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SAINT-JEROME

Les allaques de la Réforme suscitèrent d'ardentes défenses de la foi catholique. Des associations de fidèles, imitant les tiersordres du Moyen âge, se formèrent sous le nom de Pénitents, pour s'unir dans la ferveur de la piété, la sévérité de la vie et les bonnes œuvres.

Les Pénitents se désignèrent par la couleur du froc monacal, avec cagoule percée de trous où luisaient les yeux, qu'ils revêtaient dans les cérémonies et les processions. A Toulouse, les Pénitents blancs s'établirent à la place des dotes, qui prit leur nom; les Pénitents noirs, fondés le i3 septembre 1076, d'abord à la chapelle des Augustines de la place des Clotes, qui venaient de quitter leur couvent, puis dans la chapelle qu'ils firent construire dans le voisinage, chapelle qui fut la plus belle et la plus ornée, dont le rétable du maître-autel est encore appendu sur le mur de la cour d'une ancienne miséricorde paroissiale à la rue Saint- Jérôme ; les Pénitents gris, fondés l'année suivante par vingtquatre habitants du quartier des Jacobins, d'abord aussi à la chapelle Saint-Martin, dépendance de la Daurade, donnée quarante ans après aux llrsulines, puis dans celle qu'ils construisirent à l'extrémité du moulon entre la rue des Lois et celle qui garde leur souvenir avec leur nom.

Mais la plus célèbre de ces congrégations fut celle des Pénitents bleus, l'allé fut formée, a[)rès le jubilé de ir)yr), par plusieurs notables de Toulouse. Le jésuite lulmund Auger en dressa

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les statuts, qui furent approuvés par le cardinal d'Armagnac et confirmés par les papes Grég-oire XIII et Clément VllI.

Les confrères choisirent saint Jérôme pour patron et adoptèrent pour leur costume la cagoule de couleur bleue tirant sur le violet pour représenter la pénitence. Ils se réunirent à la chapelle du collège Saint-Marlial, aujourd'hui hôtel de l'Opéra, place du Capitole, puis à celle que leur céda au pré Montardy le commandeur de Saint-Antoine de Vienne et qu'ils reconstruisirent. On voit la façade de cette chapelle, en pierres de taille et briques d'une noble ordonnance classique^ portant le caractère des tenq^s de Louis XIII, à l'angle des rues Durant! et Saint-Antoine-du-T. C'est l'entrée actuelle du Conseil de guerre. Pendant quelques années de la fin du dix-septième siècle, la chapelle fut occupée par les Théatins, qui n'eurent en France qu'une seule maison permanente au quai Malaquais.

Mais en 1621, les religieux de Saint-Antoine voulurent rentrer en possession de leur chapelle, et ils remirent une indemnité de 21.000 livres aux Pénitents, qui résolurent de construire une église. Ils achetèrent aussitôt le logis de la Pomme, qui avait donné son nom à la rue sur laquelle s'ouvre un passage donnant entrée dans l'église. Elle portait auparavant le nom de rue des Imaginaires, dû aux artistes qui l'habitaient.

La première pierre fut posée, le 3o juin 1622, par Louis XIII qui s'était fait recevoir dans la confrérie l'année précédente à son passage à Toulouse au retour du siège de Montauban. Après lui les rois ses successeurs et les princes du sang, quand ils arrivaient à Toulouse, tinrent à honneur de se faire inscrire dans la confrérie qui garda de ce privilège le titre de royale : Louis XIV le 19 octobre 1G59, le duc de Bourgogne et le duc de Berry à leur retour d'Espagne en 1701, Louis XV et le dauphin le 10 septembre 17^7, et dix ans après, mais cette fois à Conqiiègne, les trois fils du dauphin, les trois derniers rois de la maison de Bourbon.

L'église fut construite en trois ans, d'après un plan envoyé

SAINT-JKROME.

par M. de Belabar, maître des requêtes au Parlement de Paris, l'un des confrères. Les constructions voisines expliquent l'abandon des formes traditionnelles et la disposition en ovale qui fut

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