EGLISE DES JESUITES
Parmi les chapelles construites à Toulouse dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, deux présentent une valeur artistique : celles des Jésuites, rue des Fleurs, et des Dominicains, rue Espinasse, ancienne rue Donne Coraille.
Elles sont dues toutes deux à l'architecte Bach, celui de tous ses collègues qui a le plus fidèlement reproduit l'art monumental du treizième siècle.
Celle des Jésuites, terminée en 1860, se compose d'un porche, d'une nef avec collatéraux au-dessus desquels circulent des tribunes avec arcades géminées. De hautes et larges fenêtres terminent l'ordonnance. Les remarquables vitraux du sanctuaire ont été exécutés d'après les cartons de Jiernard Bénézet. La construction entière, sauf les chapiteaux et les meneaux des fenêtres, est (Ml briques et leur's dispositions variées composaient une ornemeiilalioH |)itlores(pie el vi\an(e, iiioiilrant sincèremenl rap[)areil, avant (qu'elles eussent été recouvertes de [)eintur'cs.
Mais la bi'i(|ne se pi'ête ])eu aux habilnelles élévations i»()lln(|ues
exlérieures, contreforts élancés, pinacles et arcs-bontanls. Aussi les façades paraissent-elles maigres et pauvres.
Les Jésuites construisirent en 1874 le beau collèg-e du Caousou, décor et honneur de la colline, au levant de la ville.
La chapelle des Dominicains présente des dispositions aussi élég-antes mais plus simples. Le constructeur a imité dans la salle capitulaire celles de la superbe salle du grand couvent du Moyen âg-e. Mais ces reproductions, précisément parce qu'elles sont très fidèles, présentent une régularité géométrique toujom's un peu froide. On n'y aperçoit pas ces recherches ingénieuses de détails, les variétés, les trouvailles imprévues, parfois les repentirs et les reprises qui donnent tant de vie et de charme aux monuments originaux.