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I. Payrols, chaudières des thermes ; Laque, réservoir

LES ORIGINES, TOULOUSE ROMAINE ET CHRETIENNE

voyait récemment encore les restes d'un aqueduc, qui apportait les eaux des plateaux de l'Ardenne.

La langue de terre entre la Garonne et le canal de fuite du moulin du Château se peupla, grâce à des privilèg'es accordés par les comtes et les rois de France, d'un g-roupe fort turbulent de pêcheurs, de bouchers, de teinturiers. Elle doit son nom d'île de Tounis à une antique chapelle disparue dédiée à saint Antoine de Frédélas ou de Pamiers, très populaire au Moyen âg-e, que la légende disait y avoir été miraculeusement déposé. Le pont de bois qui la réunissait à la ville fut converti en pont de briques de i5i4 à i5i6. Le passant qui le traverse jouit des aspects pittorescjues que présentent sur les ^^.-^ rives les maisonnettes, les baraques et les jardinets des ouvriers, en face des ombrages

couvrant les terrasses bordées de balustres des beaux hôtels de la rue de la Dalbade.

Un écrivain du quatrième siècle, le bordelais Ausone, disant que Toulouse essaima cinq villes autour d'elle sans s'amoindrir, indique cjue d'autres groupes importants d'habitations se formèrent au delà de son enceinte, mouvement d'expansion qui se renouvelle de nos jours hors de la ville dans toutes les directions.

FiG. 6.

Une porte roinnine du Chàleaii N;n'bonn;iis

publiée par l'historien Noguier en lilôG.

Les restes de Tonloiiso roinaiiie sont [)i'u noinbi-eiix, La rareté de \i\ pierre ([ni a l'ait iitihsoi' les constructions anciennes et les moindres débris dans h's nouvelles expli(jue le minime ensemble d'insci'iptions et de sculptures conservées. Hien ne [»arIeraiL plus

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du Gliâteau-Narbonnais sans le dessin d'une porte avec captifs adossés donné par Noguier. Récemment encore, la haute muraille voisine d'une dépendance du château se dressait sur la rue des Menuisiers. Elle avait été percée au douzième siècle, dans ses assises supérieures, par des fenêtres géminées, qu'on voit aujourd'hui enguirlandées de lierre, exilées au Jardin des Plantes. Un autre frag-ment se montre dans une chambre de l'ancien couvent de l'Inquisition, où on l'appelait le banc de saint Dominique.

On peut suivre cependant le cours des murailles grâce à quelques fondations retrouvées. La base d'une des tours des Hauts- Murats est très probablement romaine. Les tours reconstruites au quatorzième siècle au levant de la ville, que l'on voyait encore il y a un demi-siècle et dont quelques courbes ont résisté au Jardin-Royal, à la rue Bida, sur le revers des maisons de la rue Sainte-Anne, avaient pris la place des tours romaines et reposaient même sans doute sur leurs premières assises. Une bande de pavés d'une forme spéciale marque, à l'extrémité de la rue de Metz, le tracé de l'ancien rempart auprès de la porte Saint-Etienne.

D'autres assises ont été mises au jour, en 1908, sur le boulevard Garnot, lorsqu'on creusait les fondations de la haute maison Doat. A partir de ce point, la muraille défensive obliquait vers l'ouest. En 1908, elle fut retrouvée dans la tranchée d'un égout, à la rue Lapeyrouse. Un fragment conservé dans le square du Gapitole suffit pour indiquer sa direction. En 1910^ les travaux entrepris pour le dallage de la place firent apparaître les substructions d'une porte entre deux tours, celle qui fit plus tard donner à la rue précédant la rue du Taur le nom de rue de la Porterie. Elle s'ouvrait sur le prolongement du mur en vue dans le square, à peu près au milieu de la place actuelle, et deux murs parallèles conduisant à une porte antérieure se dirigeaient vers l'angle nord-ouest. Le plan de Jouvin de Rochefort, de 1677, montre qu'on pouvait encore à cette époque suivre le cours des

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murailles dans les moulons entre la place et la Garonne. Des fragments s'y montrent même dans les caves.

On aperçoit au-dessus de la chaussée du Bazacle quelques blocs de marbre portant la marque de goujons de fer, provenant du g-rand temple, qui furent mis au jour, en 1609, par la rupture de la chaussée. Ils avaient été entraînés par les eaux, car le temple se dressait sur remplacement de l'ég-lise de la Daurade, plus élevé au-dessus du fleuve, dont la construction de la chaussée au douzième siècle a haussé considérablement le niveau. Rivalz recueillit des fragments de frise et de corniche conservés au Musée.

En 1867, sur la place du Pont, fut retrouvée une importante construction, aqueduc ou bassin de réception des eaux venues du plateau de Lardenne, recouverte depuis par l'élévation du terrain à l'entrée de la rue Peyrolières, où des fouilles amèneraient peutêtre de précieuses découvertes. En 1908, d'autres substructions furent mises au jour à la place Rouaix, parmi lesquelles des tuyaux en terre cuite semblaient indiquer sur ce pir.. 7. — Mars; bronze point le plus élevé de la ville un réservoir de vieille-Toulouse, de distribution des eaux.

On voyait encore au dix-huilièine siècle les arcades de ra({ueduc qui portaient les eaux du plateau de l'ouest au château de Peyrolade. L'aqueduc se continuait pour les conduire jusqu'à la ville, en traversant le pont que le peuple appela le pont de la reine Pédauque. .Nous aurons l'occasion de parler de ce personnage légendaire.

Des urnes cinéraires ont été retrouvées non seulement à l'ancien cimetière Saint-Roch, mais aussi à celui d(^ Saint-Aubin lorsqu'il l'ut défoncé poui" la consh'uclioii de l'église, el Ao giMU-

des urnes furent aussi retirées de eavités creusées dans le lieu dit en effet Terre-Cabade, redevenu cimetière en iS/^o, après deux mille ans.

C'est en dehors de la ville qu'il faut aller voir le témoin le plus important de l'ère romaine, sur la première terrasse diluvienne,

FiG. 8. — Plan général des arènes de Toulouse, au sud de Blagnac.

au-dessus du confluent du Touch et de la Garonne. Elle était animée par de nombreuses villas baignées d'eaux vives et peutêtre aussi par une des cinq villes mentionnées par Ausone. Un amphithéâtre y montre encore les crêtes en blocages de ses portes dépouillées des pierres de taille qui les recouvraient et s'y creuse au-dessous. C'est une vaste ellipse ouverte en partie dans

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le sol, maintenue par vingt-sept g-ros massifs en cailloux roulés, noyés dans le mortier, dont les deux plus élevés flanquaient les entrées principales. Les murs rayonnaient autour de l'arène dans le prolongement des massifs et supportaient des gradins en charpente. Ils donnaient 28 mètres à l'épaisseur des constructions et à l'ensemble une étendue à peu près égale aux arènes de Nîmes. La voûte en briques d'un vomitoire s'est conservée au sud-est;, et, visà-vis, une naissance de voûte se montre audessus du pavement d'une salle celle sans doute où se réunissaient les gladiateurs.

Les lettres T I B inscrites sur une plaque de marbre , quelques monnaies de Claude et de Faustine semblent dater le monument du premier siècle.

Les spectateurs jouissaient d'un superbe panorama sur la plaine prospère, la ville mouvementée et l'horizon couronné au loin par- la crête azurée des Pyrénées.

Aujourd'hui, non loin de l'amphithéâtre, le monde élégant e( la foule même vont jouir des joutes équestres qui ont r(Mnplacé les luttes sanglantes des cirques antiques.

Autour de ces ruines^ la campagne a livré souvent des vestiges

FiG. 9. — Uu arceau des arènes rie Toulouse.

romains. Récemment, un petit buste en marbre de Jupiter Sérapis fut recueilli au pied du cliàleau de Saint-Micliel-du-Touch avec plusieurs autres débris contemporains ou plus anciens.

Toulouse était devenue absolument fille de Rome et avait adopté sans réserves la langue, la religion et les institutions que la capitale à ce moment du monde civilisé infiltrait peu à peu^ mais avec une irrésistible souveraineté , dans les provinces où pénétraient avec ses armées son habile et prenante administration.

Dès le premier siècle de notre ère, Martial la décorait du nom de Palladienne, tandis que Strabon , Pomponius Méla^ et César avant eux, avaient déjà vanté son opulence et l'activité de son commerce. Ausone, qui y passa sa jeunesse, disait plus tard qu'elle tenait le quinzième rangparmi les villes de l'empire et le troisième parmi celles des Gaules.

La ville devait montrer des monuments somptueux, des statues nombreuses et des œuvres de sculpture dignes de la Rome des Gaules. Celles qui ont été retirées de la villa de Martres- Tolosane, dont aucun auteur ancien n'a parlé, sont réunies dans notre grand musée et nous donnent l'idée, malgré les mutilations et sans doute les destructions qu'elles ont subies, des

FiG. 10. — Jupiter Sérapis, Saint-Michel-du-Touch.

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richesses d'art qui illustraient la capitale de la province.

La salle des antiques au musée expose d'autres monuments révélateurs :

Deux corniches trouvées sur le sol du Château - Narbonnais , une autre, décorée de méandres et de feuillages, venue des murailles de l'église Saint-Jacques démolie, un montant de porte orné d'un bouquet d'acanthe d'où s'échappent des rinceaux terminés par une fleur radiée, qui encadrait la fenêtre d'une maison près de Saint-Sernin , une frise dorique avec triglyphes et bucranes présentent une grande analogie avec les sculptures architecturales de Martres dont la valeur artistique est toutefois supérieure.

Deux chapiteaux corinthiens , — en marbre de Saint-Béat, comme tous les fragments du musée, — d'un travail fin et précis avec volutes brisées aux quatre ang-les, semblent avoir été préservées pour montrer combien ils furent imités par les sculpteurs de l'époque romane, particulièrement à l'église Saint-Etienne du onzième siècle et à l'église contemporaine de Saint- Sernin.

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