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MOYEN AGE

Plusieurs maisons en pans de bois résistent encore, mais la plupart de ces appareils pittoresques sont dissimulés sous le crépi. On voit cependant ceux de la maison de la rue des Filatiers, n'^ g, qui g-ardent leur date de 1697, des fenêtres Renaissance avec dispositions classiques au revers du clocher de la

^^ Dalbade, et, au Musée,

des nymphes et des sa tjres hardis qui composaient l'ornementation plus fantaisiste de fenêtres en croix.

La dernière muraille d'une maison romane, celle des Isalg-uiers, devenue l'hôtel de l'Echarpe, rue Peyrolières, a été récemment démolie. Une fine colonnette d'une fe- FiG. 194. — Logis de 1597. nélre géminée avec son

chapiteau à entrelacs perlés et tailloir à losang-es entrecroisés a été recueillie par la Société archéologique du Midi.

MAISONS ET HOTELS

La salle basse de la tour de Mauran, l'un des chefs albig-eois, formant l'angle entre la rue Périgord et la rue du Taur, a seule résisté à la démolition ordonnée, en 1178, par le cardinal de Saint-Chrysogone. On voit encore les petites fenêtres cintrées qui l'éclairaient sur la rue Périgord. Elle est couverte au rez-dc-

FiG. iQf). — I^a maison g'othiqiie de la rue Croix-Barai^'non.

chaussée par une voûte en arcs d'ogive carrés qui s'appuient sur des culots à décors romans. La salle du prenn'er étage fut reconstruite au quatorzième siècle. Les anciennes fenêtres géminées et cintrées dont on voil encore les I races furent bouchées plus lard et remplacées par d'au Ires sans caractèi'c. Les élag'cs siipérieui'S qui doiiiiiKiicul le (nuiflicr ii'oiil v\r aballus (pi'après la K('>\()hition.

Une autre salle basse de l'obuste tour carrée, rue Tenipo-

LES MONUMENTS nE TOULOUSE.

nières, n" lo, nioiili'o à s:i voùle dos arcs (roi»ives analoi»ues venant mourir en pointe siir Tan^le des murs, comme ceux de la voûte de Saint-Etienne. Ils butent contre une clef où Ton voit le château à deux tours sur des ondes que Ton retrouve dans les blasons de Bernard de Vinlias, capitoul en i344 <^1li capitoulat Saint-Pierre et Saint-Martin, quartier dans lequel s'élève la tour. Les Vinlias étaient des changeurs et un robuste abri leur était

indispensable pour protéger leurs richesses. Au-dessous de la salle, une cave voûtée en berceau où l'on descend par des marches prises dans l'intérieur du mur est divisée en deux pièces inégales. La vis à base quadrangulaire se continue au-dessus du niveau du toit par un hexafione orné au dehors de mâchicoulis de brique et à l'intérieur par une voûte à six arêtes dont les moulures, flSSâ ainsi que celles des consoles, indi- ?i quent le treizième siècle. Les étages supérieurs ont été défigurés.

FiG. igO. — Rue Croix-Baragnon. Il ne reste qu'une seule maison

franchement gothique à la rueCroix- Baragnon cjui peut être attribuée au quatorzième siècle. Les deux arcades des boutiques dont on aperçoit les courbes supérieures sont dissimulées par des boiseries modernes. Une petite porte donnait entrée dans la maison et conduisait par le corridor, toujours subsistant, dans la cour, et au delà dans les bâtiments des services qui naguère subsistaient intacts.

Les fenêtres géminées de l'étage avec l'oculus sous l'arc de décharg-e, les colonnettes, chapiteaux et bases en pierre ajourent la façade de briques en s'appuyant sur un bandeau où rampent entre des écussons fantaisistes des animaux d'allure romane persistante.

MAISONS ET HOTELS

La tour carrée de la Trésorerie et les voûtes des salles attenantes du logis sur l'étroite rue, aujourd'hui cul-de-sac, qui conduisait à la rue des Regans avant la reconstruction par Rivais de la chapelle Saint-Antoine, marquent un pas en avant avec le quinzième siècle.

C'est du même temps, vers i^Oo, (pie date la fenélre en croix encadrée de chardons dont les arêtes et les pointes aiguës accrochent la lumière, ouverte sur une arrière-cour, jardin autrefois de la maison d'Hugues Boysson où l'on entre par le n° 1 1 de la rue Malcousinat. La grande salle du rez-de-chaussée a conservé sa cheminée dont le manteau de pierre étale le blason de Pierre de Vignaulx qui acheta la maison en i574- Les Cheverry ouvrirent plus tard sur la première cour d'élégantes fenêtres selon le goût de la renaissance toulousaine.

Une maison , dont plusieurs parties montrent encore les dispositions intactes, rue de la Bourse, n" 20, donne le modèle des demeures des riches marchands à la fin du quinzième siècle. Pierre del Fau la fit construire vers i495. La porte, seule partie conservée de la façade, s'ouvre sous un arc en accolade dont les riches moulures encadrent un monogramme du Christ encore gothique. A gauche, les deux arceaux de la boutique se dissimulent sous les boiseries modern(^s qui enlèvent leur caractère à d'inn()nd)i-ables rez-de-cliaussi'e de (ouïes les é[)()(|ues. La boutique est couverte par deux voûtes dont les arcs ogives s'a|q)ui(Mit, sur des culots à têtes d'auges. i^]lle est prolongée par une boutique semblable éclairée suc la cour par uue large arcade,

FiG. Kjy. — Rue Malcousinat, no ii.

La porte donne entrée sur un couloir voùlé d'og-ives au milieu duquel se répète l'arc doubleau des boutiques. Il conduit dans la cour entourée de quatre corps de log-is. Celui ([ui est exposé au

fi-es

levant déploie sur deux éta-

le fenestrag-e continu

des appartements de style Louis XIL Dans l'angle s'élance la tourelle hexag-onale d'escalier s'ouvrant par une porte surmontée du monogramme familial et d'une charmante niche dépouillée de sa statue. Elle s'éclaire par cinq fenêtres carrées couronnées d'un fleuron avec bancs de pierre dans leurs ébrasements. Dans l'épaisseur du mur, les petites niches abritaient les flambeaux.

Au sommet, les six aréles de la voûte reposent sur un sveltc pilier et, au dernier palier, une étroite vis conduit à « la mirande » où l'on prenait le frais en été, où la ménagère étendait son linge et

FiG. 198. — Le logis de Pierre tiel Fau, rue de la Bourse, n° 20.

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"k;. i()(). — l>ii loin- et les ujilcrics ilo lo^is do Pierre (Ici l'";iii.

d'où l'on joiiil encore du curieux aspect sur les noud)renses tours du quartier du nég'oce, et particulièrement sur celle de l'hôtel d'Assézat, qui, de nulle part ailleurs, ne présente mieux l'élég-ance de ses profils.

Enfin, sur la façade exposée au midi attenant à la tour d'esca-

FiG. 200. — Linteau de porle^ rue de Languedoc, no i.

lier se développent les quatre étag-es des galeries communiquant avec l'autre corps de log-is, premier exemple encore assez simple, malgré les formes déjà classiques de ses doubles arcades reposant sur des pilastres, de cet élément de construction qui multiplia bientôt après sa riche ornementation.

Ainsi façade sur un mur gouttereau et jamais avec pignon, boutique au rez-de-chaussée et porte sur le côlé^ couloir conduisant à une cour autour de laquelle se développent quatre corps de logis, l'un avec galerie s'ouvrant sur une tourelle d'escalier, parfois une arrière-cour ou un petit jardin^ tel est le plan habituel

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des maisons Je marchands dans les dernières années du quinzième siècle.

On peut voir divers frag'ments de cette époque, quelques-uns déplacés ou incomplets, comme la porte en accolade sur laquelle courent des dragons, rue de Languedoc, n" i ; une porte analogue avec arcatures flamboyantes, surmontée d'une fenêtre en anse de panier eng-uirlandée de ramures, dans la cour de la maison du procureur de Rufi\ , rue Pharaon, n" 21; la tourelle du conseiller au Parlement de Rivières, rue de la Dalbade, n" 2; celle des de Vabres, rue de Lang-uedoc, n° 3o.

Dans un autre quartier, la tour des Lancefoc avec leurs armes parlantes, une lance dans une flamme, et la balustrade des derniers temps gothiques, rue des Chang-es, n" 4o ; dans la même rue, n° 21, sur l'angle de la rue Malcousinat , la boutique des Boscredon ouverte par deux arceaux sur les deux rues , surmontée d'étag"es en pans de bois très fins, le plus élevé ajouté plus tard en pleine Renaissance, et l'arrière-boutique aux murailles épaisses et à la voûte à bernes

coupée |)ai- im air doiibh'au s'a[)puvaiit sur de grosses colonnes engagées dans le innr-. An delà, doiiiiiiant les (juatrt' coins des Changes de ses bri(pies patinées par les soleils de quatre cents étés, la haute tour- carrée avec sa tourelle de Pierre de Serta, capitoul en 1529. Vis-à-vis, l'angle de la rue Peyras et des Clian"-es

FiG. 201. — Rue Pharaon, no 21.

LES MOiNUMENTS DE TOULOUSE.

est décoré par une élégante niclie gothique, due sans doute à Pierre Prohenque, capitoul en i5i4, la seule à Toulouse qui ait conservé sa statue, un saint Pierre barbu. La maison, qui se mit ainsi sous le patronage du prince des apôtres, a été modernisée, et l'intérieur même de la cour, plus respecté, fort remanié. La porte de la tour d'escalier garde l'empreinte de la renaissance italienne. Sous les traceries gothiques des fenêtres du rez-de-chaussée deux amours^ d'une exécution large et vivante, furent ajoutés par le nouveau propriétaire, Pierre Delpech, capitoul en i554, pour soutenir son jeune blason au chevron encadrant un pélican ; sous les fenêtres de l'étage de la fin du seizième siècle, l'ardent ligueur fit courir de long-ues inscriptions prises dans les livres saints. Dans la rue des Marchands, n° 87, une tourelle en carré long avec portes en accolade s'ouvrant sur des appartements dont l'un est couvert d'un plafond à caissons ; dans lé voisinage aussi, rue Peyrolières, n° (j, la tour des Olmières surélevée par une mirande du dix-septième siècle ; enfin^ la tour avec ouvertures en anse de panier et sculptures assez lourdes des Bonnefoy, rue Croix- Baragnon, n° 19, et les fenêtres arnjoriées de la maison des Catel, place Saint-Étienne , n° 6. A la rue Mage, n° 20, une tour à fenêtres carrées dont les consoles de la voûte terminale sont

seules conservées, mais une seconde voûte au-dessus abritant une chambrette montre encore un monogramme du Christ ana-

FiG. 202. — Maison de Pierre de Pro-

hienques, aux quatre coins des Chang-es.

FiG. 2o3. — Loois del Fau.

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logue à celui de la rue de la Bourse, mais avec FAM en plus\ Dans le voisinage du Parlement, deux demeures conservent un appareil féodal, mais fort inoffensif, par leurs faux mâchicoulis et leurs créneaux : celle de Jean Lapleau, à l'angle de la rue à laquelle le procureur au sénéchal a donné son nom, et à la rue d'Aussargues, celle des Roquette, seigneurs de Beauville et d'Auriac, continuée à l'angle de la rue du Vieux-Raisin par une maison semhlable appartenant aussi à un membre de la famille de Roquette, reposant sur de vastes voûtes dont les quatre arcs robustes et surbaissés s'appuient sur un pilier central de forme carrée.

Ces façades, crénelées de briques sombres avec leurs gargouilles saillantes s'échappant de la dentelure des mâchicoulis, rappelaient dans la rue étroite, axant le jet de lumière ouvert par la nouvelle rue Ozenne qui les a séparées, des aspects de Sienne et de Florence.

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