits et rez-de-chaussée de la maison d'Auguste. » Les fresques furent les rapporte de façon si erronée. transportées sur toile eu 1846 et vendues à Saint-Pétersbourg.

7. « Dans une chambre du rez-de-chaussée, dit Vasi (Ilinè- 8. Lettres, éd. 1885, vol. II, p. 253.

raire instructif de Rome, corrigé par Nibby, Rome, 1826, vol. I, 9. Voyage d'un Français, 1769, vol. IV, p. 431.

i6o MONUMENTS DE ROME.

On venait toujours rêver an Palatin. C'est bien un lieu propice aux songeries, dans la calme solitude de ses bosquets que Byron a chantés * :

Cypress and ivy, weed and wallflower grown Matted and mass'd together, hillocks heap'd On what were chambers, arch crush'd, column strown In fragments, choked up vaults and frescos steep'd In sublerranean damps, where the owl peep'd, Deeming it midnight...

Behold the Impérial Mount ; 'lis ihxts themighty falls.

Cyprès et lierre, herbes et violiers

Serrés et touffus; tertres entassés

Où furent des salles, des arcs croules et des colonnes qui gisent

En fragments, voûtes encombrées de décombres et fresques enfouies

Dans l'humidité souterraine, où le hibou a jeté un furtif regard

Croyant qu'il était minuit...

Contemplez le Mont impérial; c'est ainsi que tombe ce qui fut grand.

i. Childe Harold's Pilgrimage, chaut IV, st. cvn.

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