MUSEE SAINT-RAYMOND
Par une coïncidence singulière, l'ancien hôpital, fondé par Raymond Gayrard, plus lard collège, de nos jours presbytère de Saint-Sernin, devenu un musée, le Cluny toulousain, avait été reconstruit par Martin de Saint-André au moment où les abbés de Gluny relevaient dans le quartier latin de Paris l'hôtel célèbre qui abrite, aujourd'hui, tant de merveilles des vieux âges.
Il reçut sa nouvelle destination par un arrêté municipal du i4 avril 1891. S'ouvrant pour un musée, il dut voir sa sévère muraille du nord percée de deux larges croisées qui lui firent perdre son caractère sur le rez-de-chaussée de ce côté. On tenait, au seizième siècle, à être bien enfermé et défendu dans sa demeure et à ne pas la laisser facilement accessible par le dehors.
Le musée s'est donc installé dans une construction archéologique, mais qui n'était nullement faite pour cette destination. De pareilles adaptations de fortune ont été trop fréquentes à Toulouse et souvent désastreuses. Les vieilles murailles restent humides au grand détriment des œuvres contenues dans le musée et la lumière est mal distribuée.
Cinq galeries retiennent l'attention des visiteurs avec leurs collections importantes et distinctes, comprenant des pièces célèbres : séries égyptiennes et grecques, gauloises et romaines, bai'bares, du Moyen âge et de la Renaissance. Les souvenirs d'intérêt local forment au rez-de-chaussée une attachante série. Elle j)ai'lage
3o6 LES MONUMENTS DE TOULOUSE.
l'espace avec l'art exotique, notammenl celui de l'Exlrême-Orient, collection donnée par le capitaine de vaisseau de Roquemaurel.
Le musée Saint-Raymond a aussi recueilli les bronzes, les splendides bijoux d'or, les émaux, les ivoires jadis au trésor de l'église Saint-Sernin, les meubles, tapisseries et miniatures, la céramique, les poids et mesures de tout le Midi, réunis depuis longtemps par la Ville et par la Société archéologique du Midi. Quelques très beaux objets faisaient partie de l'ancienne collection de l'Académie des Sciences et Inscriptions de Toulouse confisquée à la Révolution. Cette Compagnie, dans l'intérêt général, a déposé au musée son riche médailler romain. Un autre médailler, remarquable surtout pour la série de la Renaissance, formé par M. G. de Clausade, a été récemment légué par la veuve de cet ancien président de la Société archéologique. Enfin un autre don rare, la collection de poterie romaine de Montans (Tarn), a été offerte de son vivant par le doyen des historiens de la province, M. E. Rossignol.
Chacune des Académies ou Sociétés toulousaines possède aussi des collections artistiques, archéologiques ou historiques méritant l'attention. Les salons de celles qui occupent l'hôtel d'Assézat sont de vrais musées. Ils montrent les plans et vues du vieux Toulouse à la Société archéologique, les célèbres manuscrits du quatorzième siècle et autres de l'Académie des Jeux Floraux. Le vaste plan en relief de la chaîne entière des Pyrénées, versants français et espag-nols, de la Société de g-éographie.
Une jeune Société, fondée en 1904 et affdiée au Félibrig-e, s'est attachée à une œuvre fort dig-ne de sympathie. Les Toulousains de Toulouse ont fondé un musée toulousain ayant ici le même rôle que le musée renommé déjà créé dans la ville d'Arles par Mistral. Ils sont nombreux, zélés, et ils ont réuni plusieurs objets qui jouaient un rôle dans la vie familiale d'autrefois ou dans les métiers disparus. Ils vont pouvoir l'installer dans un des beaux log-is de la Renaissance, à l'hôtel de Roquette, et ce ne sera pas le musée le moins fréquenté.
ÉDIFICES d'utilité PUBLIQUE. Soy