HOPITAUX
Toulouse renfermait autrefois, comme la plupart des villes, un grand nombre d'hôpitaux. Catel, après en avoir cité vingt-neuf, ajoute « et plusieurs autres ». Quelques-uns d'entre eux furent réunis au grand hôpital Saint-Jacques par l'arrêt du 26 février 1524.
h' hôpital Saint- Jacques portait d'abord le nom d'hôpital Sainte- Marie. Bernard de Gêniez, prieur de la Daurade, donna en 1268, aux confrères de Saint-Jacques, un terrain pour augmenter les bâtiments de l'hôpital. Avec les pauvres et les malades, la maison offrait l'hospitalité aux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle. La ville possédait deux autres hôpitaux réservés aux pèlerins; celui de la place Arnaud-Bernard et celui de Saint- Jacques-du-Bourg-, à l'entrée de la rue Bellegarde actuelle sur la place Saint-Sernin.
Les malades de l'hôpital étaient soignés par vingt-deux religieuses appelées les sœurs de la Daurade. Les sœurs de Saint- Vincent-de-Paul les remplacèrent en 1691, au nombre de vingtcinq.
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L'hôpital s'appelle aujourd'hui V Hôtel-Dieu. Le bâtiment principal, construit clans la seconde moitié du dix-septième siècle, présente des façades monumentales et sévères avec hautes fenêtres et toitures saillantes. On voit, à l'angle de la rue Viguerie, que ces constructions se rattachent à d'autres plus anciennes. Lin pavillon récent se dresse à l'entrée.
Lin grand vestibule est orné par les portrails des bienfaiteurs. La chapelle s'ouvre au fond. L'escalier se développe en belles proportions. Les malades occupent les vastes salles aux plafonds élevés. Les services d'opérations sont distribués dans des salles neuves, avec toutes les précautions minutieuses et tous les instruments si perfectionnés de la chirurgie actuelle.
Un projet de translation de l'hôpital hors la ville a reçu un commencement d'exécution.
L'hôpital de la Grave est mentionné dans une charte de Raymond V datée de 1197. En i5o8, l'hôpital Saint-Sébastien fut construit en aval pour les malades atteints de maladies contagieuses, et plus tard uni à la Grave. Le 7 juillet i()47? l'hôpital lut placé par les capitouls sous le patronage de saint Joseph. Ces vastes bâtiments, avec leurs cours étendues, occupant un grand espace sur la rive gauche de la Garonne, reçoivent aujourd'hui les enfants abandonnés, les vieillards, les incurables. Lin corps de logis séparé est le Saint-Lazare toulousain.
L'ancienne chapelle longe le fleuve presque au niveau de l'étiage. Elle est couverte d'une robuste voûte de briques qui date du dix-septième siècle. Le sol dut être surélevé pour éviter les infiltrations. L'archevêque de Nesmond, mort le 27 mal 1727, légua tous ses biens aux pauvres et son cœur fut déposé dans la chapelle. Le cann- a disparu pendant la Révoludon, mais une inscriplion i-appelani ses bienfaits est encor-e li\(''(^ sui' le mur, ainsi (pTune aulrc (pu (•(»iis<'r\(' le somncihi' de riiiondation du .") a\fil I 770.
La consirticlion d'une chapelle |)lus vast<> s'imposait. Les adminlsti'aleiu's er» mirent le |»l.ui au concours en i7r>o, et celui de
l'architecte Nellj fut choisi. Les travaux se continuèrent de 1755 à 1792, mais à ce moment le bâtiment ne s'élevait qu'au niveau de la base de la rotonde.
La nef circulaire s'entoure de bas-côtés sur lesquels elle
s'ouvre par de hautes arcades cintrées. L'ensemble se
développe sur un diamètre de 24 niètres. Les six pilastres
de la porte soutiennent un fronton que le sculpteur Mon-
il devait orner par un bas-relief représentant saint
incent de Paul. Mais les pierres préparées atten-
encore le ciseau.
La construction fut reprise en 1827 et confiée à l'architecte Delor. Elle dut débuter par des fouilles autour des murs et des travaux de consolidation. Puis la rotonde s'éleva, ouverte par huit grandes fenêtres cintrées entre lesquelles montent des pilastres ioniques jumeaux. Au-dessus s'élance le dôme construit en charpente d'une habile conception, dont on voit le modèle au musée Saint-Raymond. Il est surmonté par une lanterne dont la petite coupole, que la croix couronne à 67 mètres du sol, est soutenue par huit colonnes corinthiennes.
La charpente est couverte par des lames de cuivre qui devaient être ~ dorées. Mais leur surface noire projette tou-
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Le dôme de l'hùiMlal.
EDIFICES D UTILITE PUBLIQUE
jours une tache sur le ciel et choque surtout les yeux de ceux qui viennent de voir les coupoles blondes d'Italie.
Les aliénés étaient recueillis autrefois à l'hôpital de la Grave. Dans le milieu du dernier siècle, l'architecte Esquié construisit, dans le quartier rural de la Fourguette, sur l'avenue de Muret, un asile départemental, composé de plusieurs corps de logis séparés, vraiment remarquable par l'adaptation parfaite aux services spéciaux et par sa valeur d'art.
Catel, p. i5ô.
Paul et Cayla , Toulouse monumentale et pittoresque, p. 222.
G. Daly, Asile d'aliénés (Revue d'architecture, t. XXIII, pi. 2g à 32 ; t. XXIV, pi. 9 à i3).
Fi(j. 182. — l/Hôpital de la Grave,
LES MONUMENTS DR TOtTLOUSE.
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