MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE
L'n tel établissement avait été souvent réclamé par des membres de l'Académie des Sciences, notamment par le docteur Noulet, un des plus distingués et des plus savants toulousains du dix-neuvième siècle. C'est son collègue, M. le docteur Filhol, directeur de l'Ecole de Médecine, qui eut l'honneur de l'organiser en i865, avec le concours des naturalistes alors nombreux à Toulouse.
Ce ne fut d'abord que le musée de l'Ecole, ouvert au public; peu après il constituait un établissement indépendant doté par la ville d'un budget important, favorisé par plusieurs circonstances. Ses progrès furent rapides; il ne tarda pas à occuper tout le premier étage de l'ancien couvent des Carmes déchaussés où l'Ecole se voyait confinée au-dessous de lui. Elle devait attendre près de ving-t ans sa transformation en Faculté et la création de nouveaux locaux dignes d'elle.
Le Musée est devenu aujourd'hui un des plus remarquables de la France. M. Trutat était depuis l'origine le conservateur. Le docteur Noulet^ en 1872, devint directeur, et il a contribué par le don de ses collections admirables d'archéologie préhistorique à l'agrandissement de cette a galerie des cavernes » qui fut la première et que M. Carlailhac, avec une compétence exceptionnelle, a pu rendre célèbre en Europe. Les monuments du vieil âge de la pierre qu'elle présente aux visilenrs ont été exhumés surtout autour de Toulouse, du Périgord aux Pyrénées. La ville est vraiment privilégiée. C/est auprès d'elle que l'on fit quelques-unes des plus notables découvertes. L'Ariège, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées ont aussi les cavernes qu'un art primitif a décorées de peini lires et de gravures étranges.
Les galeries consacrées à la zoologi(* ex[)os(Mil la s<'riç des animaux des différentes classes naturalisés à la |)erfVcli()n pai' un
3o8 LES MONUMENTS DE TOULOUSE.
taxidermiste qui était un très habile artiste, attaché au Musée dès sa fondation, M. Bonlienri.
On assure (jue le Muséum ne tardera pas à prendre possession du rez-de-chaussée de l'édifice, la Faculté ayant enfin dispersé tous ses divers services dans des constructions neuves, dans ces Instituts où de meilleures dispositions favoriseront les maîtres éminents et leurs mille disciples.