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LE TRESOR

L'éjo'lise et ses cryptes conservent de précieuses œuvres d'art qu'il convient au moins d'énuniérer :

Une table d'autel du douzième siècle, richement encadrée par un bandeau en biseau qu'ornent des an^es s'envolant vers le buste du Christ, des médaillons , des Ij animaux affrontés , et qu'accompagne un listel taillé en écailles, avec la sii^nalure du sciilpleiir : Berna r( km Gcldtii- /iii.s me se. Autrefois sons la croisée, elle esl inainlciiaiil cramponiKM' sur le mur du second co

fe

ah'ral nord;

Le Christ en croix de la iiiêiiie époque, improprement appelé byzantin, peut-être et probablement sculpté à Toulouse, en bois revêtu de plaques de plomb doré, jadis ornées de pierreries ; il a donné son nom à la chapelle du Crucifix, la seconde du croisillon septentrional, où reposa, pendant six ans après son exécution du 3o octobre 1682, le duc de Montmorency;

Un crucifix, plus petit, du quinzième siècle, dit le crucifix de saint Dominique;

Le modèle en relief de l'église, du donjon de l'hôtel de ville, de l'enceinte crénelée et de deux portes, suspendu à la voûte du déambulatoire^, ex vota des capitouls pendant la peste de 1628, mais refait en 1742 ;

Un tableau peint par Bézard, en i83G, placé en face des collatéraux du sud, représentant le martyre de saint Sernin traîné par le taureau.

On voit se détacher d'une pile du croisillon méridional, à droite, après être entré par la porte des Comtes, l'extrémité de deux pieds en marbre. Ils étaient continués par une fresque montrant saint Christophe, dont l'image se présentait au Moyen âge à l'entrée de plusieurs églises, parce que la croyance populaire attribuait à ceux qui avaient prié le saint dans la matinée le privilège de ne pas périr dans la journée de mort subite.

On conserve dans les cryptes le beau reliquaire en émail de Limoges, des premières années du treizième siècle, représentant la découverte de la vraie croix, la remise de la précieuse relique par l'abbé du monastère de Josafat de Jérusalem, à Raymond Botardel, sa navigation, sa réception par l'abbé Pons de Montpezat, et l'offrande qu'en font les chanoines au saint patron de l'église ;

Un reliquaire plus petit, en argent repoussé, du même temps, représentant le martyre de saint Sernin, d'un côté et de l'autre saint Honorât et saint Exupère ;

Un autre reliquaire, en argent, contemporain aussi et de même grandeur, orné de chérubins et de séraphins, dans des enroulements gravés au trait;

SAiNT-SËRNiN. QJ

Un reliquaire en ivoire, avec damasqniniires dorées et caractères arabes du treizième siècle;

Une chasuble avec paons affrontés et caractères arabes exprimant une formule de bénédiction, travail sicilien du douzième siècle ;

Une chasuble avec paons et pélicans, orfroi médian orné de figures en broderie, dite de saint Dominique, mais plutôt de la seconde moitié du treizième siècle;

Une chasuble, étoff'e de lin de la même époque, avec croix gammées sur l'orfroi, dite de saint Pierre de Vérone;

Une mitre, dite de saint Exupère^ du treizième siècle;

Gants, dits de saint Rénij, du même temps;

Une crosse, dite de saint Louis, évêque de Toulouse, mort en 1297, en cuivre doré, ornée de turquoises de même date;

Un encensoir en cuivre du quinzième siècle;

Une paix en émail peint ;

Un manuscrit, livre d'heures, avec enluminures du quinzième siècle ;

Six statues d'apôtres, en bois peint, de la fin du quinzième siècle;

Deux statues en bois doré de Constantin et de Charlemagne, la première du même temps, la seconde du dix-huitième siècle;

Un bas relief en pierre, ex-voto d'un forgeron du seizième siècle ;

Une plaque de cuivre gravée avec le blason de l'abbé Jean Coeffier de Rusé d'Effiat (1640-1698);

Un tableau ou Te igitiir du dix-huitième siècle ;

En outre, on voit au musée Saint-Raymond un beau reliquaire en émail, représentant des traits de la vie de saint Ex u père, et un superbe olifant d'ivoire, également du douzième siècle, dit le cor de Roland, tous deux autrefois dans le trésor de Saint-Scrnin.

T,i:S MOXrMKNTS DE TOI LOirsK.

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Catel, Histoire des comtes de Tolose, pp. 119, 176; — Mémoires de l'Histoire de Languedoc, pp. 268,

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Antiennes et oraisons... dans l'insigne église... de Saint-Sernin.

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Gallia C/tristiana, t. XIII, pp. 3, 91.

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FiG. 73. — Les prophètes et les nncèlres du Christ, Fresque du (juiiizièine siècle^ H Notre-Dame du Taur.

NUT1!E-J)AME BU TAUii

Fortuiiat dit dans son |3oènie sur le martyre de saint Sernin qu'une sainte femme, aidée de sa servante, recueillit le corps de l'évêque, après la rupture des cordes qui le liaient au pied du taureau. Les deux saintes puelles^ comme les appela plus tard le Moyen âge, Tabritèrent aussitôt dans le sol qui loni^cail la voie romaine, bordée de tombeaux, se dirigeant vers Agen.

I^ors({ue le culte clirétien put être célébré au i^'rand jour, saint Hilaire, vers l'an 3f5, lit construire une voillc au-dessus des reliques du saint, et aussi un abri en bois [)0ur les lidèles qui venaient en grand nombre les vénérer.

Dans un aulre poème, Kortimat lotie le dtic Laiinebolde, (pii, vers 070, V(julut honorer celle tomlte atii^uste, bien (pi'elle ne IVit plus (jn'un soiiventf, piiiscjiic le corps dti |>r<'mi('f (''\(M|tie de Toti-

loiise avait été transporté, par saint Exupère, à la nouvelle église qui lui fut dédiée, en construisant une ég-lise somptueuse richement

ornée par sa femme Berethrude.

Il ajoute que ce monument d'un barbare ne dut rien à une main romaine, et qu'il n'avait été précédé sur ce point par aucune autre église.

Il ne peut donc s'agir d'une église de Saint-Sernin qui aurait été construite après celle de Saint-Sylve, et les louanges adressées au duc Launebolde montrent, après bien d'autres témoig-nag-es, que la culture de l'art ne s'est jamais arrêtée sur notre sol, se transformant seulement sous des influences nouvelles^ même dans les temps réputés les plus barbares.

L'église de Launebolde présentait sans doute des analogies avec l'église visigothique de la Daurade. L'ég-lise fut dédiée à saint Sernin et conserva le vocable de

FiG. 74- — N.-D. du Taur; ])l;in.

FiG. 7.5. — N.-D. du Taur; élévation d'une travée et coupe sur A B .

Saint-Sernin du Taur jusques vers le milieu du seizième siècle. Elle fut alors dédiée à la Vierg-e, et prit le nom de Notre-Dame du Taur.

notre-dajme du TAUR.

loi

L'édifice actuel ne peut être daté que par sa construction même^ car nul texte ne donne une précision ; mais ces ég-lises à une seule nef en briques sans sculptures et sans profils caractéristiques reproduisent pendant trois siècles des formes très identiques.

Toutefois , la nef et le portail peuvent être attribués au quatorzième siècle et plutôt à ses dernières années ; le sanctuaire avec les absides, à la première moitié du quinzième.

La façade est une simple surélévation du mur pignon, percée d'arcades, décorative à peu de frais, abritant la toiture des vents et des pluies de l'ouest, fréquemment adoptée dans la région, surtout pour les églises rurales. On voit l'une des plus élégantes à Villenouvelle en Lauraguais.

La porte seule est en |)l('i-r('. Six colonnes rondes de cliaque coté snp-

piji'lciil les Noussurcscn llcfs-poiiil des arcliiNoIlcs

(Muicrc

io:î les monuments de Toulouse.

seule et sa voussure préseuleul une ai'èle aiuiucie, dégénérescence du méplat caractéristi(jue du Irelzième siècle dans la province. Les chapiteaux, composés de deux rangs de feuilles, sont couronnés par un tailloir circulaire. Un gable terminé par un fleuron surmonte les archivoltes et une niche ouverte dans l'ang-le abrite une statuette de la Vierge du dix-huitième siècle.

La porte des Gordeliers, plus fine et aux sculptures plus accentuées, présentait jtme grande analogie avec celle du Taur.

Les deux niches aux côtés de la porte, dépouillées de leurs statues par la Révolution, reçurent, après le rétablissement du culte, un apôtre et le Saint-François-d'Assise de la chapelle de Rieux. Ils ont rejoint récemment leurs admirables compagnons au musée des Augustins, mais pour conserver leur souvenir ils ont été remplacés par des copies dues à M. Moulins. Puisqu'on les faisait sculpter à nouveau, les statues de saint Sernin et de saint Hilaire auraient mieux rappelé le passé de Téglise.

Au-dessus de la porte deux grandes fenêtres en tiers-point, sans meneaux, éclairant la nef, sont entièrement niontées en briques, ainsi que l'oculus ouvert entre elles.

Deux tourelles épaulent la façade. Une première galerie les jointe supportée par de faux mâchicoulis. Un mur eu retrait monte ensuite, percé de trois arcades en mitre, surmontées d'un g-able encadrant un jour en losange, ornementation élégante due à la simple disposition contrariée des briques.

Au-dessus des fenêtres, une seconde galerie en retrait, plus étroite, relie encore les deux tourelles. Trois arcades analogues aux inférieures^, mais plus petites, destinées comme elles à loger les cloches, percent le mur pignon que termine une dentelure de créneaux et un fronton portant à son sommet une boule avec une croix de fer à 4^ mètres au-dessus du sol.

Une vis d'escalier en briques monte de fond à l'angle nordouest de la façade et s'engage dans une tourelle octogonale qui se détache en encorbellement à la hauteur de 5 mètres. La tourelle opposée n'a pas d'escalier, Les deux se terminent par une

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