‹ Les monuments de ToulouseChapitre 27 sur 84 · L EGLISE SAINT-NICOLAS · texte numérisé non relu

L EGLISE SAINT-NICOLAS

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La porte de l'ouest est percée sous trois voussures en tores de briques et une anse de panier au-dessous supportées de chaque côté par quatre colonnettes rondes à chapiteaux de même forme. Elle est surmontée, à une assez g-rande hauteur, par les meneaux ou quatrilobes d'une rose.

La porte méridionale , mieux exposée, plus à l'abri des vents et des pluies de l'ouest, s'ouvre d'ailleurs sur la rue, autrefois la principale du faubourg- , celle par laquelle on pénétrait dans la ville après être entré par la porte de l'Isle.

Sous sept voussures antérieures en arc brisé et en briques , sans chanfrein ni moulures, elle est flanquée, sur les ébrasements, de trois

niches avec dais carrés ou polygonaux, culots sculptés de larges feuillages ou de figurines, abritant des statues dont quatre seulement sont anciennes, mais bien altérées par le temps, le calcaire jaunâtre de Roquefort, seul employé à Toulouse, n'y résistant guère. Ce sont celles de saint Jean, de saint Barthélémy, de saint Simon et de saint Jude, les seules statues anciennes restées en place à Toulouse. Les deux autres, celles de saint Gyprien et de saint Nicolas, sont modernes. Elles remplacent celles de saint Nazaire et de sainte Justine qui avaient disparu.

Sur le tympan figure la scène de l'adoration des Mages. Les trois rois s'avancent vers la Vierge et l'Enfant qui leur tend les bras. De l'autre côté du groupe divin, saint Joseph accueille le royal cortège, et derrière lui apparaissent les têtes de bœuf et de l'àne.

Ces statues, empreintes du caractère réaliste dont l'art sculptural s'inspirait dans les dernières années du quinzième siècle,

]<iG. 112. — Fraenipnl de la rose.

d'après rimpulsion des maîtres de Bourg-ogne, rappellent celles de Sainte- Cécile d'Albi. La Vierge conserve, comme celle de la cathédrale albig-eoise, l'expression suave d'un sentiment idéalisé.

FiG. ii3. — I^e portail.

Elle semble aussi être une reproduction de la Vierg-e de Notre-Dame de Grâce, venue de la chapelle dominicaine de Bruguières, au nord de Toulouse, mais plus exquise encoi-e, rpie l'on voit au Musée.

SAINT-NICOLAS^. l6l

Un trumeau divisait autrefois la large baie de l'entrée. Il présentait la statue du patron de Téglise sous un dais dont on disting'ue le sommet sous la gorge du linteau orné de feuilles aiguës de chardon. Il a été détruit, peut-être comme d'auLres, pour laisser passer un dais processionnel. L'entrée est rétrécie sur les côtés par des briques inesthétiques laissant entre elles une porte informe sous une courbe qui n'est d'aucun style.

Un porche, autrefois couvert, précède la porte. Sur le mur du côté droit, un groupe mutilé paraît représenter la guérison d'un malade. Au-dessous s'aperçoit la trace d'une porte qui donnait entrée dans la chapelle de l'Ag-onie. On voyait jadis des corps desséchés comme des momies rang-és contre les murs.

Le dix-huitième siècle ajouta au sanctuaire une décoration très artistique. Un rétable d'aspect monumental couvre le mur du chevet plat. Il remplaça un ancien autel et fut demandé à l'architecte Rossât, qui venait de dresser celui de la Dalbadè, par les habitants du quartier désireux de « le mettre en plus bel état et à la moderne ». Une plaque de plomb posée sur le socle de la colonne du côté de l'épîtrc conserve la date d'août 1755 avec les noms des bienfaiteurs et des bayles de l'œuvre.

Entre quatre colonnes de marbre, ses amples lignes courbes, avec lambrequins au sommet formant dôme, se développent dans une souple et riche ordonnance. Sur les panneaux des côtés s'échelonnent, dans des cartouches, des scènes de la vie de la Vierge et de celle de saint Nicolas. Les figurations de ce décor d'un g-rand goût se partagent en effet entre la Mère du Christ et l'évéque de Myre. Mais au sommet, aux côtés du motif central, se dressent les statues des premiers patrons du quartier, saint Cyprien et sainte Justine. Le nouveau rétable fit disparaître celui du dixseptième siècle, dont il reste derrière l'autel un bas-relief représentant la Cène, longtemps faussement attribué à Bachelier.

En même temps fut posée la grille du sanctuair-e. Les courbes flexueuses en fer iorg-é encadrent des médaillons dorés oi'nés des reliefs de la Vierge, de saint Nicolas et d'attributs ecclésiasti(pies.

Les montants de iDois de l'ensemble du rélahle encadrent trois des meilleurs tableaux de Despax : la Mort et V Apothéose de .soint Nicolas, V Assomption de la \ ierge. Le fécond artiste les avait peints, avec un soin d'achèvement qu'il ne montra pas toujours, pour l'ég-lise de la paroisse dans laquelle il était né et où sa famille possédait un caveau dans lequel il fut inhumé le 4 novembre 1773.

Une inscription sous l'orgue apprend que ce bel ouvrage fut bénit en même temps que fut consacré l'autel, le 28 février 1762, par Jean de Caulet, évêque de Grenoble, sur la prière du recteur Havard de Lamazoire. Les boiseries de Torgue ont été sculptées, dans le milieu du dernier siècle, par Salamon et Rouzet, d'après le plan de l'architecte Delort.

Une autre inscription rappelle les dégâts causés dans l'ég-lise par l'inondation du 17 septembre 1772. Une plaque posée à côté de la porte indique la hauteur de la crue du 28 juin 1875.

La sacristie est précédée par un vestibule prenant la place d'une chapelle, couvert par une voûte dont les nervures rayonnantes forment une étoile. Sur la porte aux formes classiques de la Renaissance, contrastant avec cette construction des derniers jours gothiques et surmontée par une statuette de saint Nicolas, se lit la date de i562. La sacristie conserve un ostensoir et des burettes en cuivre doré d'un beau travail de l'orfèvrerie toulousaine du dix-septième siècle.

Un rétable en boiseries, commandé à Arthur Legoust, en i654, pour la chapelle de la Vierge, a malheureusement disparu, il y a une vingtaine d'années.

Une Vierge de pitié, sculptée par Ajon vers 1780, anime le fond de la chapelle de la Croix, et la statue de saint Nicolas, avec les trois enfants ressuscites en face de l'entrée, est due à M. Fabre, professeur à l'Ecole des Arts.

Chaque siècle a contribué à la construcllon ou à l'ornemenlation de Saint-Nicolas. Les murs de la nef et la voûte avaient été recouverts, sous la Restauration, de peintures d'un gris froid et

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