SAINT-PIERRE, EGLISE PAROISSIALE. I^Q
ver d'imiter parfois l'œuvre de Lesueur ; ils complétèrent la décoration lorsque les anciennes fenêtres furent bouchées, après la
Fk;. io3. — Autel de Saiiil-Pierre avec les ano'es de Franrois Lucas, le vase tabernacle du même; les candélabres, dessinés par Cammas, ouvrés par Gaillard.
surélévation des murs et la construction de la voûte, par les basreliefs de Piei-re Lucas, élève de Marc Arcis, lii^-uranl les vertus
chrétiennes^, et aux côtés de la porte Le Repentir de saint Pierre et Le Vœu de saint Cliarles Borromée, dissimulés aujourd'hui par les boiseries de l'orgue, venu, après le Concordat, de l'église des Jacobins. Le chœur fut fermé à la même époque par la belle grille qu'on y voit encore.
Mais c'est le dôme qui attire surtout les reg'ards et la juste admiration dès les premiers pas dans l'église, sur laquelle ses larges fenêtres versent une abondante lumière. Il fut repris, surhaussé et voûté de 1780 a 1787, d'après les dessins de François Gammas. Le sculpteur Julia exécuta le vasle décor aux riches détails dessinés par l'architecte Hardy, et Montreuil les anges musiciens entre les arcs qui portent le dôme sur plan carré. Cammas, à la fois peintre et architecte, peignit les quatre sujets en grisaille, en imitation du bas-relief, représentant Saint Basile devant le proconsul Modeste, Attila aux pieds de saint Benoît, Saint Guillaume d'Aquitaine s' évanouissant devant l'hostie que lui présente saint Bernard et Saint Bruno refusant la mitre.
Cammas donna aussi le dessin de Tautel dont les lignes nobles et pures produisent un effet monumental sur l'emmarchement dominateur. François Lucas sculpta en marbre blanc les deux anges adorateurs d'un bel élan qui consacrent sa renommée, ainsi que le vase de forme antique qui sert de tabernacle. Gammas donna encore les dessins des candélabres qui furent ouvrés par l'orfèvre Gaillard.
Le procureur des Ghartreux, doni Vigoui'oux^ se plaignit amèrement, en J788, de l'énorme dépense (pii s'éleva à près de 73.000 livres. Peu de mois après, de plus cruelles douleurs devaient l'assaillir, lui et ses religieux^ mais ils laissaient avant Texil une œuvre qui les honore et ne permet pas qu'on oublie leur passage à Toulouse.
On voit sur les murs des croisillons deux tableaux d'une robuste allure et d'une facture sobre : La Nativité et LAdoration des bergers, dont les figures, celles de la Nativité surtout, présentent un caractère de réalité qui fait penser aux Lenain ; sur ceux de