EGLISE
S- JERûME
Vu;. II"). — I^V'"li.sc Sjiinl-Jci'ùme.
adoptée. Les concejUioiis orii>lnales s'éclia|ipant des voies h'acécs se reiicoiilreiit soiiveni dans \os (eiivros (rainalenrs plus libres que des arlisles de nieller assujettis aux rèi»les de l'école.
La poric pi-nicip;il(', siu' la fjirîide si'pl cul rlouale^ csl sui'UU)ulée
l68 LES MONUMENTS DE TOULOUSE.
par les rampants curvilignes posés à rebours d'un fronlon coupé, disposition assurément fort illogique mais qui amuse l'œil par le contraste et le mouvement des lignes opposées. Un cartouche au-dessous de la corniche porte une inscription rappelant la pose de la première pierre par Louis XIII :
D • O • M • DICAIVM
ET S- HIERONIMI • MEMORŒ
ALTER • AB • VNDECIMO • LVDOVICVS • NOMINE • IVSTVS
POST • DEBELLATOS • TEHRAaVE • MARIQ.VE • REBELLES
ADDENS • SE • REGNI • CUM • NOBILITATE • SODALEM
CŒRVLEA ■ SVB VESTE • TVIS • HIERONYME • SACRIS
QVA • DEXTRA • H.tRETICAS • IN • PR.ECEPS • IMPVLIT • ARCES
HAC ■ posvrr • primo ■ templi • fvndamina • saxo
La porte s'ouvre sur une sorte de narthex précédant la net ovale.
La façade septentrionale est percée de petites fenêtres éclairant la chapelle de la Vierge et les dépendances de l'ancienne maison des Pénitents. Elle est assez analogue à la façade contemporaine du couvent des Chartreux sur la rue Valade. Elle vient d'être délivrée du badigeonnag-e g-ris et terne qui l'attristait et la réapparition des assises de briques lui a rendu la vie.
Des tribunes permettaient aux personnes qui n'appartenaient pas à la confrérie d'assister à ses belles cérémonies. Elles furent décorées par Marc Arcis, qui modela au-dessus d'elles les basreliefs représentant les vertus chrétiennes. Cette disposition d'allure mondaine, suffisante pour une chapelle de confrérie, ne présente guère un caractère religieux, et la chaire, composée plus tard par Ajon d'après le dessin de Virebent, imitant la chaire de Saint-Roch de Paris^ fait songer à un amour soulevant les rideaux d'une alcôve.
Aussi la Révolution n'eut qu'à chasser les Pénitents, en août 1791, pour destiner leur église sans la moindre transformation à des concerts et à des assemblées politiques. La Société républicaine s'y réunit l'un des derniers jours de janvier 1798
SAIXT-JÉROME. 169
pour entendre l'cMoge funèbre du régicide Lepelletier Snint-Fargeau et des fêtes civiques y furent célébrées lorsqu'elle fut devenue le temple décadaire, puis dédiée en l'an IV à Filtre suprême.
Après le Concordat, l'église fut rendue au culte, puis en i8o4 érig-ée en paroisse, détachée de la grande paroisse Saint-Etienne, pour le service du quartier qui l'entourait. Elle fut agrandie par l'adjonclion des deux chapelles de la Vierg-e et de Saint-Jérôme flanquant la rotonde des deux côtés et la chapelle du Purgatoire fut construite sur un petit jardin. La statue de Xolrc-Dame-de- Bon-Secours est venue en 1802 de la chapelle des Petits-Augustins de la place Saint-Georges.
Le tableau remarquable de V Invention de la Croix., peint à Rome par Lethière, fut donné en i8o4 par Pescaire, l'auteur des Prisons de Toulouse pendant la Révolution, qui habitait près de l'entrée de l'église, à la rue de la Pomme. Le sculpteur Mathieu modela les bas-reliefs du sanctuaire. Sur les retours de l'ovale, à l'entrée du sanctuaire, furent plus tard placées deux stèles sur lesquelles le sculpteur Bernard Lange, un des derniers fidèles du classicisme académique, cisela les médaillons de son maître François Lucas, mort en 181 3, et de l'architecte Joseph Virebent, mort le i3 août i83i, entourés de génies funèbres et d'attributs uniquement empruntés à l'art du paganisme. Depuis l'érection de l'autel de Sainte-Germaine que surmonte une statue en marbre blanc de la sainte juvénile par Mauretle, les deux stèles ont été dressées sur les panneaux aux côtés de l'entrée au fond de l'église.
En 1870, le religieux de Garaison Pibou, ancien élève de l'école des Arts, peignit sur la voûte de l'ovale l'apothéose de saint Jérôme.
La confrérie des Pénitents bleus se reconstitua sous la Kestauralion et vécut même jus(|u'au (> mai 1858, jour où les derniei's membi'cs, réduits à un petit nond)i'e, constalèreut la tin de leur inslilulion et partagèrent entre leuF's confrères les [>lus nécessiteux les fonds (|iu l'estaient dans leur caisse. Lp dernier surNi\ant gai'da en déjx'it le beau Li\i"e des Rois, au jour-d'liui à la biblio-
thèque do rinslllut catliolique, contenant les statuts de la confrérie, les réceptions des rois et des princes avec leurs portraits dans leur costume bleu de confrères.
Mais réalise conserve un souvenir de l'ancienne institution et en ressaisit les belles solennités lorsque, d'après un privilège accordé par Pie VI en 1782, confirmé en 1816 par Pie VII, un jubilé s'ouvre toutes les fois que la fête de l'Invention de la sainte Croix arrive un vendredi.
Arcliives de la Haute-Garonr.e : fonds
des Pénitents.
Catel, p. 176 et sq.
Lafaille. Annales, t. II, p. 340.
Ant. DU Bourg. La confrérie des pénitenls bleus de Toulouse (Mém.
de la Soc. archéol. du Midi de la France, t. XIII, p. 5i).
FiG. 116. — Vigue symbolique sur un sarcophage chrétien de Toulouse.
FiG. 117. — Châsse de saint Exupère; musée Saint-Kajmond, jadis au trésor de Saint-Seruin.
SAINT-EXUPEPiE
Les fondations se muUi[)lièr-ent à Toulouse dans la féconde époque de relèvement moral qui suivit les luttes de la Réforme. Les Ursulines furent appelées en iGio par le cardinal de Joyeuse pour l'instruction des jeunes filles et s'établirent auprès de la chapelle de Saint-Mar(in, f[ui leur fui donnée parle prieur de la Daurade. Leur couvent devint plus tard l'hôtel des Postes jus- ([u'en 1890. Les religieuses de Noire-Dame, dont l'œuvre était la même, construisirent, en 1628, leur maison et leur chapelle dans la iiic à une seule issue (pii pril le nom de Noh'e-I )auie-du-Sac, sur les conlins des paroisses de la Daurade et de Saint- Pierre ; c'est aiijonfd'liui rii(')pilal nulilaire. Les CûU'mélites enlrèreiil, le
28 août 1620^ clans la maison qu'avait fait construire pour elles le président de Resség-uier, dont les cinq filles avaient pris le rude liabit de sainte Thérèse, maison qui log-e maintenant la Manutention militaire. Les Visitandines vinrent bientôt les rejoindre dans le même quartier, sur remplacement actuel du bazar du Capitole, tandis que les Dames de jMalte, contraintes de quitter leur maison de Beaulieu en Ouercy, d'abord recueillies à la rue de la Dalbade, se logèrent à Saint-Cyprien dans une ancienne maison de l'ordre de Saint-Jean.
Les Carmes déchaussés, qui avaient suivi la réforme de sainte Thérèse adoptée par saint Jean de la Croix, autorises par le roi Louis XIII pendant son séjour à Toulouse en i(322, puis par le chapitre de Saint-Etienne et les capilouls, achetèrent une maison et un jardin hors la porte Montgaillard, grâce surtout aux li])éralités de la veuve du président au Parlement, deVézian,ety bâtirent une église et un couvent. L'évêque de Rieux. Jean-Louis de Bertier, y célébra la première messe le 3 mars 1628.
Il n'est pas surprenant de retrouver dans cette église les caractères du culte et de l'art de l'Espagne, surtout de ceux de cette époque : surcharg-e d'ornements, moulures contournées en épais relief, guirlandes de fleurs et de fruits, têtes jouflues de chérubins encadrant les fenêtres et les panneaux g-arnis de tableaux.
L'église ne se composait d'abord que des quatre travées de la nef, munies de chapelles comprises entre les contreforts d;" chaque côté et du sanctuaire rétréci qui la terminait. La façade, au fronton en courbe épaulée par des contreforts profilés en contrecourbe, s'ouvre sur une cour ombragée. Vne statue de saint Joseph, dans une niche au-dessus du portail où elle fut replacée en (812, ra])pelle l'ancien [)atronage de l'église.
Une voùle d'arêtes en briques couvre les quatre travées de la nef; une voûte en berceau le sanctuaire. Quatre fenêtres cintrées de chaque côté éclairent l'église, qui reçoit encore la lumière par les deux oculus de la façade et du chevet. La première travée est surmontée d'une tribune que supportent (piaire colonnes de marbre.
SAINT-EXUI'ÈRE. lyS
Le cloclier dresse ses modestes faces en ocLog-one sans retrait à Tangle de Tancien sanctuaire. Il fait songer à un clocher de village, et sa flèche obtuse d'ardoise, surgissant à travers les ombrages du Jardin-des-Plantes^ complète l'aspect agresie de la paisible promenade.
Lorsqu'on 1807, l'%lise fut devenue l'église paroissiale du faubourg- Saint-Michel, elle fut prolongée par l'ancienne sacristie et le chœur des religieux qui la surmontait. C'est le sanctuaire aciuel, de forme carrée, dont le mur oriental est percé au sommet par un oculus. L'ancien autel fut reculé et au-dessus le curé Douarre établit un autel entouré de colonnes de marbre qui remplaça celui de l'ancien chœur conventuel, placé, selon la règle du Carmel, à la hauteur des cellules des religieux. Le céramiste Yirebent l'orna de télé d'anges en terre cuite. Plus tard, en 1829, le même curé obtint les tableaux de l'ancien plafond des Pénitents noirs, peints par Despax et représenlant des prophètes et des apôtres. Des peintures de l'italien Géroni complétèrent l'ornementation du sanctuaire avec les stalues de saint Dominique et de sainte Catherine de Sienne^, venues de l'église des Jacobins. La ville remit aussi quelques tableaux de son naissant musée. Le peintre-verrier Bordieu posa les vilraux en 1887.
La sacristie fut alors établie dans l'ancienne chapelle annexe de l'Enfant-Jésus, où elle est encore, mais elle avait occupé d'abord une salle au midi de l'église, qui fut vivement réclamée par le directeur du Jardin-des-Plantes, et elle sert d'orangerie.
L'enclos du couvent devini, en efl^et, le Jardin-des-Plantes après la Révolution, Le cloître avec arcades cintrées fut pris,, ainsi que les bâtiments convenluels, par l'Ecole, aujourd'hui Faculté de médecine.
L'église Saint-^lichel, ancienne chapelle de cimetière, comme tant d'autres de ce vocable, occu])ait hors des murailles, sur la j)lac(' ('\l(''r'ieure de ce nom, rem[)la('ement de la caserne acinelle de gcndaiinci'ic. D'abord annexe de Saml-h]lienne en i")*-»."), elle fut <''rig('M' en paroisse, en 1780, par rai'chex ('(|n(' Loummim' do
iy4 LES 3I0NUMENTS DE TOULOUSE.
Brienne, cédant aux demandes des habitants de ce quarlier populaire devenus très nombreux. La Révokilion la vendit comme bien national, et après le Concordat, le sièg-e paroissial fut transféré à l'église des Recollets. Mais un décret impérial du 9 avril 1806 l'établit à l'ancienne église plus centrale des Carmes déchaussés. Une o-'donnance de l'archevêque Primat, en date du 2 janvier 1807, la plaça sous l'invocation de saint Exupère, qui n'avait pas encore une église qui lui fût dédiée dans une ville qu'il avait sauvée d'une attaque des Vandales. Une chapelle dut être réservée à saint Joseph pour rappeler l'ancien patron, et une autre à saint Napoléon. Mais le curé Douarre, hésitant sans doute à introduire dans son église un saint jusqu'alors si ignoré, objecta prudemment qu'il n'avait pas de fonds pour le moment, et le moment passa bientôt.
Archives de la Haute-Garonne, /o/k/s de Saint-Etienne.
Archives du Donjon : Cultes, liasse V, -2^ section, n° 8.
FiG. 118. — Partie d'une image populaire de Toulouse, 1673 : saint Exupère ffuéril miraculeusement des Milanais.