BIBLIOTHEQUES
Toulouse possédait avant la Révolulion trois bibliothèques publiques : celle des Gordeliers, que Jean-Georges de Garaud^ seigneur de Donneville, avait donnée aux religieux à la condition qu'elle serait ouverte à tous les écoliers étudiant en l'Université; celle des Doctrinaires, due à la libéralité d'Antoine-François de Berlier, évêque de Rieux de 1662 à 1705, et celle du Clergé, fondée, en 1772, par l'abbé d'Héliot.
Le couvent des Gordeliers a disparu, mais on voit encore à l'entrée de la petite rue Saint-Rome, dans une cour, la façade assez monumentale de la maison des Doctrinaires dont la porte a conservé un crucifix sur son linteau.
La bibliothèque du clergé fut logée par le cardinal de Brienne dans une vaste salle, précédée par un bel escalier, qu'il fit construire au fond de l'impasse au levant de la cathédrale. Ses vingt mille volumes ont été réunis, en 1866, à la bibliothèque de la ville.
L'origine de la bibliothèque de la ville remonte aussi au cardinal de Brienne qui réunit au Gollège royal ce qui restait de la collection formée par les Jésuites, fort dévastée après leur expulsion, et qui y joignit, en 1788, la bibliothèque de l'ingénieur Garipuy, deux ans a])rès, pour une somme de 56.000 livres, celle de Lefranc de Pompignan où se trouvent, entre autres richesses, un Eschyle, un Sophocle, un Euripide et un Platon ennoblis par les notes originales de Racine.
Après la Révolution, les nombreux volumes des abbayes et cou-
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vents supprimés s'ajoutèrent à la bibliothèque qui devint propriété définitive de la ville et fut mise à sa charge en iSo/j.
Elle s'est accrue depuis par l'achat, en 1806, des livres du naturaliste Bégué ; en 1821, de ceux du botaniste Picot de Lapeyrouse; en 1880, de ceux du bibliophile Desbarreaux-Bernard; par les dons du chanoine Salvan en i858, et du capitaine de vaisseau de Roquemaurel en 1875.
La bibliothèque possède un fonds riche de manuscrits précieux pour l'histoire, de beaux manuscrits enluminés dans lesquels les artistes, particulièrement dames et jeunes filles, viennent prendre des modèles de miniatures et d'ornementations, et aussi de magnifiques ouvrages d'art.
Elle contient aujourd'hui plus de deux cent mille volumes.
On voit, dans le cabinet du bibliothécaire, les portraits du cardinal de Brienne, de l'abbé d'Héliot, entouré d'ouvrag-es jansénistes, et du chanoine Salvan, dont les contemporains n'ont pas oublié la figure ouverte et souriante.
Le premier bibliothécaire fut Castillon qui donna ses livres moyennant une rente viagère. L'abbé Martin de Saint-Romain lui succéda, puis le chanoine d'Auzat en 1809, M. de Laburthe en 1889, ^^- Po"t en i855, M. E. Lapierre en 1882, et, en 1890, M. Massipj qui vient de mourir fort reg-retté de tous les érudits.
La bibliothèque, très insuffisamment logée dans les dédales de couloirs et de salles minimes, sauf la salle de lecture disposée par le cardinal de Brienne, espace très convoité d'ailleurs par le Lycée, attend son transfert dans un local plus vaste et mieux approprié. Un projet d'établissement à l'ancien collège de l'Esquile est à l'étude.
Les six académies ou sociétés savantes de l'Iiôlel d'Assézat possèdent chacune une bibliothèque spéciale où, sur leur autorisation, le public peut venir consulter les volumes. Une bibliothèque com-
EDIFICES D UTILITE PUBLIQUE
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mune, avec salle de lecture, est sur le point d'être établie audessus du portique de la cour.
Après que le Grand-Séminaire eut quitté l'ancien collège de Périgordj où il avait été établi d'après un décret de Napoléon, le vaste bâtiment construit en 1810 par les soins de l'archevêque Primat est devenu la bibliothèque de l'Université, ouverte aussi au public.
Un musée de moulages se forme dans le rez-de-chaussée de l'ancien collège, entre la rue et la cour, sous la direction autorisée de MM, Dûrrbach et Graillot.
Une bibliothèque populaire est établie dans l'ancien Sénéchal, rue de Rémusat, et la bibliothèque des Bons-Livres à la maison g-othique de la rue Croix-Barag-non.
H. Rachou, V Ecole des Arts (Documents sur Toulouse, 1910, p. 67).
E. Saint-Raymond, Dupiiij-Diujrez (Mémoires de l'Acad. des Sciences de Toulouse, 191 1, p. 241); — Les débuts de l'Ecole des Arts (id., igi2, p. 171).
Baron Desazars de Montgailhard, Le Musée, le Lycée, l'Athénée (id., 1908).
Georg-es Gros, Le Conservatoire de Toulouse (Documents, p. 71).
E. Lapierre, Formation et organisation de la Bihliolhèque de la ville de Toulouse {^lëm. de l'Acad.
des Se. de Toulouse, i88g, p. 21 3).
Pont, La Bibliothèque de la ville, Toulouse, 1887.
Massif, La Bibliothèque de la ville (Documents, 1910, p. 81).