SAINT-PIERRE
EGLISE PAPtOISSIALE
La chartreuse de Saïx, près de Castres, que Ton appelait Notre- Dame de Beauvoir, fut attaquée le 5 octobre 1567 par les hug-uenots qui la saccagèrent ensuite et la détruisirent pour en employer les matériaux aux fortifications de Castres. Les religieux furent contraints de quitter leur monastère.
Onze d'entre eux se réfug-ièrent d'abord à Escoussens , dans la Montagne-Noire, puis à Carcassonne et enfin arrivèrent bientôt à Toulouse où ils se log-èrent près de la cathédrale. Le cardinal d'Armagnac leur accorda, le 22 mai 1569, l'autorisation de s'établir dans la ville métropolitaine. Leur prieur, Jean de Libra, prêcha à Saint-Etienne l'Avent de cette année et acheta à l'abbaye de Moissac, autorisée par Paul V, comme bien d'autres dans ces jours diffl- ^ner dos biens d'Eglise, l'ancien collège, abandonné et
SAINT-PIERRE, ÉGLISE PAROISSIALE. ll^b
en ruines, de leur prieuré de Saint-Pierre-des-Cuisines. Les capitouls, qui leur donnèrent 2.000 livres, le Parlement, les habitants de la ville favorisèrent les nouveaux religieux et les dames quêtèrent pour leur établissement.
Cependant le vicaire perpétuel de la vieille église de Saint- Pierre-des-Guisines soulevait des oppositions qui n'eurent même de solution définitive que lorsque l'abbaye de Moissac eut échangé avec les Chartreux son prieuré toulousain pour celui de Villardonnel, qui lui fut donné par Paul V le 19 février 16 17. De leur côté, les capitouls exigeaient des tailles pour les terrains destinés aux constructions, si bien que les Chartreux song-èrent à renoncer au vieux collège pour aller bâlir un couvent près du château d'Olmières. Mais les capitouls, ravisés, appréciant l'importance et le profit que le quartier, presque désert, ne manquerait pas d'acquérir par la présence des religieux de Saint-Bruno ^ leur accordèrent des immunités et leur abandonnèrent aussi quelques petites rues qui n'étaient plus guère que des abris pour les débauchés et les malandrins. Dom Antoine de Saint-Paul, profès de l'ordre, qui avant d'y entrer avait été conseiller au Parlement de Toulouse, prépara l'installation de la nouvelle chartreuse, dont la construction fut commencée en i()02, ainsi que le constatait une inscription citée par Catel qui a disparu.
Jean Daffis, évêque de Lombez et prévôt de Saint-Etienne, bénit, le 28 mai 1607, les fondements de l'ég-lise dont les quatre premières pierres furent posées aux quatre ang-les du dôme projeté : l'une par lui, l'autre par le premier président Nicolas de Verdun qui s'était ardemment entremis auprès des capitouls en faveur des religieux, la troisième par un capiloul, la quatrième par dom Richard Beauvoisin , prieur de Cahors, qui avait fait graver sur elle les armes du Daupliin et de son frère Gaston, duc d'Orléans.
La construction se poursuivit rapidement sous la direclioii du Rouergat dom Antoine Cayroii, prieui* depuis lOoo, qui fut peutêtre l'auteur du plan, et l'église, livrée au culte, fut consacrée par le cardinal de Sourdis, an^lievêque de Bordeaux, le 20 mai i()i2.
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FiG. loi. — L'é2:lise des Chartreux en 1612.
FiG. 102. — L'éerlise des Chartreux à la fin du dix-huitième siècle.