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ECOLE DES BEAUX-ARTS

Après des tentatives g-énéreuses de Dupuy-Dugrez dès 1698, puis de Jean Michel demeurées sans résultat, un groupe d'artistes se réunit dans Tatelier d'Antoine Rivais, peintre de l'hôtel de ville, salle aujourd'hui du Conseil municipal, pour travailler en commun d'après le modèle vivant et suivre les leçons de l'artiste déjà célèbre. En 1726, le succès de cette entreprise la fit transformer en école municipale de dessin. Vingt ans après, Cammas, successeur d'Antoine Rivais, organisa une Société des Beaux-Arts chargée déjuger les concours et de distribuer les médailles. Les capitouls ne mettaient nulle bonne grâce à seconder ces efforts; ils s'effrayaient des dépenses. Un homme de haut goût, M. de Mondran , multiplia ses efforts pour faire ériger la Société en Académie royale , et les lettres patentes autorisant cette érection furent signées par le roi, le 25 décembre 1750. Dès l'année suivante, la première exposition des œuvres de peinture fut inaugurée, le 2.5 août, jour de la fêle du roi, dans la galerie précé(huit la Salle des Illustres, et les expositions annuelles se suivirent jusqu'en i7<)'^.

L'Ecole, m;d logée dans l'atelier de Cammas, fut installée d'abord d;ins le loi^is de I'Im'U, dépendance de rii(')lel (h^ ville.

puis en 1769, grâce encore aux démarches de M. de Mondran, dans le vaste hôtel du Petit Versailles, sur la rue Lafayette actuelle, où s'établit aussi l'Académie des Sciences.

Les progrès de l'Ecole s'accentuèrent chaque jour davantage. Dès 1766, l'architecte Labat de Savignac et le sculpteur Lucas s'étaient engagés à professer leur art gratuitement. En 1782, M. de Mondran joignit à ses frais, et avec l'aide de quelques membres de l'Académie, une école des ponts et chaussées. En 1789, l'École recevait 5.000 livres des Etats du Languedoc et4-4oo livres de la ville.

Après la tourmente, le directoire du département réinstalla les anciens professeurs dans une séance solennelle tenue, le 2 5 janvier 1794? à l'ég-hse des Pénitents- Bleus. Mais un décret supprima bientôt toutes les académies et ce ne fut qu'en i8o4 qu'un rapport de Fourcroy fit rétablir à Toulouse l'Ecole spéciale des arts. Logée d'abord dans les anciens bâtiments, l'école fut transférée, le 2 janvier 1806, dans le couvent des Augustins, dont le Musée avait déjà pris l'église.

Elle occupe maintenant, depuis 1895, l'ancienne abbaye des Bénédictins, sur le quai de la Daurade. Le noble monument a souffert de son arrivée. La nouvelle façade de pierre plaquée entre les deux ailes est un mensonge sur un monument de briques. La cour aurait dû être fermée simplement par la g-rille contemporaine du cours Dillon qu'on déplaçait à ce moment, et laissée en vue pour recevoir, comme celle des Beaux-Arts de Paris, les débris de monuments que les démolitions obligent à enlever.

Ainsi a disparu le noble ensemble des g-randes lignes d'un aspect imposant dans sa simplicité, des profils florentins, des belles ombres de leurs toitures en saillie. L'ornementation n'est nullement en harmonie avec la construction et n'était pas appelée par elle. Les figures allég-oriques, lourdes et vulg-aires, plaquées contre la façade sans qu'elles se lient à la décoration générale, sont trop grandes pour les proportions du monument qu'elles diminuent.

EDIFICES D UTILITE PUBLIQUE

Surtout elles oublient trop le respect dû aux reg-ards que Fantiquilé elle-même avait observé en faisant apparaître la forme humaine avec une telle idéalisation, un tel dédain des détails qu'on ne song-e pas même à s'apercevoir de sa nudité, que le Moyen âg-e surtout avait accru en revêtant de nobles et larges plis les figures jaillies de la pierre auxquelles il donnait la tendresse avec la gravité. Sur le quai de la Daurade, ce n'est plus le nu, c'est le déshabillé qui s'étale avec l'accentuation des contours voluptueux, l'attitude provocante et l'effronterie sans excuse.

FiG. 180. — L'ancienne abbaye des BénéJiclins, quai de hi Daurade.

De l'École des Arts du merveilleux cloître des Augustins regretté ont surgi peintres et sculpteurs qui sont la gloire de l'art français contemporain .

L'Ecole des beaux-arts et des sciences industrielles possède une bibliothèque artistique de 3.5oo volumes, une galerie de moulages, une belle collection de photographies de monuments et d'oMivres d'arl sans cesse sous les yeux des élèves, et aussi comme souvenir" el comme ('iicoiirai^cuKMils les bas-reliefs el les labl(';in.\ des gr';iii(ls-|)i-i.\ de sciilpliiic r\ de peinture oi)tenus [)ai' les jii'lisics ilonl (| ii('l(|ii('s-ims soiil dcNcnns i>lorienx. I']nlin, les

portraits ou bustes des directeurs de l'Ecole depuis 1725 et de quelques professeurs.

La cour de l'ancienne abbaye bénédictine a conservé sa belle allure, sauf l'aveuglement de quelques ouvertures ; le fronton central d'une noble ordonnance dont les blasons sont martelés. Elle a reçu du Ministère un moulage du Couronnement de la Vierge du château de la Ferté-Milon, fixé sur la façade à l'exposition du midi.

CONSERVATOIRE

L'art du chant fut toujours cher aux méridionaux, aux Toulousains surtout. On entendait naguères encore, aux soirs d'été, des groupes populaires réunis sur les places ou les carrefours^ livrant aux brises les vibrantes résonnances de leur langue sonore et chaude.

Dans les premières années du règne de Louis XV, la Société toulousaine fit construire à la rue Montardy une salle de concert qui, vers 1770, devint le Musée, à l'imitation du Musée de Paris, et où l'on entendit la poésie s'unir à la musique. Après la Révolution, dès 1797, les littérateurs et les artistes se réunirent de nouveau dans la même salle, qui prit le nom de Lycée, et devint l'Athénée lorsque le nom de Lycée eut été réservé aux collèges.

On y voit, sur la paroi du fond, un bas-rehef de Marc Arcis vivement enlevé représentant Apollon entouré des Muses.

Dernièrement a été communiqué à la Société archéologicfue du Midi le dessin d'un plafond de Subleyras qui, par sa forme oblongue, paraissait destiné à cette salle.

Des projets pour une école de musique s'ébauchèrent au commencement du dernier siècle, mais ce ne fut qu'en 1820 que le Conseil municipal en décida la création. Elle fut érigée en succursale du Conservatoire cle Paris par une ordonnance royale en 18^0, et elle est devenue Ecole nationale par une convention survenue.

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en 1884, entre le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts et le Maire de Toulouse.

La façade s'orne de cinq grandes arcades entre des pilastres cannelés pleins au rcz-de-cliaussée. Elle est accompagnée de deux ailes fort banales.

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