EGLISES CONVENTUELLES
Vu;, iiio. — Mod('lc des cloclins de l)i'i(|ii('s loiilousîiins.
La basilique Saint- Seriiin , la nef de Sainl- Etieniie et Tég-lise des Jacobins sont les trois grandes oeuvres du Moyen âge à Toulouse.
Saint Dominique avait réuni en i2i5, à Toulouse , six compagnons dans la maison de l'un d'eux, Pierre Seila, située près du Ghàteau-Narbonnais, pour se consacrer avec eux à la défense de l'Eglise et de la société chrétienne contre les attaques des manichéens. Il se rendit ensuite à Rome avec l'évéque Fovdque , et le pape Ilonorius III autorisa le nouvel orvh'e des Fi'ères- Pr('ciieurs par* une bulle du -i-i (l(''C(Mul)re i ■> i (i.
lyS LES MONUMENTS t>E TOULOUSE.
Foulque leur donna l'église Saint-Romain ou Saint-Rome, qui a laissé son nom aux deux rues à l'angle desquelles elle s'élevait et saint Dominique en fut le premier Prieur.
L'église et la maison voisine appartinrent^ dans les derniers temps de l'ancien régime, aux doctrinaires. On voit encore, dans la cour de la dernière maison de la petite rue Saint-Rome, une façade assez monumentale avec un crucifix sculpté au-dessus de la porte. On aperçoit aussi sur cette rue les fenêtres cintrées de la petite chapelle remplacée par un magasin.
Saint Dominique avait trouvé seize religieux au lieu de six à son retour de Rome. Leur nombre s'augmenta si rapidement que la maison de Saint-Romain devint bientôt trop petite. Pons de Capdenier leur donna, en 1229, douze cents deniers tolzas, grâce auxquels ils achetèrent le jardin appelé de Garrigues, situé sur la paroisse de la Daurade^ contre les murailles de la ville. Ils y bâtirent une première chapelle et un modeste couvent dans lequel ils furent conduits par Foulque et son clergé aux fêtes de Noël
Le Frère-Prêcheur Raymond de Falgar, évêque de Toulouse après la mort de Foulque, multiplia ses dons en faveur de ses relig-ieux. D'autres suivirent. Des terrains,, quelques jardins, trenteneuf petites maisons et une ruelle furent achetés sur le territoire de la paroisse de la Daurade et sur celui de la paroisse de Saint- Sernin. Les plans pour la construction d'un grand couvent et d'une monumentale église commencèrent à être tracés vers 12 45, année où une bulle d'Innocent IV accorda cent jours d'indulgence à tous les fidèles qui aideraient les Frères-Prêcheurs de leurs aumônes pour sa construction. Toutefois, les premières assises de l'église ne paraissent pas avoir été dressées avant l'année 1260, d'après les lettres de Raymond de Falg-ar autorisant sa fondation, datées de cette année. Le pape Clément IV la confirma par une bulle en 1265.
La construction se poursuivit avec activité. En 1286, le prieur Raymond Hunaud terminait les voûtes de l'abside. Le 2 fé-
vrier 1292, jour de la Purification, Bertrand de Montég-ut, abbé de Moissac, célébra la première messe à l'autel de la Vierge. Le prieur Bernard de Landaur fit construire le mur pig-non de l'ouest, mais les voûtes du fond de l'église ne furent posées que par Pierre de Godieu, provincial en i3o4, l'un des plus insignes
LakanaL-
(jraruic. Cour
FiG. 12 1. — Plan du Couvent des Frères-Prêcheurs.
bienfaiteurs du couvent. On voit ses armes sous les roses de la façade : parti d'or à trois fascea de gueules, et au coupé d'argent au château à trois tours de gueules et d'argent à un arbre de sinople surmonté d'un cJievron du même.
La flèche du clocher fut dressée en i2(j().
Mais l'église n'était pas encore complètement terminée. Elle fut consacrée solennellement, le 22 octobi'c i385, par rarchevéque
de Lesbos, en présence de l'évéque de Toulouse, de plusieurs évêques de la Province, du duc de Bourgogne et des principaux seigneurs du pays.
Dans les deux siècles suivants, des chapelles carrées, richement ornées par les soins des plus importantes familles de la ville, furent ouvertes entre les contreforts, même du côté du cloître. Les chapelles de l'abside, d'abord carrées et
Fui. 122. — Clocher et coupe de l'église; — élévation d'une travée.
peu profondes, furent prolongées; la chap.'lle du Rosaire du chevet fut reprise et ag-randie au seizième siècle et surmontée de l'élég-ant lanternon qui se profile sur la rue.
En même temps, les bâtiments conventuels s'élevaient suivant le plan tracé. Ceux de l'ouest furent commencés en 1294? les salles des cours et la bibliothèque en 1307.
Le cloître s'étendit au nord de l'église, sur les terrains que les relig-ieux avaient pu acheter de ce côté ; d'habitude,
LES JACOBINS. l8l
en effet, les cloîtres étaient préférablement exposés au midi. La g-alerie au-devant de la salle capitulaire et de la sacristie fut terminée avant la fête de saint Jean-Baptiste de l'année 1807; celle qui longeait l'église et celle qui suit donnant sur les dortoirs et les écoles le furent dans l'été et l'automne de li^oç); enfin, la dernière, vis-à-vis celle de l'ég-lise, compléta le (juadrilatère peu avant la fête de l'Annonciation de i3io.
Arnaud de Vilar avait fait construire la belle salle capitulaire , sous le priorat d'Ilier de Ganq^reignac, en i3oo et i3oi. On y voit ses armes : cVargent à trois pals de g lie aies.
Le réfectoire, commencé sous le prieur Arnaud du Pré, en 1298, était terminé à la Noël de i3o3, par les soins du prieur Louis de Bayonne.
Le l'rère Raymond Béfjuin, plus tard évérpie de Chypre, patriarche de Jéru- j salem et cardinal, construisit la sacristie de i3i2 à i3i5.
Enfin, Dominique Grima, évéque de Pamiers, n'oublie pas sur son siège épiscopal le couvent de Toulouse où il avait passé ses jeunes années et fit construire la chapelle Sainl-Antonin, patron de sa calhédi'ale, (jui fut terminée en novendire \'M\\ . Il la destinait à la sé|)ullnr(' des religieux et à celle des chaiioiucs de Pamiers fjui nioiiiT'nient, à Toulouse, Il y lui eiise\('li, en i.')^i7, dans un lomljeau de uiai'bre, sur le ('(')!<'' du saucluaire. ( n caNcau abiil;iil les restes des r'eliijieii \ ,
Fiu. 123. — Élévation de Ih t'arade.
L'église est un vaisseau imposant et sévère qui doit sa beauté à l'ampleur et la simplicité des lignes. Les Frères-Prêcheurs et les Frères-Mineurs exclurent de leurs églises les somptuosités qui avaient envahi celles des abbayes bénédictines et voulurent leur imprimer un caractère d'austérité.
^mjn
^mM
g^Q^, JQ
ïi<i»«.«-«r i^ .--., W— '--li f— ^