CARMÉLITES
Catel, p. 2G9.
Abbé Pagny, la Chapelle du Grand Séminaire (Toulouse, Privât,
1897)- Baron de Bouglon, Les Reclus de Toulouse sous la Terreur i^i^ fascicule).
ÉGLISES DES EÂUBOLIIGS
LES REGOLLETS
A rexlrémilé clc la longue avenue qui fut à l'époque romaine une voie entourée de tombeaux, auprès de l'ancienne chapelle NoLre-Damc-dn-FéréIra dont l'abside ronde émerg-e au milieu de bâtiments ruraux, l'église appelée aujourd'hui le Calvaire dresse entre de g-rands arbres son toit aigu.
Elle fut construite dans les dernières années du quinzième siècle par l'ordre de Louis XI pour les Gordeliersde la petite observance, ceux qui avaient adopté la réforme introduite dans l'ordre franciscain en i3G3. Le roi les avait établis, en i48i, à la sollicitation du célèbre prédicateur Olivier Maillard, dans la ville qu'il avait visitée naguère. Une bulle du pape Sixte IV confirma la fondation. L'église fut dédiée à Sainte-Marie-des-Anges.
Un habitant de Toulouse, Jean Buisson, fit décorer les cliapelles, donna les vases sacrés, les ornements du culte et les livres de la bibliothèque. Bernard de lioquette, seigneur d'Auzielle et de ^layrins, fut aussi l'un des bienfaiteurs de la maison. Sa pien-e tombale tindjrée du roc d'échicpiier de son blason, était [)Osée devant les marches du sanctuaire. EHe viejit d'être trausj[)()rtée au Musée. L'archidiacre d'Arles cl couseiller au Parlement L'Iluiliier domie 5(j(j (''cus d\)i' poui- la conslfucliou (hi cloilrc (pii a (hsparii.
Ohviei" Maillard passa ses dcruièrcs aniK'cs daus le cdUNcnl. Il y mourut en iTn)'^, cl fui inhuiut' dans la s;illr ciqiil ulaire ; ses
restes furent transportés plus tard dans une chapelle construite en son honneur, au sud, que des constructions nouvelles ont fait disparaître, ainsi que les trois autres de ce côté. La chapelle était dédiée à saint Bonaventure et les jeunes femmes en espérance venaient implorer la protection du saint et du religieux très populaire dans la ville. Son épitaphe en trois dystiques était inscrite sur le cercueil de plomb.
FiG. \l\l\. — Pieta des Recollets, au Musée.
Un de ses prédécesseurs, Pierre de Louret, avait été de même inhumé dans l'église et le premier président, Duranti, y avait fait préparer son tombeau^ mais sa mort trag-ique dans un quartier éloig-né le fit enterrer dans celle des Gordeliers.
La maison fut transmise, en 1601, aux Recollets, religieux du même ordre qui s'étaient unis à une nouvelle réforme introduite en Espagne et dont les premiers adhérents avaient été établis à Nevers, en 1592^ par le duc Louis de Gonzague. Le frère Bernard
EGLISES DES FAUBOURGS
Violaii, l'un des quatre relig"ieux qui avaient fait entrer la réforme en France, vint à Toulouse et mourut clans le couvent.
Le cardinal de Glerniont-Tonnerre donna à des prêtres charg-és des missions diocésaines le couvent abandonné depuis la Révolution. En i84i , rarchevêque David d'Astros y établit les missionnaires du Sacré-Cœur qu'il destinait surtout à l'évang-élisation des campag-nes, mais dont quelques-uns, comme le père Caussette^ ont illustré aussi les chaires des grandes villes. Ils furent surtout appelés pères du Calvaire.
L'église se compose d'une nef unique couverte d'une charpente avec chapelles au nord et d'une abside penlagonale. Elle se distingue surtout par un comble à grande pente avec chevrons portant fermes, le seul de cette forme qui soit à Toulouse avec celui de la Grand'Chambre du Palais. Il est couvert de briquettes.
Les contreforts de briques sont surmontés de pinacles de pierre à crochets, uniques aussi dans la ville.
La famille de Fourquevaux possédait la chapelle ouverte au nord sur le sanctuaire, aujourd'hui transformée en sacristie. Les arcs de la voûte s'appuient sur des culots où fîg-ure le vairé d'or et de sinoplc de leur blason. Le groupe de V Annonciation que l'on voit aujourd'hui au Musée ornait autrefois cette chapelle.
On voit encore dans l'église l'épitaphe du président de Nupces dont le Musée possède aussi le buste, d'un caractère très personnel.
Le cardinal d'Astros voulut que son cœur reposât dans l'église qu'il avait aimée entre toutes et il y fut gardé dans une urne posée sur le mur du nord.
Un enclos ombrag-é, propre à la méditation recueillie, s'étend sur la berg-e vers la Garonne. Les quatorze stations du chemin de la Croix l'entourent d'autant de chapelles; pour la dernière, Gril^ foul-Dorval modela eu terre cuile les personnag-es de la Mise au Tombeau enti-ée aussi récemmenl au iMusée.
23o LES MONUMENTS DE TOULOUSE.