SAINT-AUBIN
Le teiTain occupé par la place Saint-Aubin et l'ancienne école des Frères, jardin jadis du Séminaire de Caraman, devint, en 1780, d'après l'ordonnance du cardinal de Brienne interdisant les inhumations dans les églises, un cimetière commun pour les quatre paroisses de Saint- Elienne , de Saint- Sernin, du Taur et de Saint-Michel. Il g-arda le nom de Saint- Aubin, qui lui venait d'une petite chapelle élevée au milieu d'un cimetière voisin qu'on supprima.
Le nouveau cimetière fut utilisé jusqu'au i5 juillet 1840, veille du jour où le premier mori alla rejoindre sur le coteau de Terre-Cabade ses prédécesseurs des temps gallo-romains doni, on a trouvé les urnes sépulcrales.
Dès 1834, les habitants du quartier populeux avaient demandé une église. On pensa d'abord à ériger en ég'lise paroissiale la chapelle des Frèi-es. f/archevéque présenla un projet diflercnt en 1 838, cl en juin iS/pj le conseil municipal vota la conslruction
FiG. 119. — Les cryptes.
crime église succursale de Saint-Elienue en accoi'danl une siil)venlion de 100.000 francs. La première pierre en lui posée par l'archevêque, plus lard cardinal d'Aslros, le 4 niars 1847. Les restes des inhumés dans le cimetière furent recueillis par un grand nombre de familles et ils reposent dans les cryptes. Les concessions accordées contribuèrent pour une grande part aux frais de la construction de l'église, qui a conservé le patronage de saint Aubin.
Le plan avait été tracé par l'architecte Auguste Delort.
L'ég-lise s'élève sur le soubassement formé par les cryptes. On y accède par deux larges emmarchements qui conduisent sous un porche monumental couvert d'une coupole sur pendentifs, ornée d'une couronne d'arcatures. Trois portes aux boiseries artistiques donnent entrée dans une nef et deux collatéraux. L'église, d'une longueur de 100 mètres sur 82 en largeur, se compose en effet d'une nef centrale et des deux bas côtés flanqués de chapelles. Elle est divisée en sept travées : la première à l'entrée surmontée d'une tribune pour les orgues. La nef est encore inachevée sous une charpente. Les collatéraux sont couverts d'une voûte d'aréle à l'aspect de coupole, et les chapelles ont reçu une voûte en berceau perpendiculaire aux collatéraux, disposition très bien entendue pour la solidité de l'édifice. Des tribunes surmontent les collatéraux et au-dessus s'élèvera l'étage des fenêtres. Un déambulatoire entoure le chœur^ et au fond de l'abside s'élève une chapelle en rotonde, avec abside ronde, dédiée à la Vierg-e.
L'édifice est construit selon les dispositions et les formes de l'ère du plein cintre, qui furent reprises au seizième siècle avec les imitations de l'art antique. Les deux arts se rejoignaient, puisque l'architecture romane s'était inspirée de celle de Rome. La lumière transfigurée des vitraux ne lui sera pas inutile pour atténuer la froideur des arcades hautes jusqu'à paraître étranglées et la maigreur des piles aux profils aigus. L'église, d'une construction fort habile, ne manquera pas de présenter un caractère imposant.